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Meurtre de Sophie Lionnet : comment se défend son employeur, Ouissem Medouni

Ouissem Medouni, qui a reconnu avoir été "vraiment horrible" avec son employée, explique qu'il craignait pour la sécurité de sa famille.

Des policiers devant la maison où le corps de Sophie Lionnet a été retrouvé, le 22 septembre à Londres
Des policiers devant la maison où le corps de Sophie Lionnet a été retrouvé, le 22 septembre à Londres Crédit : Daniel LEAL-OLIVAS / AFP
ClaireGaveau
Claire Gaveau
et AFP

Son corps calciné avait été retrouvé le 20 septembre 2017, à Londres, dans le jardin de ses employeurs. Le procès de Ouissem Medouni et Sabrina Kouider, les employeurs suspectés d'avoir tué Sophie Lionnet, se poursuit.

Les deux Français, âgés respectivement de 40 et 35 ans, ont été placés en détention depuis que la police britannique a découvert le cadavre de la jeune fille. Les autorités avaient été alertées par des voisins, intrigués par une épaisse fumée en provenance de l'habitation du couple, située dans le quartier de Southfields, dans le sud-ouest londonien.

Mais depuis le début des auditions, Ouissem Medouni se livre. S'il reconnaît avoir mené des interrogatoires musclés, il nie toujours avoir assassiné la jeune fille au pair originaire de Troyes, âgée de 21 ans au moment des faits. Il pointe même du doigt la responsabilité de sa compagne, de cinq ans sa cadette. 

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Protéger sa famille coûte que coûte

Ouissem Medouni et sa compagne Sabrina Kouider étaient persuadés que Sophie Lionnet avait comploté avec l'ex-compagnon de la jeune femme, père d'un de ses deux garçons, pour droguer et abuser sexuellement de la famille. Face à ces rumeurs, le couple a alors voulu connaître la vérité. Et ce, à tout prix. 

Ils se sont alors livrés à des interrogatoires particulièrement musclés. Ces "face à face" avaient pour but de faire avouer la jeune fille, qui travaillait au service du couple depuis plus de vingt mois. "J'étais parfois insistant. Je voulais savoir la vérité", a dit l'accusé, dont l'audition a commencé il y a plus d'une semaine.

Parfois les mots que j'ai utilisés étaient horribles et je le regrette

Ouissem Medouni
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Poussé par le procureur Richard Horwell, il a fini par reconnaître du bout des lèvres avoir menacé Sophie Lionnet en la questionnant, lui faisant croire qu'elle ne pourrait pas retourner en France tant qu'elle n'avouerait pas ou qu'elle passerait le restant de sa vie en prison, où elle serait violée. "Parfois les mots que j'ai utilisés étaient horribles et je le regrette. J'étais vraiment en colère", a-t-il justifié, affirmant que c'était simplement un moyen de la faire parler.

Amaigrie et affaiblie, sous intense pression, la victime avait fini par "avouer" peu avant sa mort, fournissant même "des détails", a raconté Ouissem Medouni. "Je ne sais pas pourquoi elle aurait menti à ce propos. Ce n'est pas quelque chose sur quoi on ment", a dit l'accusé.  

Ouissem Medouni accuse sa compagne

Quelques jours plus tôt, Ouissem Medouni avait accusé sa compagne d'avoir tué Sophie Lionnet en plongeant sa tête dans l'eau de leur baignoire. "C'est toi qui l'as fait ! Tu as mis sa tête dans l'eau !", a-t-il déclaré apostrophant sa compagne devant la cour criminelle de Londres. "C'est une femme très forte, elle en est capable", a-t-il dit en anglais.

Si l'accusé avait dans un premier temps reconnu, dans une déclaration écrite en janvier, avoir tué Sophie Lionnet par accident, après lui avoir asséné un coup et l'avoir immergée à plusieurs reprises dans le bain, c'était pour "protéger sa famille", a-t-il expliqué.

Mais Ouissem Medouni était revenu sur ses aveux quelques jours avant l'ouverture du procès le 19 mars. "J'ai stupidement signé ce document. Je ne suis pas un assassin. Je n'ai pas fait de mal à Sophie", a-t-il dit.

Je suis responsable de ce qui s'est passé parce que j'aurais pu l'arrêter

Ouissem Medouni
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Les deux accusés plaident non coupables pour le chef d'accusation de meurtre. Ils ont en revanche plaidé coupables d'entrave à la justice pour avoir tenté de se "débarrasser" du corps "en le brûlant".

Ouissem Medouni a seulement reconnu avoir enchaîné les mauvaises décisions dans cette affaire, comme le fait de ne pas avoir prévenu la police au moment d'une agression physique de Sophie Lionnet par sa compagne en juillet 2017 ou de ne pas lui avoir acheté de billet de retour en France. "Je suis responsable de ce qui s'est passé parce que j'aurais pu l'arrêter. (...) C'était la plus grosse erreur de ma vie", a-t-il déploré. Le procès doit se poursuivre jusqu'au 11 mai. 

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Ouissem Medouni, qui a reconnu avoir été "vraiment horrible" avec son employée, explique qu'il craignait pour la sécurité de sa famille.
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