Crash de la Germanwings : ce que contient le rapport final du BEA

ÉCLAIRAGE - Le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses a rendu ce dimanche 13 mars un rapport définitif sur le crash de l'Airbus A-320 il y a un an. Il y fait plusieurs recommandations de sécurité, notamment au sujet des pilotes présentant des troubles psychologiques, à l'instar d'Andreas Lubitz.

Un avion de la compagnie allemande Germanwings le 29 août 2014, à Berlin (illustration).
Crédit : STEPHANIE PILICK / DPA / AFP
Un avion de la compagnie allemande Germanwings le 29 août 2014, à Berlin (illustration).

Les experts de l'aviation civile française ont rendu leur verdict. Le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses a publié dimanche 13 mars son rapport final dans l'enquête du crash de l'avion de la Germanwings qui avait fait 150 morts en mars 2015 dans le sud des Alpes. Le co-pilote, Andreas Lubitz, a donc volontairement écrasé l'avion au sol en profitant de la sortie du cockpit du commandant de bord pour une pause. Lubitz a ensuite immédiatement augmenté la vitesse de l'avion, une demi-heure après le décollage, en le dirigeant vers le sol pendant une descente qui a duré près de dix minutes jusqu'à la collision avec le sol. L'Airbus A-320 de Germanwings, filiale low-cost du groupe allemand Lufthansa, devait faire la liaison entre Barcelone et Düsseldorf. 

Vers une autorisation de la rupture du secret médical ?

Le BEA a prôné dimanche des "règles claires" afin d'autoriser la rupture du secret médical en cas de troubles psychologiques d'un pilote. "Des règles plus claires doivent être exigées pour savoir quand il est nécessaire de rompre le secret médical", a déclaré Arnaud Desjardins, expert chargé de l'enquête sur cet accident.

"Plusieurs médecins privés avaient l'information (indiquant qu'Andreas Lubitz, le copilote âgé de 28 ans qui a précipité la chute de l'appareil, ndlr) était malade" et "cette information n'est pas parvenue aux autorités aéronautiques ni à l'employeur Germanwings", a-t-il ajouté lors de la présentation à la presse du rapport final sur l'accident, au Bourget.

Une analyse régulière des incapacités de vol

Dans son rapport final, le BEA émet des recommandations de sécurité "pour effectuer une analyse régulière des incapacités de vol, en particulier pour des problèmes psychologiques ou psychiatriques" des pilotes.  Il estime en particulier nécessaire de "définir des règles faisant obligation aux prestataires de soins de santé d'informer les autorités compétentes lorsque la santé d'un patient a de forts risques d'affecter la sécurité publique". 

Des conditions de suivi des pilotes

Lorsque les pilotes sont déclarés aptes à voler, le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses souhaiterait que les conditions de suivi des pilotes avec des antécédents de troubles psychologiques soient définies (avec précision, ndlr)". Selon son dossier médical, Andreas Lubitz, le copilote suicidaire du vol GWI18G Barcelone-Düsseldorf, souffrait de dépression, mais les "restrictions spéciales" qui lui étaient imposées ne lui interdisaient pas de piloter un avion de ligne. 

Des mesures d'accompagnement personnel

Les experts insistent aussi sur la nécessité d'accompagner ces recommandations par des mesures d'accompagnement afin de prendre en compte une éventuelle "réticence des pilotes à déclarer leur problèmes et à solliciter une assistance médicale par crainte de perdre leur licence". Andreas Lubitz avait totalement caché ses problèmes psychiatriques à son employeur, par peur de renoncer à sa passion de voler.

Pas de préconisation sur le verrouillage de la porte

Le gendarme français de l'aviation civile ne recommande pas de modifications au système actuel en vigueur depuis les attentats du 11 septembre qui prévoit qu'une fois verrouillée depuis la cabine, la porte du cockpit ne peut pas être ouverte de l'extérieur. "Il n'y aucun changement de conception (du verrouillage) de la porte qui vise à protéger le cockpit de l'intrusion qui vient dans la cabine", a déclaré Rémy Jouty directeur du BEA, en soulignant que "le risque terroriste est toujours là". 

Pas de présence obligatoire d'une deuxième personne dans le cockpit

Le rapport du BEA ne mentionne pas non plus la présence obligatoire d'une deuxième personne en permanence dans le cockpit, comme le préconise l'Agence européenne de sécurité aérienne (EASA). Très largement appliquée par les compagnies européennes, à titre volontaire, depuis le crash, cette mesure ne fait pas l'unanimité. Le syndicat allemand des pilotes estime qu'elle comporte des "risques" qui "pèsent plus lourds que les gains de sécurité présumés". 

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ÉCLAIRAGE - Le Bureau d'Enquêtes et d'Analyses a rendu ce dimanche 13 mars un rapport définitif sur le crash de l'Airbus A-320 il y a un an. Il y fait plusieurs recommandations de sécurité, notamment au sujet des pilotes présentant des troubles psychologiques, à l'instar d'Andreas Lubitz.
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2016-03-13 14:49:48
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