2 min de lecture Théâtre

"Britannicus" revisité de façon moderne à la Comédie-Française

NOUS L'AVONS VU - La pièce de théâtre "Britannicus", écrite par Racine en 1669, fait peau neuve à la Comédie-Française jusqu'au 23 juillet, avec une mise en scène de Stéphane Braunschweig.

Laissez-vous Tenter Laissez-vous tenter Yves Calvi & Le Service Culture
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"Britannicus" revisité de façon moderne à la Comédie-Française Crédit Image : C. Reynaud de Lage, coll. Comédie-Française | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Monique Younès
Monique Younès et Morgane Giuliani

Britannicus, la tragédie de Racine se joue actuellement à la Comédie-Française, jusqu'au 23 juillet, avec Laurent Stocker et Dominique Blanc, immense actrice, dont c'est le premier rôle au Français. Cette pièce a beau avoir été écrite en vers de douze pieds en 1669, on la regarde comme un épisode de House of Cards

La passion du pouvoir au sein des familles recomposées ne se démode pas, et l'empereur Néron, sous les traits de Laurent Stocker vous a un petit côté Poutine des plus troublants. Sa mère, Agrippine, alias Dominique Blanc, nous fait penser à Rose Kennedy en train de se débattre au milieu de la rivalité de ses fils et beau-fils. Agrippine a donc écarté Britannicus, le fils de son second mari Claude, mari qu’elle a empoisonné afin d’imposer sur le trône son fils à elle Néron. 

Néron gouverne donc l'Empire sans problème, jusqu'au jour où, comme si la place de son rival Britannicus ne lui suffisait pas il veut lui prendre aussi sa petite amie, Junie, congédier sa femme Octavie et se libérer de l'emprise de sa mère, Agrippine.

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Un Néron moderne

Néron se révèle à lui-même, et Laurent Stocker nous propose là un Néron très moderne : fragile, névrosé, infantile et terriblement destructeur ! Amoureux, il tuerait père et mère pour arriver à ses fins. Son fidèle lieutenant, Burrhus, Joué par Hervé Pierre,  est une sorte de Michel Rocard épouvanté par la perversité de son maître. Vous imaginez alors le désarroi d'Agrippine : son fils unique qui lui échappe. Elle qui a tant fait pour écarter Britannicus du trône afin d’y porter Néron ! Voilà comment l’ingrat la remercie ! C’est à vous dégoûter du régicide.

Jusqu’à la fin, Aggripine  croit pouvoir réconcilier Néron et Britannicus
, tout en contenant la folie de son fils. Mais Néron ne l'entend pas de cette oreille, et en arrive à la fameuse réplique : "J'embrasse mon rival, mais c'est pour l'étouffer." François Mitterrand connaissait son Racine sur le bout des doigts. Les longues théories de candidats à l’élection présidentielle doivent eux aussi être en train de le réviser. On ne peut que leur conseiller de se rendre à la Comédie-Française, où la mise en scène de Stéphane Braunschweig nous fait entendre le texte de Racine, tout le texte, rien que le texte. Qu’il en soit particulièrement remercié en ces jours où nombre de metteurs en scène prétendent nous faire entendre autre chose. Nous voilà donc rassuré. 

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NOUS L'AVONS VU - La pièce de théâtre "Britannicus", écrite par Racine en 1669, fait peau neuve à la Comédie-Française jusqu'au 23 juillet, avec une mise en scène de Stéphane Braunschweig.
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2016-05-31 10:01:00
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