3 min de lecture Présidentielle 2017

Emmanuel Macron dévoile des propositions sur la justice et la sécurité

Critiqué pour sa lenteur à dévoiler tout ou partie de son programme, le candidat du mouvement "En Marche !" a décidé de passer à l'action. Il dévoile une partie de son projet dans une interview consacrée au "Figaro".

Emmanuel Macron, le 10 février 2017
Emmanuel Macron, le 10 février 2017 Crédit : GUILLAUME SOUVANT / AFP
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Clémence Bauduin
Journaliste

La droite, la gauche ? Des pôles du "monde d'hier", pour Emmanuel Macron. De quoi serait fait "celui de demain" si le candidat du mouvement "En Marche !" venait à remporter la présidentielle ? L'ancien ministre, en bonne place dans la majorité des sondages, livre une partie de son projet présidentiel dans Le Figaro, ce 16 février. En pleine affaire Théo et tandis que des émeutes ont éclaté en banlieue ces derniers jours, le candidat rappelle qu'il souhaite "diviser par deux le nombre d'élèves dans les classes de CP et CE1" dans les quartiers difficiles, et propose de replacer la laïcité au cœur de la société "en démantelant les associations qui s'opposent aux lois de la République". Le candidat prône par ailleurs "une exemplarité absolue des forces de l'ordre et une plus grande responsabilité de leur hiérarchie. (…)  Il faut mettre l'accent sur la formation permanente de nos forces de l'ordre, car leur métier est extrêmement difficile."

En termes de sécurité, Emmanuel Macron propose de "créer une police de sécurité quotidienne" et prône la tolérance zéro à l'égard des délinquants. "Quand vous n'avez plus dans les quartiers que des CRS et des brigades d'intervention, cela signifie qu'il n'y a plus de sécurité quotidienne", estime le candidat qui souhaite par ailleurs "créer 10.000 emplois nouveaux dont 7.500 dans la police et 2.500 dans la gendarmerie." Emmanuel Macron souhaite des amendes pénales dressées par les policiers. Il est contre la dépénalisation du cannabis ou les peines symboliques y compris pour les "petites doses". "Cela ne règle rien" estime-t-il. 

Ne "rien céder au communautarisme"

Emmanuel Macron souhaite la suppression de l'aménagement automatique des peines de prison. "Le système actuel a des effets pervers. (…) Je ne suis ni contre les courtes peines ni pour l'enfermement automatique mais pour un traitement proportionné". Il préconise pour cela de construire "15.000" nouveaux centres pénitentiaires sur le quinquennat tout en saluant "les bonnes décisions de Jean-Jacques Urvoas". Il estime toutefois que "la justice a des besoins d'investissements importants", notamment en termes de numérisation de ses procédures. "N'est-il pas aberrant de savoir en temps réel où votre colis commandé sur Internet se trouve, et de tout ignorer d'une procédure, que vous soyez victime, mis en examen, juge ou policier ?"

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Avant toute chose, Emmanuel Macron ne veut "rien céder au communautarisme". "Je n'ai pas de leçon d'amour de la République à recevoir de personne. Ma République n'est pas multiculturelle. En revanche, qu'on le veuille ou non, la République française est diverse. Elle est indivisible mais plurielle. Elle s'est construite comme cela. Elle a des racines judéo-chrétiennes, mais pas uniquement. Et elle s'est bâtie dans l'émancipation de la chrétienté. Aujourd'hui, ce sont donc des traumatismes à la fois postcoloniaux et identitaires qui nous empêchent d'avancer", considère-t-il, affirmant mettre un point d'honneur à ce "qu'on n'exclue personne".

Une opposition diamétrale à François Fillon ?

Emmanuel Macron estime qu'"une contre-culture s'est indubitablement érigée dans certains quartiers", laquelle "s'appuie sur une instrumentalisation de la religion". Lors de la polémique autour du burkini, Emmanuel Macron, opposé à la burqa, a toutefois condamné l'interdiction du voile à l'université et du burkini sur les plages. "Nous ne pouvons accepter qu'un homme refuse d'être soigné par une femme ou de serrer la main à une femme. Mais sous prétexte qu'une femme met le voile, elle n'aurait pas le droit d'accéder à l'université? Qui dit ça? Ce n'est pas la République", poursuit-il. 

Tandis que François Fillon vient de proposer d'abaisser la majorité pénale à 16 ans, Emmanuel Macron se dit pour sa part farouchement opposé à cette mesure. "À 16 ans, on est toujours un être en devenir, et mettre en prison un jeune avec des hommes de 30 ans, c'est abandonner les quelques chances qu'il reste de le reconquérir", dit-il au Figaro. Attendu en région Provence-Alpes-Côte-d'Azur, Emmanuel Macron est déterminé à faire savoir aux sympathisants frontistes qu'il "n'accepte pas le laxisme, parce qu'il nourrit la désillusion des classes moyennes françaises". Pour autant, il condamne "la course derrière le Front national" qu'il attribue à François Fillon. "Quand on est un patriote républicain, on se bat pour les valeurs de son pays. Et les valeurs de notre pays, ce ne sont pas celles du Front national", affirme Emmanuel Macron, décidément déterminé à continuer à détrôner le candidat de la droite dans les sondages.

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