L'apprentissage, recette miracle contre le chômage ?

REPLAY / INVITÉ RTL - François Hollande présente, ce lundi 18 janvier, ses vœux aux partenaires sociaux. Il doit annoncer, entre autres mesures, une relance de la filière apprentissage.

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L'apprentissage, recette miracle contre le chômage ? Crédit Image : RTL / Frédéric Bukajlo / SIPA PRESS Crédit Média : Yves Calvi Télécharger

Que souhaiter aux partenaires sociaux en ce 18 janvier ? Les vœux de François Hollande seront, cette année encore, influencés par les chiffres du chômage. Cette fois, le président propose de prendre le problème à la racine, en s'intéressant à la problématique du chômage dès la sortie d'école. L'apprentissage, qui allie la théorie scolaire et la pratique de l'entreprise, est une filière que François Hollande souhaite revaloriser dès le début d'année 2016. Plus d'apprentis, c'est moins de demandeurs d'emploi en catégorie A. 

Une solution pourrait être d'aider financièrement au développement de l'apprentissage. "On va encore patauger et stagner sur le nombre d'apprentis, interrompt Alain Fontaine, restaurateur et responsable apprentissage au Synhorcat, Syndicat de l'hôtellerie et de la restauration. Le problème de l'apprentissage est beaucoup plus profond, il démarre sur l'Éducation nationale, poursuit-il. L'apprentissage est dans l'ADN de notre fonctionnement. Or, aujourd'hui, tout cela est perdu, l'Éducation nationale a perdu l'apprentissage et les parents également."

"La culture de l'apprentissage n'existe pas en France"

En France, l'apprentissage serait donc en proie à des problématiques profondes. C'est également l'avis de Gérard Mestrallet, PDG d'Engie, nommé ambassadeur de l'apprentissage par l'ancien ministre du Travail, François Rebsamen, en avril 2015. "Oui, il faut que les entreprises fassent des efforts, mais je pense que le problème est profond. Il faut rendre l'apprentissage plus facilement accessible et le plus important et de créer une culture de l'apprentissage qui n'existe pas en France", développe Gérard Mestrallet, qui compare l'hexagone à l'Allemagne ou aux pays scandinaves.

Seul un quart des entreprises françaises se disent prêtes à recruter un apprenti dans les douze mois. "Ce n'est pas suffisant", estime Gérard Mestrallet. "Des signaux négatifs ont été donnés il y a trois ans. Je pense que ces signaux sont en train d'être inversés et c'est une bonne chose", poursuit le patron, dont l'entreprise embauche 4.000 apprentis. Ce dernier estime qu'il est nécessaire de réviser la formation en apprentissage. "Il faut identifier les tuteurs. Nous les sélectionnons non seulement par le savoir qu'ils ont à transmettre mais aussi par leur générosité", développe-t-il.

Chaque année, quatre apprentis sont intégrés à l'équipe de 26 employés que compte l'entreprise d'Alain Fontaine. "Un apprenti, c'est un investissement de plus en plus lourd. Parfois, ils nous arrivent un peu bruts de décoffrage. Il y a quarante ans, on avait des apprentis un peu mieux formés, un peu mieux aboutis par l'Éducation nationale", explique-t-il. Alain Fontaine estime que le goût de l'apprentissage pourrait revenir en France avec le "corporatisme" et "le goût du travail".

Il faudra rapprocher l'entreprise et l'école, et faire de l'alternance la règle et non plus l'exception

Gérard Mestrallet, PDG d'Engie

"Il faut changer l'image et la représentation de l'apprentissage", acquiesce Gérard Mestrallet. "Assez souvent, les parents eux-mêmes préfèrent dire que leur enfant fait une licence de sociologie plutôt qu'apprenti chaudronnier. Seulement, deux tiers des apprentis trouvent un travail avant même la fin de leur apprentissage". L'alternance permet d'apprendre un métier à travers le travail en équipe et l'apprentissage d'une personne qui le pratique depuis des années.

Ainsi, le PDG d'Engie attend de François Hollande "qu'il facilite, par des mesures immédiates de court terme, une exonération totale ou partielle, au moins la première année, des charges sociales. Il faudra ensuite rapprocher l'entreprise et l'école, et faire de l'alternance la règle et non plus l'exception". Alain Fontaine rappelle que "l'apprentissage c'est une voie royale, pas une voie de sanction. Il faut que l'Éducation nationale reprenne son travail, qu'elle explique que l'apprentissage est une autre voie, une histoire d'amour, autour de la passion du métier, entre le maître d'apprentissage et son élève. Quand on aime son métier, la vie est beaucoup moins dure".

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2016-01-18 11:29:00
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