4 min de lecture Présidentielle 2017

Présidentielle 2017 : que proposent les candidats pour les banlieues ?

ÉCLAIRAGE - À moins de trois mois de l'élection présidentielle, les affrontements entre forces de l'ordre et population en banlieue parisienne ont relancé le débat sur les quartiers dits sensibles.

La cité des Minguettes, à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise
La cité des Minguettes, à Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise
ClaireGaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

La violente arrestation du jeune Théo à Aulnay-sous-Bois a ravivé la colère de nombreux Français. Affrontements avec les forces de l'ordre, incendies, magasins détruits… Certaines banlieues franciliennes se sont enflammées et ont crié au scandale après les accusations de viol contre un policier mais surtout pour réclamer la justice pour tous. 

Une situation extrêmement tendue alors que François Hollande avait fait des banlieues l'une des priorités de son quinquennat. Cinq ans plus tard, le constat est mitigé : la discrimination à l'embauche, le taux de chômage ou encore la précarité sont une triste réalité dans certains quartiers difficiles. Les candidats à l'élection présidentielle tardent toutefois à s'emparer de ces questions et les propositions ne sont pas nombreuses. Cette colère générale et la crainte de l'embrasement des banlieues devraient remettre ce sujet sur la table à moins de trois mois de l'échéance nationale.

31 propositions déjà listées par "Ville & Banlieue"

L'association Ville & Banlieue, qui réunit une centaine de maires de toutes considérations politiques, souhaite "parler de la situation des habitants, des citoyens, qui vivent en souffrance notamment à cause de la précarité et du chômage". Pour cela, l'association a déjà dévoilé une liste de 31 propositions pour "réintégrer dans la République les 1.500 quartiers de la politique de la ville, et 4,8 millions d'habitants dont la moitié vivent en dessous du seuil de pauvreté". Pour cela, Ville & Banlieue s'est déjà penchée sur différents thèmes comme l'éducation, le sport et la culture, la santé, le logement, l'environnement urbain, l'emploi ou encore la sécurité.

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Interrogé par RTL.fr, Gilles Leproust, secrétaire général de l'association et maire d'Allonnes (Sarthe), réclame une certaine "attention" de la part des politiques. "Les personnes de ces quartiers veulent être des citoyens à part entière et refusent d'être reléguées au second plan", clame-t-il. L'occasion pour lui de lancer un appel aux candidats à la présidentielle : "Il faut leur dire que ce sont des millions d'hommes et femmes. Il faut leur donner les moyens, grâce aux services locaux et nationaux, de se développer (...) Nos quartiers ont commencé à changer mais ce n'est pas encore suffisant, il faut aborder les questions d'emploi, d'éducation". Avant de préciser : "C'est un appel positif afin de respecter cette partie de la population".

La sécurité, un thème récurrent chez tous les candidats

Si les prétendants à l'Élysée ont dévoilé peu de mesures précises visant à améliorer le quotidien dans certaines banlieues, les mesures sécuritaires sont, elles, bien présentes dans leurs programmes. Parmi elles figurent le renforcement des effectifs des forces de l'ordreMarine Le Pen propose de recruter 15.000 policiers et gendarmes, Benoît Hamon souhaite augmenter les effectifs de 1.000 postes chaque année, tandis qu'Emmanuel Macron mise sur 10.000 postes.

L'ancien ministre de l'Économie veut également créer une police de sécurité quotidienne. Un projet qui peut faire écho à celui de Yannick Jadot, qui prône la création d'une police de proximité. François Fillon veut quant à lui "renforcer le rôle" des policiers municipaux.

Des mesures couplées avec le développement des moyens mis à disposition des forces de l'ordre. L'ancien premier ministre évoque un budget de 12 milliards d'euros pour augmenter les moyens des policiers, gendarmes et militaire. Marine Le Pen veut, elle, moderniser les équipements et bâtiments alors que Jean-Luc Mélenchon veut supprimer l'utilisation des tasers et flash-ball mais milite pour des moyens matériels "suffisants".

La lutte contre les discriminations

Autre sujet sensible : la question des discriminations. Benoît Hamon, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon veulent lutter contre les contrôles au faciès en prônant la mise en place d'un récépissé lors des contrôles d'identité. Ce dernier voulant aller encore plus loin en souhaitant obliger le port du matricule pour les forces de l'ordre

Dans une lettre envoyée à Ville & Banlieue, Jean-Luc Mélenchon affirme vouloir également abolir les ségrégations et lutter contre les formes de racisme, assurer l'égalité réelle et combattre les discriminations fondées sur le genre, le handicap, l'apparence, la couleur de peau, l'âge et l'orientation.

Lutter contre les zones de non-droit

Marine Le Pen souhaite mettre en place un "plan de désarmement des banlieues" et de "reprise en main par l'État de zones de non-droit". Une manière pour la présidente du Front national de cibler "5.000 chefs de bandes". Ces zones de non-droit également évoquées par Emmanuel Macron. Le candidat de "En Marche !" a évoqué des endroits où "l’autorité de l’État doit être tangible".

La mixité sociale, au cœur des problématiques d'éducation

La mixité sociale est l'un des principaux chevaux de bataille d'une partie de la gauche. En cette année présidentielle, le terme revient une nouvelle fois dans les programmes. Via Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, tout d'abord, qui évoquent tous deux l'instauration d'une nouvelle carte scolaire. "Nous combattrons la mise en concurrence des établissements et reviendrons sur toutes les mesures qui visent sous couvert d’autonomie à instituer un marché de l'éducation. Nous affirmons la nécessité d’une politique nationale de l’éducation dans une logique de service public, pour une véritable gratuité et égalité d’accès aux savoirs sur tout le territoire", écrit le candidat de la France insoumise sur son site de campagne.

De son côté, Emmanuel Macron met également l'accent sur l'éducation en voulant mettre fin au système d'école primaire unique. L'une de ses mesures phares vise à revoir l'offre proposée par les établissements scolaires en difficulté afin de "rétablir leur attractivité auprès des élèves les plus favorisés", relaie Libération. Une étude qui n'est cependant pas nouvelle, rappelle le quotidien. À la rentrée 2016, douze projets ont vu le jour. L'ancien ministre de l'Économie met également l'accent sur les jeunes entrepreneurs par le biais d'aides au développement des start-ups.

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2017-02-17 07:00:00
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