3 min de lecture Emmanuel Macron

Le voyage de Macron aux États-Unis, "un examen de passage", selon Olivier Mazerolle

Un an après sa victoire au premier tour de l'élection présidentielle, l'heure est au bilan pour le chef de l'État. Un bilan analysé par l'éditorialiste.

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Le voyage de Macron aux États-Unis, "un examen de passage", selon Olivier Mazerolle Crédit Image : AFP / FREDERICK FLORIN | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Olivier Mazerolle
Olivier Mazerolle Journaliste RTL

Il y a un an jour pour jour, Emmanuel Macron arrivait en tête du premier tour de la présidentielle. Qu'est-ce qui a changé en France puis cette date ? Le chef de l'État a obtenu une trêve politique et sociologique et ce n'est pas un mince exploit, compte-tenu de son programme. Il tourne carrément le dos au vieux fond égalitariste de la société française, héritée de la Révolution, qui voudrait que personne ne possède plus que l'autre.

Au contraire, Emmanuel Macron mise sur l'épanouissement personnel de l’individu, conformément à ses aspirations et à ses capacités. Il avait eu l'occasion de dire par exemple que l'université n'est pas la solution pour tout le monde.

Il n'est pas le premier président de la République à partager cette orientation politique. Mais il est le premier à la mettre en oeuvre de manière aussi radicale. Si on y ajoute sa réputation de président des riches, il y avait là tous les ingrédients pour mettre massivement la France dans la rue à l'occasion d'un mouvement social, comme celui de la SNCF. Et bien, ça ne s'est pas produit, la mobilisation anti-Macron reste marginale.

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L'attente des Français

Emmanuel Macron a-t-il gagné la bataille culturelle ? Non, parce que la trêve, elle est aussi la conséquence de la cohérence des Français. Il y a un an, ils ont voté pour le changement, pour l'action contre l'immobilisme, pour essayer autre chose. Alors ils ne vont pas changer d'avis au premier coup de canon. 

Mais ils ne sont pas non plus enthousiastes, ils ne sont pas acquis. Ils demandent à voir. Et comme les résultats ne vont pas arriver rapidement, ce qui est normal parce qu'on ne baisse pas le chômage d'un coup de baguette magique, la position d'Emmanuel Macron pourrait se fragiliser plus vite qu'il n'y paraît.

Le philosophe allemand, Peter Sloterdijk, qui connaît très bien la France, disait récemment, comme Nicolas Sarkozy lorsqu'il était président de la République : "En France, il ne faut jamais oublier que la guillotine n'est pas loin".

Dans un sondage récent, une grosse majorité de Français disaient trouver Emmanuel Macron autoritaire. Il en impose par son calme et son autorité, mais il est constamment dans la confrontation. Lorsqu'il va au contact avec les Français dans la rue, ce n'est pas pour écouter, c'est toujours pour dire combien il a raison. Il ne concède rien à ses interlocuteurs. Ses rencontres ne le font pas bouger d'un iota.

Visite aux États-Unis et grandes attentes

Il donne le sentiment d'agir comme un intellectuel techno, qui a écrit un devoir impeccable sur une feuille blanche, sans se préoccuper de ce que l'on peut en dire. Il se met à dos les élus locaux et aussi les syndicats réformistes qui acceptent pourtant ses réformes. Il refuse d'admettre que dans un premier temps, ses mesures favorisent les riches et pas les classes moyennes ou populaires.

Pour éviter les écueils, en attendant les résultats, il pourrait avoir avantage à se trouver des alliés et mettre un supplément d'âme à son programme pour mobiliser en cas de nécessité et voilà, il ne le fait pas. Les Français sont fiers de voir le retour du pays sur le devant de la scène internationale. D'ailleurs, il est reçu avec tous les honneurs par Donald Trump aux États-Unis.

Mais pour les Français, ce voyage, c'est aussi un examen de passage. Ils sont très contents que les États-Unis considèrent la France comme une alliée indispensable, mais Emmanuel Macron doit aussi leur prouver qu'il n'est pas un allié aligné, mais qui conserve sa liberté d'action. S'il ne le fait pas, gare au retour de manivelle.

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2018-04-23 20:29:00
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