South by Southwest 2016 : Obama, Google Car, robots tueurs...Ce qu'il faut retenir du festival

Grand rendez-vous du calendrier des nouvelles technologies, le festival SXSW Interactive a passé en revue les principaux enjeux du secteur.

Barack Obama est le premier président en exercice à intervenir au SXSW
Crédit : SXSW
Barack Obama est le premier président en exercice à intervenir au SXSW

Le South by Southwest (SXSW) Interactive se tenait du 11 au 15 mars à Austin, aux États-Unis. Ce rassemblement est l'un des principaux rendez-vous du secteur de l'innovation et des nouvelles technologies. Il est l'une des trois composantes du South by Southwest, qui comprend aussi un festival de musique et de cinéma. Rythmé par de nombreuses conférences, il est plus axé sur les questions éthiques que sur les annonces produits.  

Par le passé, le SXSW été le théâtre de l'avènement d'applications pionnières comme Twitter, Foursquare ou Merkat, un destin que rêvent d'embrasser toutes les start-up qui s'y ruent. Les grands noms du secteur (Mark Zuckerberg, Eric Schmidt, Julian Assange) y ont aussi leurs habitudes et les principales entreprises technologiques y sont représentées. Plus de 30.000 personnes se sont encore rendues à la 30e édition cette année afin prendre le pouls du futur des nouvelles technologies et des principaux débats qui agitent le secteur.

Obama se range du côté du FBI face à Apple

Il y a deux ans, Edward Snowden, l'ancien consultant de l'agence de renseignement des États-Unis qui a révélé le scandale des programmes de surveillance de grande ampleur, était l'invité star du festival. Cette année, l'invité de marque n'appartenait au monde de la high-tech. Il s'agissait de Barack Obama, qui est devenu le premier président en exercice à monter sur la scène du Convention Center d'Austin. Son intervention était particulièrement attendue dans le cadre du bras de fer qui oppose Apple au FBI qui exige que la marque à la pomme lui fournisse un logiciel pour accéder au contenu chiffré de l'iPhone d'un des deux auteurs de la tuerie de San Bernardino. 

Après une heure de banalités, le président américain est entré dans le vif du sujet en évoquant d'abord l'importance de la protection de la vie privée. "Il y a de vraies raisons de penser que les autorités ne devraient pas pouvoir entrer dans le smartphone de n'importe qui. Nous avons besoin d'un chiffrement fort pour protéger notre système aérien par exemple", a-t-il expliqué avant de nuancer en affirmant que les téléphones n'ont pas vocation à devenir "des boîtes noires". Et d'ajouter : "Il faut permettre au plus petit nombre d'individus possible d'y accéder dans un certain nombre de cas sur lesquels nous devons nous mettre d'accord".

L'intelligence artificielle n'est pas encore une menace pour l'homme

Au troisième jour du festival, le chercheur australien Rodney Brooks, référence de la robotique et père du robot grand public le plus populaire du monde, a tenu à tempérer les capacités actuelles des robots et de l'intelligence artificielle. "Le robot super-intelligent qu'on trouve dans les livres de science-fiction n'existe pas. Les robots autonomes font des choses très simples aujourd'hui", a-t-il expliqué, citant en exemple "une chose simple comme fouiller dans une poche pour sortir une pièce", ce dont "aucun robot n'est capable" aujourd'hui, selon lui.

Rodney Brooks s'est ainsi évertué à balayer les craintes nées de la pétition signée l'été dernier par l'astrophysicien Stephen Hawking et le cofondateur d'Apple, Steve Wozniak, pour interdire les armes létales autonomes, communément appelées "robots tueurs" par leurs opposants, au regard des risques de bavures et d'usages terroristes que fait planer le développement de cette technologie. "Ils surestiment la superintelligence, ça n'existe que dans les films d'Hollywood", a-t-il affirmé, ajoutant : "Si ça peut permettre de réduire les pertes en vie humaines des deux côtés, pourquoi pas ?"

La voiture autonome à l'épreuve de l'absurdité humaine

Le responsable du Google Self Driving Car Project, Chris Urmson, est revenu sur le premier accident dont la Google Car a été tenue responsable, il y a moins d'un mois en Californie. Le 14 février, une Lexus convertie en véhicule sans conducteur a changé de trajectoire pour éviter un obstacle sur la chaussée et a mal évalué le comportement du bus qui arrivait derrière à une vitesse plus élevée. La personne à bord du véhicule a, comme l'ordinateur, estimé que l'autocar s'arrêterait ou ralentirait pour laisser passer la Google Car. L'accrochage à 3 km/h n'a pas fait de dégât mais il a eu un écho considérable dans le monde entier.

Selon Chris Urmson, cet accident confirme une réalité dont ses équipes sont parfaitement conscientes, "la Google Car n'est pas encore assez humaine". Les voitures autonomes ont beau cumuler plus de 2 millions de km parcourus en test et se perfectionner au fil des jours à la faveur du "deep learning" de l'intelligence artificielle de leur logiciel de bord, elles sont toujours à la merci de l'erreur humaine, qui est à l'origine de 90% des accidents de la route.

Pour améliorer le comportent de leurs voitures face à l'imprévisibilité de l'homme, Google passe en revue des milliers de scénarios, dont les plus absurdes comme "une femme en chaise roulante chassant des canards sur la chaussée ou des jeunes sautant comme des grenouilles", a-t-il indiqué.

On ne sait toujours pas si on prononce "DJIF" ou "GUIF"

Le débat agite le cercle des geeks depuis la création du GIF à la fin des années 1980. Le GIF se prononce-t-il "DJIF" ou "GUIF". Le terme désigne les images animées ultra populaires sur les réseaux sociaux depuis plusieurs années. Tellement populaires que Facebook et Twitter les ont intégrés à l'intérieur de leurs plateformes et que Giphy, le principal moteur de recherche consacré aux GIF, s'est autorisé une levée de fonds de 55 millions de dollars le mois dernier. 

GIF ou JIF ?

Il y a deux ans, Steve Wilhite, le créateur du format, avait cru trancher la question en affirmant lors d'une cérémonie des Oscars du Web que le GIF se prononce "DJIF", la thèse soutenue par le guide de prononciation World Guide, rappelle Le Monde. Le fondateur de Giphy a relancé le débat au SXSW en se rangeant du côté du "g" solide et donc du "GUIF". "Mais dites ce que vous voulez, on vous acceptera quand même", a-t-il tenu à préciser.

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BenjaminHuepro
par Journaliste RTL
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2016-03-16 10:03:12
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