3 min de lecture Diplomatie

Mystère du train blindé : Kim Jong-un était-il en visite à Pékin ?

Un mystérieux train en provenance de Corée du Nord a fait jaser le 27 mars à Pékin. Plusieurs indices poussent à faire penser qu'il s'agirait d'une visite du président nord-coréen Kim Jong-un.

Kim Jong Un et Choe Ryong Hae à Pyongyang le 13 avril 2017.
Kim Jong Un et Choe Ryong Hae à Pyongyang le 13 avril 2017.
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La rédaction numérique de RTL
et AFP

Qui se trouvait dans le mystérieux train blindé en provenance de Corée du Nord à la gare de Pékin ? Kim Jong-un a-t-il effectué une visite éclair en Chine avant une possible rencontre avec Donald Trump ?

Tout semble accréditer mardi 27 mars l'hypothèse d'un entretien entre le numéro un nord-coréen et son homologue chinois Xi Jinping, même si Pékin comme Pyongyang se gardent de toute confirmation. 

Si elle était avérée, cette visite serait historique: il s'agirait de la première à l'étranger de Kim Jong-un depuis qu'il a succédé à son père Kim Jong Il fin 2011. Elle constituerait aussi un retour spectaculaire de la diplomatie chinoise sur le devant de la scène avant un possible sommet Kim-Trump. 

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Une visite stratégique avant le sommet Kim-Trump

La Chine a paru marginalisée par l'annonce d'un prochain sommet entre M. Kim et le président américain Donald Trump, après des mois de rhétorique guerrière entre Pyongyang et Washington. Si Kim Jong Un se trouve bien à Pékin, cela remettrait clairement la Chine au centre du jeu diplomatique. 

"Les Chinois s'inquiètent d'être mis à l'écart au cas où les Nord-Coréens passeraient un accord avec les Américains qui ne refléterait pas nécessairement les intérêts de la Chine", observe le sinologue Bill Bishop qui publie la lettre d'information Sinocism. 
                   
Pour Kim Jong Un, venir à Pékin serait une façon de s'assurer du soutien chinois avant de se retrouver face à Donald Trump. "Kim Jong Un n'est rien sans la Chine", observe à Pékin le politologue indépendant Hua Po. "Il sait qu'il ne peut pas s'en sortir sans la Chine et qu'il est impossible de faire confiance aux Américains". 

Mais conformément à une tradition bien établie, Pékin se refusait à confirmer la visite du dirigeant nord-coréen, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying, se contentant mardi après-midi de promettre des informations le moment venu. La Chine et la Corée du Nord "ont une tradition de relations amicales et nous maintenons des contacts normaux", s'est-elle bornée à indiquer lors d'une conférence de presse régulière. 

Un déploiement exceptionnel

Presqu'au même moment, des journalistes de l'AFP ont vu un convoi officiel se diriger vers la gare de Pékin. L'agence de presse japonaise a ensuite affirmé qu'un train qui aurait amené M. Kim à Pékin avait quitté la gare, à peine 24 heures après son arrivée dans la capitale chinoise. 

La télévision japonaise NNN a diffusé lundi des images d'un train vert aux bandes jaunes entrant en gare. Ce train est similaire à celui qu'empruntait Kim Jong Il, père de l'actuel président, qui n'aimait pas prendre l'avion et voyageait à bord d'un train blindé. Ses visites à Pékin étaient systématiquement révélées par les médias chinois a posteriori, une fois que le dirigeant nord-coréen avait regagné son pays. 
                   
Devant la gare de Pékin, un témoin a confirmé un déploiement exceptionnel des forces de l'ordre lundi après-midi.  "C'était très inhabituel. Il y avait beaucoup de policiers dehors et le long de la route devant la gare", a indiqué le vendeur d'un magasin situé à proximité. "L'intérieur de la gare était bloqué aussi", a-t-il raconté à l'AFP. 

Mardi matin, la sécurité était draconienne devant la résidence diplomatique de Diaoyutai, où Kim Jong Il descendait lors de ses visites à Pékin. Un photographe de l'AFP a vu un convoi officiel sortir de la résidence sous escorte policière.  

Chine et Corée du Nord traditionnellement alliées

Kim Jong-un doit rencontrer avant fin avril son homologue sud-coréen Moon Jae-in sur la ligne de démarcation qui sépare les deux Etats depuis la fin de la guerre de Corée en 1953.Il doit ensuite rencontrer Donald Trump avant fin mai, mais le lieu et la date de ce sommet n'ont toujours pas été confirmés. 

La Chine et la Corée du Nord sont traditionnellement alliées depuis la Guerre froide. Mais les relations se sont tendues ces dernières années en raison du soutien de Pékin aux sanctions de l'ONU, destinées à enrayer les programmes balistique et nucléaire de Pyongyang. Pour autant, la Chine reste le principal soutien diplomatique de la Corée du Nord et son plus important partenaire commercial. 

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Un mystérieux train en provenance de Corée du Nord a fait jaser le 27 mars à Pékin. Plusieurs indices poussent à faire penser qu'il s'agirait d'une visite du président nord-coréen Kim Jong-un.
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