3 min de lecture Présidentielle 2017

2017 : la réindustrialisation de la France, défi du prochain Président

ÉDITO - Et si l'une des premières décisions du futur chef de l'État était de créer un vrai poste de ministre du Numérique ?

François Lenglet Lenglet-Co François Lenglet
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2017 : la réindustrialisation de la France, défi du prochain Président Crédit Image : ANDREW YATES / AFP | Crédit Média : RTLnet | Date :
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Martial You
Martial You et Loïc Farge

C'est un peu le projet de tous les candidats à la présidentielle depuis le Général de Gaulle : réindustrialiser la France. Ce sera plus que jamais un des défis du prochain locataire de l'Élysée. L'industrie, telle qu'on la définit depuis des décennies (à savoir les usines qui transforment la matière pour produire un autre objet), a vu son poids dans notre richesse nationale divisé par deux depuis les années 70. Elle pesait 22% du PIB en 1970, contre 11% aujourd'hui.

Pourtant, on vient quand même de signer des contrats géants : 100 Airbus vendus à l'Iran, 12 sous-marins à l'Australie, quatre paquebots à Saint-Nazaire, et nos Rafale à l'Egypte et au Qatar. C'est de l'emploi industriel quand même. Et c'est d'ailleurs à mettre au crédit du quinquennat Hollande. Mais il faut redéfinir ce qu'on appelle l'industrie aujourd'hui. Et surtout, ce qu'on va appeler l'industrie demain. Il faut y intégrer le digital, qui est toujours rangé dans les services.

Le numérique pèse autant que l'agriculture en France

D'ailleurs, l'une des premières décisions du prochain président pourrait être de créer un vrai poste de ministre du Numérique. Depuis 2000, le numérique a créé 700.000 emplois nouveaux et pèse environ 3% de notre PIB. C'est-à-dire autant que l'agriculture. Vous avez un ministre de l'Industrie, un ministre de l'Agriculture, mais un secrétaire d'État au numérique. Il faut donner une vraie place politique à cette économie.

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Certes, le numérique fait disparaître des métiers. Mais l'économie est un corps vivant. Il grandit, il change, certaines cellules meurent. Aujourd'hui, le numérique irrigue tout. Avant, vous aviez la logistique. C'était rangé dans l'industrie, parce que les camions transportaient la production des usines. Amazon, c'était du service avec le e-commerce. Mais aujourd'hui, Amazon est un des plus gros transporteurs de colis au monde. La Google Car est un service. Mais pour qu'il y ait une Google Car, il faut qu'un industriel fabrique la voiture.

Le numérique est un éco-système en soit. Quand vous interrogez le patron de Michelin ou le patron de Safran, il vous disent que le but ultime, ce n'est pas de fabriquer des pneus ou des moteurs d'avions, mais de vendre du service. Parce que le pneu ou le moteur sont capables d’emmagasiner des données techniques, ils deviennent des objets connectés qui permettent d'anticiper les pannes ou l'usure des pièces. Et ça, c'est le numérique industriel qui le permet et qui offre des relais de croissance.

Le numérique est un éco-système en soit

Martial You
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Le numérique, un monde de géants dans lequel les PME n'ont aucune chance ? Au contraire ! Le digital redonne une chance aux petits, justement. Parce que sur Internet, vous faîtes votre promotion comme tout le monde. Parce que la petite start-up/PME investit sur une niche et peut devenir hyper spécialisée dans son domaine. Ce qu'il faut que le futur président fasse ensuite, c'est agglomérer ces talents pour créer une offre globale capable de séduire un grand groupe.

Dans les géants de la pharmacie, on préfère financer des start-ups sur une recherche très pointue et racheter la découverte, plutôt qu'investir tous azimut dans la recherche et développement. Si vous faites des associations entre petites entreprises qui ont des talents et des compétences complémentaires mais pas concurrentes, vous avez une valeur. On grossit mais en groupe. Quelque part, c'est la fin du mythe allemand.

Associer une multitude de petites grenouilles

Depuis des années, on est complexé, nous Français, parce que les Allemands arrivent à avoir des entreprises de taille intermédiaire (de grosses PME internationales) alors que nous ne parvenons pas à faire grossir nos entreprises. Le modèle français, ce n'est pas forcément de grossir comme la grenouille pour devenir le bœuf allemand, mais d'associer une multitude de petites grenouilles pour faire des Licornes. Et ça marche.

La semaine dernière, une usine allemande de sièges de voitures a préféré fermer son site à quelques kilomètres de la frontière français. L'usine approvisionnait les modèles Peugeot-Citroën de Mulhouse et Sochaux. Mais deux entreprises françaises se sont associées et ont remporté le marché en étant plus compétitives que l'usine allemande.

Attention, l'idée n'est pas d'opposer Allemagne et France sur l'industrie. Mais l'industrie "made in France" a peut-être une chance si elle cherche son propre modèle plutôt que si elle essaie d'imiter ses voisins.

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2016-12-30 08:24:00
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