Violences : pour un Européen sur quatre, le viol est parfois "justifié"

La Commission européenne a publié le 30 novembre les résultats accablants d'une étude sur les violences liées au genre.

Harcèlement de rue
Crédit : Flickr / Bixentro
Harcèlement de rue

Les chiffres sont terrifiants. Selon les résultats d'une étude commandée par la Commission européenne sur les violences liées au genre et publiée le 30 novembre, 27 % des Européens estiment qu'un viol peut se justifier dans certaines circonstances. Soit plus d'un Européen sur quatre. Qui plus, selon cette même étude, menée auprès de 27.000 citoyens européens, près d'une personne sur cinq (17 %) pense également que les violences envers les femmes sont souvent provoquées... par les victimes.

En effet, selon les conclusions du rapport, près de 22 % des personnes interrogées au sein de l'Union européenne pense que les femmes inventent, voire exagèrent lorsqu'elles relatent les accusations de mauvais traitement ou de viol qu'elles ont subi. Avec des disparités régionales. "Les personnes sondées à Malte (47 %), à Chypre (44 %) et en Lituanie (42 %) sont les plus susceptibles d'être d'accord avec cette affirmation, contre seulement 8 % en Suède, et 13 % en France et en Italie", indique le rapport.

Un viol justifié ?

Quelles situations pourraient donc bien "justifier" le viol d'une femme ? Parmi celles évoquées par les 27 % d'Européens étant d'accord avec cette idée : une victime en état d'ébriété ou sous l'emprise d'une drogue (12 %), une victime ayant accepté de se rendre volontairement chez quelqu'un (11 %), ou encore une tenue "légère, provocante ou sexy" portée par la victime (10 %). Tout cela justifierait donc le viol d'une femme, de même que de ne pas avoir clairement dit "non" à un rapport ou bien de ne pas avoir riposté physiquement au moment des faits. Ces "justifications" sont le plus souvent évoquées dans les pays comme la Hongrie (47 %) ou encore la Roumanie (55%), à l'inverse de l'Espagne (8 %) ou la Suède (6%). Mais surprise, la France, elle, se positionne tout de même dans la moitié supérieure du classement, avec 31 % d'opinions allant dans le sens de ces justifications.

La position de la France

 Concernant la patrie de Marianne, ces résultats ne sont pas les premiers de la sorte à ressortir. En mars 2016 déjà, une étude réalisée par Ipsos révélaient que pour 40 % des Français sondés, la responsabilité du violeur était atténuée si sa victime s'était montrée provocante, notamment en public, ou bien si elle avait flirté avec lui. Idem si la victime avait adopté une attitude "séductrice" avec son agresseur. Plusieurs autres expériences menées par des collectifs féministes ou étudiants au cours de l'année passée tendaient à montrer que dans de nombreux cas, la tenue portée par la victime "justifiait" une agression sexuelle. 

Enfin, si plus de 90 % des personnes interrogées par la Commission européenne reconnaissent que la violence domestique à l'égard d'une femme ou d'un homme est inacceptable, ils sont tout de même près de 15 % à penser que cette violence ne mérite pas d'être systématiquement punie par la loi. Les violences domestiques incluant notamment coups et viols.

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Violences : pour un Européen sur quatre, le viol est parfois "justifié"
Violences : pour un Européen sur quatre, le viol est parfois "justifié"
La Commission européenne a publié le 30 novembre les résultats accablants d'une étude sur les violences liées au genre.
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2016-12-01 04:15:00
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