Seine-Saint-Denis : la Sécurité sociale ferme la moitié de ses centres

Syndicats, élus et habitants, mis devant le fait accompli, s'inquiètent et se mobilisent.

Une carte Vitale (illustration).
Crédit : FRED TANNEAU / AFP
Une carte Vitale (illustration).

En Seine-Saint-Denis, les habitants et les élus se mobilisent contre la décision de la Sécurité sociale de supprimer de nombreux centres. 

La Sécu va fermer la moitié de ses points d'accueil à partir de septembre en Seine-Saint-Denis. Cette restructuration passe mal dans l'un des départements qui concentre le plus de difficultés sociales. Ce nouveau "maillage territorial" dans le 93 se traduira par la disparition de 18 des 33 points d'accueil de la Sécu, où les assurés sociaux pouvaient être reçus par des conseillers. 

"Mon objectif est de garantir la continuité d'un service qui s'est fortement dégradé ces dernières années", tout en tenant compte des contraintes budgétaires, explique à l'AFP le directeur de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM 93) Nicolas Le Bellec.

Les usagers renvoyés vers internet

Désormais, précise-t-il, les conseillers se focaliseront sur "les situations les plus complexes", qui seront traitées sur rendez-vous. Les assurés avec les demandes les plus simples seront aiguillés sur "l'offre libre-service". Comprendre internet, téléphone ou les bornes automatiques.

La CPAM du 93 espère ainsi faire une économie de 1,5 million d'euros par an, soit moins de 2% de son budget, essentiellement en renonçant aux locaux qu'elle louait.

Dans un département très marqué par la précarité, où l'accès à internet et la pratique des arcanes administratives sont loin d'être une évidence pour tous, ce programme, déclinaison d'un effort de maîtrise des coûts de la Sécu au niveau national, inquiète.

Les syndicats mobilisés

L'ensemble des syndicats du département fait circuler une pétition, rappelant que "c’est le rapport humain entre les agents de la CPAM et les assurés sociaux qui permet la compréhension des situations complexes de chacun".

Pour eux, la réorganisation de l'assurance-maladie, au cours de laquelle 166 emplois sur 1.500 devraient être supprimés, va allonger les "délais de traitement", entraîner "des retards dans les remboursements" et dégrader la "qualité de service". "Ce sont les raisons budgétaires qui ont prévalu", regrette-t-on ainsi du côté de la CFDT.

Deux bus pour aller à la Sécu

De fait, les 1,5 million d'assurés sociaux de Seine-Saint-Denis sont déjà habitués à trouver porte close, les agences fermant parfois inopinément, faute de personnel.

"C'est très mal organisé", se plaint Innocent Kati, un enseignant qui a pris sa place dans la longue file d'attente qui se forme quotidiennement, dès le petit matin, devant l'accueil de la sécurité sociale à Bobigny.

Cet homme, qui marche avec une béquille, depuis un accident professionnel, regrette la fermeture de son agence à Rosny-sous-Bois. Il doit désormais prendre deux bus pour se rendre à la Sécurité sociale.

Record de maladies chroniques dans le 93

Estimant que cette réorganisation mettait en péril "l'accès aux soins" dans un département qui détient de tristes records en terme de maladies chroniques (tuberculose notamment), de décès par cancer ou encore de déserts médicaux, les élus, mis comme les assurés devant le fait accompli, se mobilisent.

"Il faut forcément faire plus attention dans un département comme le nôtre", dont "la population est plus fragile", souligne le président PS du département Stéphane Troussel. il participait ce jeudi à un rassemblement de protestation à Bondy. 

"Il faut qu'il y ait un service de proximité, et que les gens n'aient pas à faire des kilomètres", abonde le maire PS de Pierrefitte-sur-Seine Michel Fourcade, qui craint "l'exclusion des plus fragilisés et de ceux qui ne parlent pas bien le français".

Une restructuration réfléchie

La restructuration "entre en complète contradiction avec la volonté affichée par le gouvernement de lutter contre 'l’apartheid social'", dénonce de son côté le député-maire Front de gauche de Tremblay-en-France François Asensi, dans une lettre à la ministre de la Santé.

Des craintes pas totalement fondées, estime le directeur de la CPAM, pour qui ce n'est "pas la proximité mais l'attention aux usagers qui doit primer".

"Je suis garant d'un service départemental et tous les assurés, où qu'ils se présentent, sont pris en charge", assure-t-il. Nicolas Le Bellec ajoute que "la densité, la précarité et l'accessibilité en transport" ont été prises en compte pour déterminer la nouvelle carte départementale, qui est encore "en cours d'ajustement". 

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Syndicats, élus et habitants, mis devant le fait accompli, s'inquiètent et se mobilisent.
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2015-06-04 20:49:36
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