Transition énergétique : les écologistes et les associations mitigés

ÉCLAIRAGE - La ministre de l'Écologie Ségolène Royal a présenté ce mercredi 18 juin les grandes lignes de son projet de loi sur la transition énergétique. Les ONG comme Greenpeace manifestent leur mécontentement.

Delphine Batho avait critiqué les coupes budgétaires sur son portefeuille de ministre de l'Écologie (ici le 5 juin 2013)
Crédit : LIONEL BONAVENTURE / AFP
Delphine Batho avait critiqué les coupes budgétaires sur son portefeuille de ministre de l'Écologie (ici le 5 juin 2013)

Après des mois de débats, la ministre de l'écologie Ségolène Royal a présenté en Conseil des ministres, mercredi 18 juin, son projet de loi sur la transition énergétique, "l'un des plus importants du quinquennat" selon François Hollande. 
Si globalement, les écologistes et les industriels des énergies renouvelables sont plutôt satisfaits du texte, des ONG comme Greenpeace ne cachent pas leur désarroi. 

"Tout ça pour ça ?", s'interroge le Réseau Action Climat (RAC). Selon eux, "le projet de loi ne répond pas à la commande initiale qui était d'identifier une trajectoire claire et des mesures concrètes pour orienter massivement la France vers les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique."

Le nucléaire en question

La loi sur la transition énergétique se fixe pour objectif de ramener à 50% la part d'électricité d'origine nucléaire d'ici à 2025, contre 75% aujourd'hui. Pour autant, le gouvernement ne pourra pas décider seul de la fermeture d'une centrale nucléaire. 

En effet, à ce jour, seuls l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et EDF peuvent le faire. "Le calibrage du parc nucléaire se fera par un dialogue fructueux entre l'État" et EDF, a expliqué Ségolène Royal au Monde


"La question de la place du nucléaire a encore sclérosé le gouvernement, qui, faute de trancher, renvoie les décisions qui s'imposent aujourd'hui à plus tard et empêche les alternatives de se développer", juge cependant Anne Bringault, qui coordonne les ONG sur la transition énergétique.

Pour le président de Greenpeace France, Jean-François Julliard, le texte présenté par Ségolène Royal "donne les clés de la politique énergétique de la France à EDF".


"Dans ce projet de loi, il manque l'essentiel : la limitation à 40 ans de la durée de fonctionnement des réacteurs nucléaires et la mise en place d'un mécanisme permettant à l'État de décider de la fermeture de réacteurs pour des raisons de pilotage de mix énergétique", ajoute Jean-François Julliard. 

Même avis pour Sortir du nucléaire, qui juge "la transition énergétique enterrée à la pelle le 18 juin".

Les écologistes et les associations mitigés

Du côté des Verts, l'heure est à la "prudence", comme l'a rappelé la secrétaire générale d'EELV Emmanuelle Cosse, au micro de RTL. Pour le coprésident du groupe écologiste à l'Assemblée, François de Rugy, il s'agit d'un "virage sans précédent". Cela permet de "mettre fin au fait qu'EDF fait la politique de l'énergie en France", a-t-il encore déclaré sans pour autant afficher une satisfaction totale. "Ce n'est pas facile, on se heurte à des lobbies extrêmement puissants, à des intérêts qui ne veulent pas que ça bouge, qui ont des relais y compris au sein du gouvernement, donc jusqu'au bout il faudra se battre".

Selon Nicolas Hulot, la future loi est "à la hauteur des objectifs". "C'est un beau moment d'espoir pour la France, un projet qui permet de se mettre en disposition pour entrer dans l'économie de demain, dans l'économie du futur." 

La Fondation Hulot précise qu'il "faudra, sur les principales mesures, fixer un délai maximal pour la sortie des décrets d'application, mais aussi sacraliser les moyens financiers dans les projets de loi de finances et mobiliser la fiscalité écologique".

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Transition énergétique : Nicolas Hulot, « Ce que nous réclamions est dans la loi »

Batho tacle le gouvernement

L'ancienne ministre de l'Écologie Delphine Batho a manifesté son inquiétude sur BFMTV. Elle a jugé que le texte représentait un "enterrement de première classe" des promesses de François Hollande. 

Le président de la République s'était engagé en 2012 à fermer une seule centrale : "Je fermerai Fessenheim fin 2016". En l'état, le projet de loi ne permet pas à François Hollande de décider seul de la fermeture d'une centrale nucléaire. "Il faut se donner les moyens pour que ce ne soit pas les actionnaires qui décident, mais la représentation nationale", a jugé Delphine Batho.

Même scepticisme de la part de Julien Bayou, porte-parole d'EELV :

L'Association des régions de France pense qu'il s'agit d'un "bon texte qui s'appuie largement sur les régions", mais "déplore fortement la disparition du service public régional de l'efficacité énergétique qui était pourtant la seule option concrète pour créer un guichet unique offrant une large palette de services, allant du diagnostic initial jusqu'au financement".

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ÉCLAIRAGE - La ministre de l'Écologie Ségolène Royal a présenté ce mercredi 18 juin les grandes lignes de son projet de loi sur la transition énergétique. Les ONG comme Greenpeace manifestent leur mécontentement.
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2014-06-18 20:36:00
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