Pourquoi l'Occident sous-estime Daesh

REPLAY - Écoutez ou réécoutez La Revue de Presse de Adeline François du 04 févr. 2016.

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Pourquoi l'Occident sous-estime Daesh Crédit Image : Romain Boé Crédit Média : Adeline François Télécharger

C'est un long, un très long texte de 18 pages, mais un texte indispensable Il est signé de l'anthropologue américain Scott Atran et publié par le site de l'Obs. 18 pages intitulées l'État islamique est une révolution, 18 pages pour expliquer pourquoi en fermant les yeux sur la capacité d'attraction de Deash, l'Occident commet une erreur stratégique majeure.
L'auteur a voulu savoir comment Daesh était parvenu à posséder une force militaire composée de volontaires, la plus grande et la plus diverse depuis la seconde guerre mondiale. Alors que beaucoup de commentateurs réduisent l'islam radical à un simple "nihilisme", nos travaux montrent, écrit l'auteur,  que nous sommes en présence d'un phénomène bien plus menaçant : un projet profondément séduisant, visant à changer et sauver le monde.

La séduisante utopie de Daesh : une réminiscence du IIIe Reich

Et Scott Atran fait un parallèle avec l'Allemagne nazie : à effectif égal, l'armée allemande surpassait toutes les armées alliées. Les unités allemandes pouvaient subir des pertes de plus de 50% et voir leurs combattants continuer à se battre vaillamment, souvent en sachant qu'ils allaient mourir, pour défendre une cause en laquelle ils croyaient passionnément, aussi horrible cette cause soit-elle.
Des études socio-psychologiques réalisées après la guerre montrent que le soldat allemand croyait à ce qu'il faisait, et se battait à la fois pour une cause et pour ses camarades. Rien ne démontre en revanche que dans les rangs alliés, les soldats se battaient pour la défense de la démocratie ou du communisme. Seule la puissance de feu massive américaine et les effectifs massifs soviétiques ont eu raison de l'armée allemande. Peut-être en finira-t-on de cette façon avec l'État islamique.

La presse s'interroge sur les louvoiements de François Hollande

"Imbroglio", "zizanie", "désastre"  sont les mots qui reviennent le plus dans vos journaux. "STOP" titre Libération en une tandis que Le Figaro se demande si le congrès de Versailles va vraiment avoir lieu et parle de déchéance de rationalité. Les "tergiversations du chef de l'État n'ont pas facilité la clarté des débats", écrit Yves Thréard. Analyse partagée, une fois n'est pas coutume, par Libération, où Grégoire Biseau souligne "que la gauche ne veut pas de ce texte, et que la droite fera tout pour ne pas donner au chef de l'Etat une victoire au Congrès".

Et pour Michel Urvoy dans Ouest France, "malgré des astuces d'écriture, François Hollande crée de la discorde là où il y avait de la concorde, fait plus de déçus que de déchus". "Le président de la République ira jusqu'au bout", répond pourtant le nouveau ministre de la Justice, Jean-Jacques Urvoas, dans Le Parisien/Aujourd'hui en France.

Cela n'empêche pas que "l'urgence est ailleurs" comme l'écrit Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne. Elle nous éclate à la figure avec les dernières statistiques sur la radicalisation islamiste en France. Au final, pour Yann Marec dans le Midi Libre, "la déchéance devient le second boulet de François Hollande après l'inversion de la courbe du chômage, mais surtout surtout, cette polémique absconse est le témoin de la profondeur du gouffre qui sépare les cabinets ministériels du reste du pays.

Crise : ces Français ont des idées noires

Oui parce que les chiffres qu'il faudrait d'abord et avant tout prendre en compte aujourd’hui, ce sont ceux de l'Ifop qui a  voulu savoir pour la première fois quel était l'impact de la crise économique  sur le rapport des français avec le suicide. Les chiffres sont effarants, un français sur 5 a déjà pensé sérieusement au suicide, et cette proportion monte à 1 sur 3 chez les chômeurs. 

Dans Le Parisien/Aujourd'hui en France, le bien nommé psychiatre Michel Debout    s'insurge : Comment peut on croire qu'une personne en état dépressif  et qui est en train de perdre l'estime de soi  pourra retrouver du travail ? "Il faut", dit-il, "adresser un message fort en s'intéressant à la santé des personnes touchées par la crise, leur dire que la société ne les abandonne pas. Ce qu'on n'a jamais fait. Des français en bonne santé  c'est un plus pour l'économie française." C'est peut être ça la vraie révolution.

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par Adeline FrançoisJournaliste RTL
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