3 min de lecture Transports

Des Vélib' aux vélos "flottants" : l'essor des vélos en libre-service

Contenue aux seuls Vélib' ou Vélo'v pendant une dizaine d'années, l'offre de vélos en libre-service s'est largement développée ces derniers mois, avec l'arrivée sur le marché de vélos "flottants", sans point d'attache.

Les vélos "flottants" sans point d'attache, côtoient désormais les traditionnels Vélib'
Les vélos "flottants" sans point d'attache, côtoient désormais les traditionnels Vélib' Crédit : ROMUALD MEIGNEUX/SIPA
Thibaut Deleaz
Thibaut Deleaz
Journaliste RTL

Entre les vélos en libre-service attachés à des bornes, l'apparition de mystérieux vélos verts, rouges ou encore oranges sur les trottoirs, Gobee.bike qui jette l'éponge en France face au vandalisme et le nouveau Vélib' parisien qui déraille, il y a de quoi s'y perdre.

L'offre de vélos en libre-service s'est métamorphosée ces derniers mois en France, avec l'arrivée de nouveaux acteurs venus bouleverser le modèle des vélos avec stations d'attache, popularisé depuis une dizaine d'années.

Les premiers vélos en libre-service sont nés à Amsterdam en 1965. Le mouvement contestataire et libertaire Provo propose alors des vélos blancs en usage libre et gratuit dans les rues de la capitale des Pays-Bas, lançant le concept du vélo partagé.

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Le succès des vélos en libre-service

Les systèmes de vélos en libre service avec point d'attache se sont démocratisés en France depuis une dizaine d'années. Le premier système de ce type informatisé apparaît à Rennes en 1998. Au début des années 2000, JCDecaux et Clear Channel commencent à lancer leurs systèmes, dont le financement est couplé à la publicité pour couvrir le coût de fonctionnement.

Lyon lance ses Vélo'v en 2005, et Paris lui emboîte le pas en 2007 avec les Vélib', suivis de la plupart des grandes villes françaises. Ces vélos qui peuvent être pris et déposés dans des stations disposées un peu partout rencontrent très vite un large succès. A Paris, Vélib' comptait l'an dernier près de 300.000 abonnés et 105.000 vélos étaient loués chaque jour.

Le fiasco de Vélib' 2

Aujourd'hui, plusieurs acteurs se partagent le marché, comme JCDecaux et Clear Channel, mais aussi Transdev et Smoove. Ce dernier a d'ailleurs ravi à l'historique JCDecaux le marché public des Vélib' à Parisqu'il a repris depuis janvier 2018 avec le consortium Smoovengo.

Mais le changement d'opérateur n'est pas si simple. A Paris, il a fallu changer tout le système : démonter toutes les bornes de JCDecaux pour les remplacer par celles de Smoovengo. Les 1.400 stations devaient être toutes installées fin mars. Mais à cette date, moins de 500 stations sont achevées, et beaucoup d'entre elles ont tardé à être raccordées au réseau électrique. Des retards qui coûtent cher à Smoovengo : déjà trois millions d'euros de pénalités.

L'arrivée des vélos "flottants"

Les nouveau vélos sans station, dits "flottants", tombent à pic à Paris pour les habitués du Vélib' laissés à l'abandon depuis le début de l'année. Ce nouveau système est apparu vers 2015 avec la création de nouvelles entreprises comme Ofo, Mobike ou encore oBike, et a été depuis déployé dans plusieurs villes. 

Les vélos sont disséminés partout en ville, sans point d'attache. Finie la contrainte de trouver une station avec de la place pour déposer son vélo, on peut le laisser n'importe où sur le trottoir. L'usager trouve son vélo, paye et le déverrouille avec une application.

Mais ce nouveau système inquiète certaines mairies qui le trouvent invasif et aimeraient bien le réguler pour éviter un envahissement des trottoirs. Lille réclame depuis décembre 2017 une redevance de 11 euros par an et par vélo pour occupation de l'espace public. Paris envisage de faire de même.

Le défi du vandalisme

Mais les vélos "flottants" ont la vie dure. Début 2018, Gobee.bike s'est retirée de France, mais aussi d'Italie. Ses vélos laissés dans les rues ont été vandalisés, volés ou même parfois privatisés par des usagers qui les rangeaient dans leur propriété privée. A Reims, des 400 vélos déposés par Gobee.bike en novembre 2017, il n'en restait que 20 début janvier. A Paris, certains vélos "flottants" avaient même fini par couler au fond de la Seine.

Cet échec n'arrête pourtant pas les concurrents de Gobee.bike qui continuent malgré tout de déployer leurs vélos en libre-service. Indigo Weel, déjà présent à Bordeaux, Metz et Tours, a annoncé son arrivé prochaine à Lyon, assurant avoir tiré les leçons des erreurs de ses concurrents.

Cette fois-ci, les zones de stationnement des vélos seront d'ailleurs délimitées en accord avec les pouvoirs publics. Mais cette petite restriction de la liberté qui fait l'attrait des vélos "flottants" n'empêchera pas les différents acteurs de vouloir s'imposer sur le marché en déployant des centaines de vélos dans chaque ville. Au risque, en cas de fiasco, de se retrouver avec des cimetières de vélos abandonnés dans les rues, comme on en voit en Chine.

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Contenue aux seuls Vélib' ou Vélo'v pendant une dizaine d'années, l'offre de vélos en libre-service s'est largement développée ces derniers mois, avec l'arrivée sur le marché de vélos "flottants", sans point d'attache.
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2018-03-26 20:58:04
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