L'exposition "Eros Hugo" révèle la vie sexuelle débridée de Victor Hugo

REPLAY - Une exposition installée dans la maison Victor Hugo place des Vosges à Paris dévoile le double visage de l'écrivain poète : une œuvre chaste mais une vie sentimentale et sexuelle trépidante.

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L'exposition "Eros Hugo" révèle la vie sexuelle débridée de Victor Hugo Crédit Image : NADAR / AFP Crédit Média : Monique Younès

Victor Hugo fut poète, dramaturge, intellectuel et homme politique. Il est célèbre et célébré dans le monde entier. Mais il fut aussi un homme à la sexualité débridée. Et c'est cette relation érotique aux femmes, entre pudeur et excès, qui est au centre de l'exposition de la maison Victor Hugo à Paris et qui a pour titre Eros Hugo - Entre pudeur et excès.

La vie de cet homme est un paradoxe complet. Ses romans sont assez chastes, ses pièces de théâtre et ses poèmes le sont moins mais dans la vie il aura expérimenté à peu près toutes les formes d'amour, souvent simultanément. Femme légitime, maitresses officielles, flirts platoniques, prostituées avérées, femmes de chambre... et ceci jusqu'à la fin de ses jours.

De la délicatesse à l'adultère

Pourtant, au départ, le jeune Hugo était d'une délicatesse irréprochable. Il a épousé en 1819 son amour d'enfance, Adèle Fouchet, lui faisant des scènes de jalousie épiques si la malheureuse dévoilait un millimètre de sa cheville. Les femmes de ses premiers romans sont généralement des femmes sacrifiées, comme Esmeralda. D'ailleurs son roman Notre-Dame de Paris a été une source d'inspiration pour de nombreux peintres du 19e dont vous verrez les tableaux à la Maison Victor Hugo, place des Vosges. 

Cette première période puritaine ne va pas durer très longtemps. En fait, dès qu'il commence à écrire des pièces de théâtre, il tombe amoureux fou de l'actrice Juliette Drouet, qui restera sa maîtresse pendant 50 ans, mais elle ne lui suffit pas. Il disputera à son propre fils, Charles Hugo, les faveurs d'une autre actrice, Alice Ozy, que vous verrez peinte par Chassériau. Quand à Juliette Drouet, elle est immortalisée par le sculpteur de celui qui fut son amant, James Pradier. L'œuvre s'intitule Satyre et la Bacchante. Allez comprendre.

Cette sculpture en marbre blanc est très chaste, elle a été reproduite dans des versions beaucoup plus osées où le satyre est en érection. Mais ce n'est pas la sculpture la plus audacieuse de l'exposition, comme le pointe Gérard Oudinot, directeur de la maison Victor Hugo en désignant une autre sculpture, un "satyre très étrange à 3 sexes, entouré de 3 nymphes qui pratiques 3 fellations". "C'est une œuvre anonyme, je ne pense pas que quelqu'un aurait osé signer cela", sourit Gérard Oudinot.

Hugo aussi dessinait

Au 19e siècle, les artistes s'en donnent à cœur joie. Comparés à nos artistes contemporains, ils étaient de véritable pornographes. Vous verrez de très belles gravures de cet ordre réalisées par des peintres proches de Victor Hugo comme Achille Devéria. Victor Hugo n'est pas en reste, puisqu'il dessinait, et ses dessins de femmes nues n'ont rien à envier du point de vue de l'audace en tout cas, à ceux de Chassériau ou d'Ingres qui leur font échos dans l'exposition.

Mais le moment le plus étonnant du parcours, ce sont les carnets de note truffés de codes que Hugo noircissait en exil à Guernesey. "Il utilise un système codé. De temps en temps on trouve marqué "Suisse". Qu'est-ce que ça vient faire là ? En fait la Suisse, ce sont les alpages, les vaches, le lait, le lait c'est le sein... Donc Suisse ça veut dire qu'il a tripoté les seins de la bonne. Qui des fois se conclut par "todo", "tout", en espagnol", décrypte le directeur de la maison Victor Hugo.

L'exposition se termine en un feu d'artifice avec un face à face entre Courbet, Rodin, et le peintre suisse Arnold Böcklin. Ce dernier est celui qui a le mieux représenté le satyre, telle que le concevait Victor Hugo, d'une laideur mélancolique et sensuelle. Tandis que Courbet sculptait Iris, ce buste de femme bondissant aux jambes écartées, Rodin représentait Victor Hugo totalement nu, le corps vieillissant, mais la fougue encore intacte. Il était logique que le chef d'œuvre de l'érotisme gérontophile soit dédié au plus célèbre de nos priapiques ! Eros Hugo à la maison Victor Hugo est à voir absolument.

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L'exposition "Eros Hugo" révèle la vie sexuelle débridée de Victor Hugo
REPLAY - Une exposition installée dans la maison Victor Hugo place des Vosges à Paris dévoile le double visage de l'écrivain poète : une œuvre chaste mais une vie sentimentale et sexuelle trépidante.
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2016-01-12 09:41:51
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