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Ukraine-France : pourquoi les Bleus peuvent encore se qualifier pour le Mondial 2014

DÉCRYPTAGE - Au lendemain du match aller en Ukraine, l'enthousiasme des supporters français est douché. Les plus fervents y croient encore, et ils ont raison, même si ce serait un exploit immense.

Didider Deschamps, sélectionneur des Bleus, le 15 octobre 2013
Didider Deschamps, sélectionneur des Bleus, le 15 octobre 2013 Crédit : AFP/F.Fife
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La rédaction numérique de RTL

On ne sait pas si c'était un péché d’orgueil ou une méconnaissance de l'adversaire, mais toujours est-il que l'Ukraine a été considérée comme un excellent tirage pour ces barrages qualificatifs à la Coupe du monde au Brésil. Cette équipe faisait moins peur que le Portugal de Ronaldo, ou la Suède de Zlatan Ibrahimovic, mais vendredi soir elle a fait vivre un cauchemar aux Bleus.

Les hommes de Didier Deschamps ont 4 jours pour renverser la tendance. Est-ce possible? Oui, car les matchs de football sont plein de surprises. Mais attention à ne pas refaire les même erreurs, et à avoir en tête qu'il faudra faire des miracles.

Construire la meilleure équipe, d'abord

Si la défaite en Ukraine est un cataclysme, c'est parce que la France était favorite dans l'inconscient populaire (et médiatique). L'équipe de France compte dans ses rangs des joueurs évoluant dans de grands clubs européens, et forcément, "sur le papier" comme l'a rappelé Karim Benzema après le match, les talents sont censés exister. Mais c'est oublier que depuis le mondial 2006, la France n'a jamais dégagé une puissance collective à même de lui conférer un statut de cador européen.

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Les observateurs et peut être même le staff de l'équipe de France ont oublié que l'Ukraine était un adversaire redoutable pour une équipe à l'efficacité offensive moyenne. La sélection ukrainienne n'a pas encaissé de buts lors de ses huit derniers matchs, et n'a terminé qu'à un seul point de l'Angleterre dans le groupe H.

Un bloc solide, rugueux, proposant un défi physique à ses adversaires lors de chaque rencontre. "A la vue de ce premier match, nous n'étions pas au rendez-vous", analysait après coup Bixente Lizarazu pour RTL."On a été battus pratiquement partout : au niveau des courses, de la récupération du ballon, des duels aériens", résumait Bernard Lacombe toujours sur RTL.

Les deux anciens internationaux ont mis le doigt sur le point essentiel pour une rédemption : mettre de l'intensité et gagner le défi des Ukrainiens pour pouvoir ensuite étaler une supériorité technique. A Kiev, les Français ont fait le contraire, et la gifle fut cinglante.

Mettre les meilleurs, oui, mais à leur vrai place

Didier Deschamps a brouillé les pistes jusqu'au bout quant à la composition de son 11 de départ. Finalement, c'est un 4-2-3-1 classique qui a été choisi, mais le choix des joueurs a paru parfois étonnant. Pogba et Matuidi, par exemple, alignés devant la défense dans un milieu à 2, évoluent dans un milieu à 3 dans leurs clubs, avec un meneur de jeu reculé devant la défense.

Thiago Motta au PSG et Pirlo à la Juve sont les premiers relanceurs, si bien que Matuidi et Pogba sont alors chargés, à la gauche du triangle, d'aller presser très haut et de participer aux attaques.

Face à l'Ukraine, Matuidi était chargé de protéger sa défense, et Pogba de servir de "relayeur", un poste auquel Cabaye évolue sans jamais avoir déçu en sélection. Matuidi a en outre dû couvrir les montées d'Evra, auteur d'un match quelconque. L'Ukraine a d'ailleurs attaqué 40% du temps de ce coté.

En attaque, si Ribéry est installé coté gauche comme au Bayern, quid de Rémy? L'ancien marseillais évolue surtout à gauche à Newcastle, ou dans l'axe, et n'a pas la qualité technique pour déborder et centrer. Il aime la profondeur mais dans un match aussi fermé, il est souvent venu offrir des solutions à Giroud, qui s'est battu pour dévier des ballons. Enfin, le choix de Samir Nasri en meneur de jeu laisse perplexe.

Deschamps devra faire de vrais choix

Le joueur de City a encore trop souvent porté le ballon, mais à sa décharge, il ne joue pas à cette position depuis son arrivée en Angleterre. Que ce soit à Arsenal ou à Manchester, il a évolué sur un coté. Parallèlement, Mathieu Valbuena a, depuis presque deux ans, tenu le jeu des Bleus, sans jamais décevoir dans l'engagement et l'investissement. D'ailleurs, lors de la meilleur mi-temps des Bleus sous Deschamps, en Espagne (1-1), c'est le Marseillais qui avait remis les troupes dans le bon sens.

Le choix de Didier Deschamps s'est avéré sur ce coup basé sur le potentiel, et non pas sur les performances des joueurs. Concernant Samir Nasri, auquel il n'est pas question de reprocher quoi que ce soit, c'est le fantasme du "Petit Prince de Marseille" qui persiste. Un fantasme entretenu par certains cadres du groupe, notamment Franck Ribéry, qui insistait dans les colonnes de L'Equipe sur "l'importance de Samir".

Pourtant, c'est bien "Petit Vélo" qui soulage Ribéry du poids de la création du jeu lorsqu'ils sont alignés ensemble, le Munichois pouvant alors devenir ce formidable dynamiteur de défenses. Il reste 90 minutes pour que Deschamps ose des choses, quitte à ne pas plaire à certains joueurs. Il en va de sa réputation de gagneur, il en va d'une qualification pour le mondial même s'il est sans doute trop tard. Pour créer la révolte, le sélectionneur pourrait peut être tenter une révolution.

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