1 min de lecture Bradley Wiggins

Tour de France - 17ème étape : Valverde imite Millar, Wiggins file vers le sacre

Après David Millar, Alejandro Valverde ! Le coureur espagnol de la formation Movistar, suspendu pour dopage entre mai 2010 et novembre 2011, a remporté la 17ème étape du Tour de France 2012 (sa 4ème sur le Tour) en s'imposant en solitaire au sommet de la montée de Peyragudes, pour la dernière étape de montagne de cette Grande Boucle 2012. Chez les cadors, les deux coureurs de la formation Sky, Bradley Wiggins et Christopher Froome ont confirmé leur suprématie en lâchant tous leurs rivaux, hormis le Français Pinot, dans la dernière ascension de la journée. Et Froome a une nouvelle fois affiché sa supériorité sur Wiggins, s'arrêtant presque pour ne pas le lâcher. Mais c'est bien Wiggins qui va gagner le Tour 2012. Journée réussie pour les Français, avec un maillot à pois quasiment acquis pour Voeckler et une 8ème place au général pour Pierre Rolland. Cadel Evans, lui, a encore pris l'eau.

Alejandro Valverde s'impose à Peyragurdes lors de la 17ème étape du Tour de France 2012
Alejandro Valverde s'impose à Peyragurdes lors de la 17ème étape du Tour de France 2012 Crédit : AFP/P.Pavani
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Valverde : "Elle efface tout le passé"


Alejandro Valverde reste un grand champion. L'Espagnol, 32 ans, au palmarès long comme le bras, l'a rappelé jeudi en s'adjugeant, en solitaire, la 17ème étape du Tour de France 2012, au sommet de Peyragurdes. Comme David Millar lors de la 13ème étape, c'est un autre ancien banni qui brille sur une étape de la Grande Boucle.

"Je suis très ému par cette victoire, lâché Valverde à l'arrivée. Elle efface tout le passé. Ce Tour a été très difficile, pour moi et pour l'équipe. On a renoncé au classement général pour privilégier les étapes. Je suis tombé trois fois en deux jours. Je m'en suis ressenti sur tout le corps. Dans le final, je savais que Wiggins et Froome étaient derrière moi. J'y suis allé à fond." 
 
L'Espagnol,  âgé de 32 ans, est revenu cette saison dans le peloton après avoir purgé tardivement une suspension de deux ans. Le Murcian a été suspendu en mai 2010 par le Tribunal arbitral du sport (TAS) pour son implication dans l'affaire Puerto, un vaste réseau de dopage sanguin démantelé en 2006 en Espagne.

Vainqueur de la Vuelta 2009, Valverde a remporté de nombreuses courses par étapes (Dauphiné 2008 et 2009, Tour de Catalogne 2009, etc.) et des classiques (Liège-Bastogne-Liège 2006 et 2008, Flèche Wallonne 2006, Clasica San Sebastian 2008). Dans le Tour de France qu'il n'avait plus disputé depuis 2008, Valverde a gagné pour la quatrième fois une étape. Il s'est classé 6e en 2007.

Victime de la chute massive sur la route de Metz (6e étape), le vainqueur du jour a été distancé à plusieurs reprises dans la première moitié du Tour et a reporté son objectif du classement général à un succès d'étape de prestige, le deuxième pour un coureur espagnol depuis le départ après celui de Luis Leon Sanchez dimanche à Foix. 

Nibali prié d'arrêter son effort

Présent au sein de la première échappée de 7 coureurs (Voeckler, Kessikoff, Martinez, Péraud, Casar, Valverde, Costa), Valverde a bien géré les arrivées de 10 éléments supplémentaires dans le groupe de tête (Azanza, Izagirre, Stortoni, Kadri, Hoogerland, ten Dam, Plaza, Vinokourov, Leipheimer, Weening).

Une échappée dans laquelle figurait initialement Vincenzo Nibali, 3ème du classement général, revenu sur la tête après une descente du col de Mente de folie. Mais l'Italien a été prié, par Valverde himself, de stopper son effort pour ne pas compromettre les chances des fuyards
. Dommage même si Nibali était surement trop loin de l'arrivée pour espérer faire peur au duo de la Sky.

Voeckler à pois, Rolland et Pinot assurent

Petit à petit, les plus forts ont fait la différence et Valverde, encore candidat au Top 5 sur le Tour il y a peu, a fait la différence, lâchant un à un ses adversaires. Le coureur espagnol s'est présenté au pied de la montée finale, en deux temps, vers le col de Peyresourde d'abord, puis jusqu'à Peyragudes, avec deux minutes et demie d'avance sur le peloton. Son avantage a fondu ensuite sous l'effet des accélérations (Van den Broeck, Wiggins, Froome).  Le Français Thomas Voeckler, parti dans l'échappée du jour avec le Suédois Fredrik Kessiakoff, a assuré pour sa part son maillot à pois de meilleur grimpeur face à son rival.

Thomas Voeckler, héros de la veille, a confirmer le maillot à pois du meilleur grimpeur, qu'il ramènera à Paris, sauf chute. Tout en calcul. "Je suis parti avec une calculette dans la tête et une tactique bien précise", a expliqué le Français. "Mercredi, à aucun moment je ne me suis dit que c'était gagné, conscient du travail qu'il restait à faire. Ce n'était pas très beau, pas très sport, je suis resté dans la roue de Kessiakoff mais je n'avais pas le choix. Et cette stratégie est payante", a conclu le Tricolore, ravi à l'idée d'être présent sur le podium final du Tour sur les Champs-Elysées, comme porteur du maillot de meilleur grimpeur.

Cette 17ème étape, outre le maillot à pois de Voeckler, a permis à Pierre Rolland et Thibaut Pinot (4e et 5e de l'épreuve) d'appeler une preuve supplémentaire de leur très grand talent. Le coureur Europcar, qui termine à quelques secondes du duo Froome-Wiggins, grimpe à la 8ème place du classement général alors que la révélation de la FDJ-BigMat, 22 ans, a terminé l'étape dans la roue de Wiggins, après avoir tenté plusieurs attaques dans la dernière ascension de la journée. Sacrément costaud.

"C'est super !, s'est enthousiasmé Pinot à l'arrivée. Je récupère plutôt pas mal, je suis encore là après plus de deux semaines de course. Ce matin, ça allait mieux que la veille, il fallait que je tente quelque chose. Ce qui me bloque, c'est le chrono de samedi. Il faudra que je limite la casse." 

Le plus fort, c'est Chris Froome !

Au final, Valverde a préservé une vingtaine de secondes d'avance sur Christopher Froome, énorme dans la dernière montée. Le "Kényan blanc", deuxième du général, attendant à plusieurs reprises son leader Bradley Wiggins, maillot jaune. Nibali et les autres lâchés, Froome a continué d'accélérer, distançant de plusieurs mètres son leader.

A trois reprises, Froome a accéléré pour mettre son leader en difficulté, puis pour se retourner et l'encourager. Lui fallait-il à ce point montrer qu'il était plus fort que lui dans les ascensions, quitte à donner l'impression de l'humilier ?

"Je me sentais très bien, a pourtant admis Bradley Wiggins. Au sommet de Peyresourde, c'est la première fois depuis le départ que je me suis dit 'j'ai peut-être gagné le Tour'. J"ai parlé avec Froome ensuite et la concentration s'est envolée dans la montée finale. J'ai pensé à ma famille, à tous ceux qui m'ont aidé. Chris m'a dit 'allez, allez'. Mais j'étais dans un autre monde. Depuis le début, on a roulé en équipe. Chris est un super coéquipier. Il peut gagner le Tour un jour, c'est sûr. Peut-être est-il plus fort que moi en montagne. Je ne suis pas un vrai grimpeur, je suis un 'chronoman' qui grimpe." 

Certes, Froome, en accélérant dans le final, avait sans doute en tête de creuser l'écart sur Vincenzo Nibali et de conforter sa deuxième place au général. Il a également accentué la souffrance de Cadel Evans, le vainqueur du Tour 2011, à nouveau distancé, à 8,5 kilomètres de la ligne qu'il a franchie avec plus de deux minutes de retard en compagnie de Janez Brajkovic, l'autre victime du Top 10.

Wiggins : "Lui est resté dans l'ombre, c'est différent"

L'attitude de Froome n'a rien retiré rien au sourire de Wiggins sur la ligne d'arrivée
, tellement heureux de se dire qu'il devrait bien être le premier Britannique vainqueur du Tour.  Cette étape l'a sans doute conforté dans son désir, exprimé en fin de saison dernière, de voir Froome rester à ses côtés malgré de très nombreuses sollicitations.  Durant tout le Tour d'Espagne 2011, Wiggins avait déjà pu mesurer toutes les qualités de son compatriote et avait compris qu'il serait moins dangereux avec lui que face à lui. Froome aurait pu gagner le Tour s'il avait porté un maillot différent mais Wiggins a souligné justement la différence entre le statut de leader et celui d'équipier, répondant par les mots à ce que son coéquipier lui avait fait subir sur la route.

"Bien sûr que Chris pourrait gagner le Tour mais il ne s'agit pas seulement d'une course de trois semaines", a-t-il dit. "C'est toute une année de stress et de pression. Lui est resté dans l'ombre, c'est très différent.", a lâché Wiggins à l'arrivée.

 L'image a laissé une impression de frustration chez Froome, qui avait déjà été rappelé à l'ordre après avoir attaqué dans la 11e étape, à trois kilomètres de l'arrivée à La Toussuire, au lieu de rester aux côtés de Wiggins. Depuis, les deux hommes et toute l'équipe Sky s'étaient attachés à assurer qu'ils poursuivaient le même objectif - le sacre de Wiggins.Au final, Wiggins conserve deux minutes et cinq secondes d'avance sur Froome, deuxième, avant les trois dernières étapes - deux en plaine et un contre-la-montre, exercice dans lequel le maillot jaune excelle.

Franchement monstrueux et franchement dérangeant pour Wiggins, Froome avait largement de quoi jouer la gagne sur cette Grande Boucle 2012. Mais la victoire était promise à Wiggins. Une victoire au rabais ?

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