La guerre du sable fait rage à travers le monde

REPLAY - Sous l'effet du boom de la construction dans le monde, les besoins en sable sont devenus énormes.

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2402_Pod RVP Crédit Image : Maxime Villalonga Crédit Média : Adeline François Télécharger

C'est une guerre silencieuse dont on entend peu parler, et pourtant c'est une guerre qui fait des ravages en ce moment sur toute la surface du globe. Un enjeu planétaire qui a une forme minuscule : le sable. Enquête éclairante ce matin du journal Les Échos, sur ce défi environnemental majeur. Sous l'effet du boom de la construction dans le monde, les besoins en sable sont devenus énormes. Il en faut 200 tonnes pour construire une maison, 30.000 tonnes pour faire un km d'autoroute. La guerre du sable déséquilibre la planète. Ces quatre dernières années, la Chine, par exemple, a utilisé autant de sable que les États-Unis en un siècle !

Le corollaire, c'est l'explosion des trafics. La moitié du sable utilisé au Maroc vient de l'extraction illégale du sable côtier. Là-bas, des plages entières ont disparu, même chose en Indonésie, où ce sont carrément une vingtaine de petites îles qui ont été rayées de la carte sous l'effet de la frénésie immobilière de Singapour. Et que dire des projets pharaoniques à Dubaï, qui vient de faire venir 650 millions de tonnes de sable d’Australie,  pour construire deux îles artificielles ?

Alors me direz-vous, du sable, il y en a partout : 120 millions de milliards de tonnes sur Terre précisément. Sauf que l'ensemble du sable est loin d'être exploitable. Celui du désert est inutilisable car il est trop rond, le meilleur sable pour le BTP c'est celui du fond des océans, celui des plages. Et son extraction à outrance empêche la ressource de se renouveler, et érode les littoraux qui ne sont plus protégés des tempêtes. "La guerre du sable est déclarée", disent Les Échos, et dans cette guerre, il y a la bataille de Royan. Des élus se mobilisent en ce moment contre un gigantesque projet d'extraction de sable à l'entrée de l'estuaire de la Gironde. Ils ont adressé un courrier à Matignon pour qu'il rejette ce projet. Les élus veulent être le grain de sable qui enrayera la grosse machine.

En Algérie, on construit le plus haut minaret du monde

Les Échos racontent que l'an dernier, 200 Algériens ont été arrêtés pour pillage de sable. Était-ce pour la construction de ce minaret ? On ne sait pas mais c'est le Figaro qui s'intéresse de près ce matin à cette Algérie qui fait peur à l’Europe. En cause, non pas le sable, mais le pétrole et l'effondrement des cours. Les ventes de gaz et d'or noir représentent 60% des recettes budgétaires. Le gouvernement algérien ne peut plus compter sur cette manne pour remplir les caisses publiques et acheter la paix sociale à coups de subventions. Pour les Algériens, cette nouvelle donne est synonyme de takachouf, austérité en algérien, et alimente la grogne sociale. Avec un président sérieusement diminué par la maladie, le pouvoir ne semble pas avoir pris la mesure du problème. Alarmiste, l'ancien directeur du journal Le Matin, Mohamed Benchicou, craint "une faillite qui engendrerait le chaos et pousserait les Algériens à fuir vers l'Europe". L'écrivain algérien Boualem Sansal se montre aussi pessimiste : "Le scénario d'une escalade de la terreur sur le modèle syrien me paraît tout à fait crédible", estime-t-il. Et à la frontière libyenne, Daesh se tient en embuscade…

La France intervient en Libye

C'est une information du journal Le Monde de cet après-midi qui affirme que des forces spéciales et des opérations clandestines sont engagées en Libye par les autorités françaises pour lutter contre l'expansion du groupe État islamique. Des frappes ponctuelles très ciblées, confirmées au journal par un haut responsable de la défense française. "Il faut dit-il éviter tout engagement militaire ouvert, il faut agir discrètement". Une ligne de conduite qui tranche singulièrement avec la ligne du précédent quinquennat : Nicolas Sarkozy défendait lui les opérations ouvertes. "Tout finit par se savoir" disait l'ancien président. Même les guerres les plus secrètes pourrait-on ajouter ce matin.

Guerre intestine au sein de la plus vieille école d'ingénieurs

"C'est un texte d'une vingtaine de pages qui risque de dynamiter tout l'écosystème de la prestigieuse école", écrit le site du magazine L'Étudiant qui s'est procuré avec Libération un rapport de l'Éducation nationale sur le bizutage à l'Ensam, l'école nationale des Arts et Métiers. Enfin, ne dites pas bizutage mais PTV, pour période transmission des valeurs. C'est ainsi que les anciens appellent les trois mois qui suivent la rentrée scolaire et au cours desquels on transmet donc aux nouveaux élevés les traditions de l'école. Un PTV officiellement édulcoré depuis quelques années après d’âpres négociations avec le ministère alerté sur les cas de dérapages. Le rapport qui sort ce matin révèle en fait que rien n'a vraiment changé. Et c'est surtout à cause des anciens élèves : les Gadzarts. Ceux qui ont quitté l'école mais y sont toujours très actifs pour perpétuer la tradition. Ils ont même leur siège au conseil d'administration !

Dans Libération, une élève de première année raconte les réveils en pleine nuit, les hurlements, la marche au pas dans la cour, les chansons paillardes. Tout ça pour créer un esprit de promotion. Trois mois, c'est long, certains craquent le soir dans leur chambre. "On a du mal à voir ce que ces activités peuvent véhiculer comme valeurs", dit la ministre de l'Éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, dans Libé. Elle annonce qu'elle va modifier les statuts des Arts et Métiers pour rééquilibrer les pouvoirs au sein de son conseil d’administration. 

Sepp Blatter se confie

Le pouvoir, il l'a abandonné à son corps défendant. Sepp Blatter parle dans L'Équipe ce matin. "Je ne pense pas être un grand pêcheur". Interview hallucinante du président suspendu de la Fifa à deux jours de l'élection de son successeur. Il reçoit L'Équipe dans un restaurant près du siège de la Fifa, pose un chapelet à la main et revient notamment sur ce 27 mai 2015, jour des premières arrestations à la fifa, "Ce jour-là, même le Bon Dieu m'a abandonné", confie celui qui durant ses 18 ans de règne a fait "construire une chapelle à la fifa", dit-il aussi. Un peu plus loin il parle de Michel Platini. "À un moment il est devenu un peu méchant, mais il était meilleur joueur que politicien. Le combat politique ça s'apprend, mais il a toujours été un enfant gâté, choyé par tout le monde". Blatter finit par une citation "Machiavel disait que ce n'est pas le titre qui compte mais le pouvoir qu'il te donne. À quoi sert le pouvoir si tu n'en abuses pas. Attention c'est de machiavel ce n'est pas de moi !", dit Blatter dans un grand éclat de rire, bon prince.

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par Adeline FrançoisJournaliste RTL
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2016-02-24 10:16:00
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