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Tennis : le début de la fin pour Rafael Nadal ?

L'inquiétude grandit autour de l'avenir de Rafael Nadal. Absent des courts depuis le mois de juin en raison de deux genoux en piteux état, l'Espagnol, 11 titres du Grand Chelem dans la besace (dont un record de 7 à Roland-Garros), qui devait faire son retour à Abou Dhabi puis à l'Open d'Australie, doit prolonger son arrêt, la faute, dit-on, à un virus intestinal ne permettant pas au Majorquin de se présenter directement par un tournoi du Grand Chelem. Reverra t-on un jour à son top le meilleur terrien de l'histoire ?

Rafael Nadal
Rafael Nadal Crédit : AFP / Emmanuel Dunand

A 26 ans, Nadal a TOUT gagné

Rafael Nadal n'a que 26 ans. Mais presque déjà dix ans de circuit ATP dans les pattes. Précoce et prodige, l'Espagnol a tout gagné. Open d'Australie, Roland-Garros, Wimbledon, US Open, Coupe Davis, JO, records de victoires en Masters 1000 (à égalité avec un certain Suisse), première place mondiale : rien, depuis 2002, n'a échappé au tennis du Taureau de Manacor. Mieux que Roger Federer, à qui il manque un succès en Coupe Davis et une médaille d'or en individuel aux JO. Et pourtant, aujourd'hui, le Suisse, "malgré" ses 31 ans, continue d’enchaîner les saisons bien remplies. Tout l'inverse de Rafael Nadal, dont le forfait pour l'Open d'Australie, après 8 mois d'absence, interpelle. Faut-il s'en inquiéter ?

Forcément oui. Nadal, qui possède un bilan positif (64% de victoires contre Federer, 57% contre Djokovic, 72% contre Murray) contre tous les cadors du circuit (seul Davydenko a un ratio positif face à Rafa), a basé son jeu sur un élément moteur : une intensité physique hors-normes. Présent sur toutes les balles, tous les coins du court, jusqu'à l’écœurement de son adversaire. Élevé à l'école espagnole, sur terre-battue, "Rafa" s'est toujours astreint un travail physique de premier ordre. Mais aujourd'hui, ses articulations en paient le prix. Un tribut très lourd pour un joueur déjà largement handicapé par plusieurs blessures depuis le début de sa carrière, alors que Roger Federer (qui n'a jamais abandonné le moindre match en carrière) ou Novak Djokovic (désormais) passent depuis des années à travers les gouttes.

Des pépins dès 2005

Mais à force de faire l’essuie-glace en fond de court, à épuiser ses genoux par des coups dantesques sortis en bout de course les genoux aux sols, Nadal a largement entamer un patrimoine physique à la base fabuleux. Et cette fois, son mental de guerrier n'y peut rien. Et l'usure ne date pas d'aujourd'hui. Dès 2005, le Majorquin avait admis avoir abandonné le footing (pour privilégier le rameur, la nage ou encore le vélo) dans sa préparation pour préserver des pieds déjà meurtris par une puissance physique de premier plan. En 2009, ses genoux, déjà, l'avaient obligé à stopper les frais pendant trois mois, après l'unique défaite de sa carrière à Roland-Garros face à Soderling.

Si Nadal avait ensuite enchaîné sur une saison 2010 grandiose (après un autre arrêt en début de saison) marquée par trois succès en Grand Chelem, son physique, lui, avait déjà commencé à lui causer des migraines. Ses affrontements monstrueux face à Federer puis face à Djokovic en 2011 et 2012 finissant le travail. Après un 7ème sacre record à Roland-Garros en juin, après une nouvelle saison de domination sur surface ocre (hormis à Madrid la bleue), Nadal, longtemps en première ligne au syndicat des joueurs pour un calendrier moins chargé, a rechuté, s'inclinant à Wimbledon face à l'inconnu Lukas Rosol avant de disparaître des radars, en raison de sérieux problèmes d'une rupture partielle du tendon rotulien.

Hoffa ou usure physique naturelle ?


Car oui, Nadal a un problème. Et ce problème : la maladie de Hoffa, à savoir une inflammation d'une accumulation de graisse qui se situe à l'intérieur du genou, juste derrière le tendon rotulien. Logiquement, ça se traite avec du repos et des anti-inflammatoires. Mais, quand la maladie devient chronique, comme c'est le cas chez Nadal, il faut sortir le bistouri et effectuer une ablation chirurgicale d'une partie de la graisse à l'origine du problème. Jusqu'à présent, le clan espagnol a toujours réussi à éviter l'opération. Mais à quel prix ?

Nadal, qui a raté les Jeux olympiques 2012 (il devait être le porte-drapeau espagnol), l'US Open et de la finale de la Coupe Davis (perdue par l'Espagne face à la République tchèque), a été obligé de s'éloigner des courts pendant six mois. Et, alors que l'on croyait son retour acté pour la fin du mois de décembre, un virus intestinal est venu perturber son planning de rentrée, l'obligeant à renoncer à disputer l'Open d'Australie, en expliquant que reprendre sur un Grand Chelem après un long arrêt et après une préparation tronquée ne semblait pas une bonne idée.

Le clan Nadal cache t-il un problème plus grave ?


Que cache ce nouveau contre-temps ?  Si Nadal a annoncé un retour sur la terre battue d'Acapulco (25 février au 3 mars), se voulant rassurant sur l'état de ses genoux "Mes genoux vont beaucoup mieux et la rééducation s'est bien passée, ainsi que le prédisaient les médecins. Mais ce virus ne m'a pas autorisé à m'entraîné la semaine dernière. J'ai toujours dit que mon retour à la compétition s'effectuerait quand je serai vraiment en mesure de jouer. Après autant de temps loin de la compétition, je préfère ne pas me précipiter et faire les choses correctement".

Les propos sont rassurants. Et pourtant, certains s'inquiètent et estiment que la carrière de Rafael Nadal est plus proche de la fin qu'autre chose. Le clan Nadal cache t-il une vérité plus noire ? Le genou a t-il de nouveau lâché après un gros travail physique pour revenir ? A 17 jours de l'Open d'Australie, peut-on vraiment renoncer pour un simple virus ?

Les terriens et l'usure physique...

Tout le monde s'interroge et se rappelle les trajectoires de nombreux joueurs espagnols (et aussi argentins) de ces 15 dernières années. Souvent précoces et rapidement usés. Bruguera, Moya, Coria ou encore Ferrero. Tous ont brillé avant de décliner rapidement après 25 ans. Leur style de jeu, usant physiquement et mentalement, n'y étant pas étranger.

Nadal, qui se laisserait la saison sur terre battue pour envisager la suite, n'est pas encore dans cette trajectoire mais les signaux sont inquiétants. Et puis, devant un Nadal moins serein et au dessus duquel plane cette usure physique, les autres joueurs du circuit vont commencer à se dire que la porte est ouverte. A Rafa de très rapidement prouver le contraire. Sous peine de rejoindre un certain Bjorn Borg dans le club des "retraités précoces".












Au stand depuis six mois à cause d'une blessure à un genou, le plus long arrêt de sa carrière, l'Espagnol s'est donné jusqu'à Monte-Carlo en avril pour revenir en forme. Ce n'est qu'après la saison sur terre battue qu'on saura s'il est vraiment redevenu lui-même.

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Rafael Nadal Tennis US Open
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L'inquiétude grandit autour de l'avenir de Rafael Nadal. Absent des courts depuis le mois de juin en raison de deux genoux en piteux état, l'Espagnol, 11 titres du Grand Chelem dans la besace (dont un record de 7 à Roland-Garros), qui devait faire son retour à Abou Dhabi puis à l'Open d'Australie, doit prolonger son arrêt, la faute, dit-on, à un virus intestinal ne permettant pas au Majorquin de se présenter directement par un tournoi du Grand Chelem. Reverra t-on un jour à son top le meilleur terrien de l'histoire ?
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2012-12-29 15:03:00
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