1 min de lecture Jo-Wilfried Tsonga

Tennis - Exil fiscal : Tsonga et Bartoli s'expliquent

Comme Julien Benneteau et Gilles Simon vendredi dans l'Equipe, Jo-Wilfried Tsonga, en pleine préparation de l'Open d'Australie qui débute lundi, s'est défendu samedi après la polémique sur l'exil fiscal en Suisse des meilleurs tennismen français, en pleine affaire Depardieu et après la décoration des médailles tricolores aux JO de l'Ordre National du mérite. Avec une question : les tennismen français méritent-ils la reconnaissance de la nation tout en vivant en Suisse pour échapper au régime fiscal hexagonal ? Tsonga répond aux critiques. De même

Jo-Wilfried Tsonga
Jo-Wilfried Tsonga Crédit : AFP/D.Pozo

"230.000 euros d'impôts pour 47 jours de présence"

10 676 927 dollars (8 millions d'euros). Le total des gains remportés par Jo-Wilfried Tsonga sur le circuit professionnel depuis ses débuts en 2004 laisse rêveur. Et encore, on ne compte pas les divers revenus liés au sponsoring et à la publicité. Pourtant, depuis 2008, Jo-Wilfried Tsonga, le numéro un français, a décidé d'aller vivre en Suisse, où le régime fiscal est moins contraignant pour les gros revenus qu'en France.

Après avoir été décoré de l'Ordre National du mérite pour sa médaille d'argent en double aux JO de Londres par un gouvernement Ayrault visiblement plus tatillon envers Bernard Arnault ou Gérard Depardieu que vis à vis des sportifs, Jo-Wilfried Tsonga a du répliqué aux critiques sur son exil fiscal.

Vendredi dans l'Equipe, Julien Benneteau et Gilles Simon avaient décidé d'évoquer leur exil en Suisse pour répondre aux accusations qui présente les tennismen comme plus intéressés par leur fortune personnel que par l'intérêt général. Samedi, en conférence de presse en Australie, Tsonga  a lui aussi tenu à s'expliquer.
   
"Je me suis acquitté de 230.000 euros en 2011 pour quarante-sept jours de présence sur le territoire français, affirme Tsonga, visiblement agacé. Un calcul effectué à partir de mes seuls revenus provenant de Roland-Garros, Bercy, Marseille, Metz et de la Coupe Davis". Tsonga a ensuite précisé qu'un prélèvement à la source était à l’œuvre sur les tournois disputés à l'étranger.

"J'ai le droit d'habiter où je veux"

Le 8ème joueur mondial ne digère pas les critiques, le présentant comme un "mauvais français". "On dit qu'on est exilé fiscal mais j'ai le droit d'habiter où je veux", a-t-il lâché. "Je crois que les gens n'ont pas tous les éléments pour juger. Je voyage beaucoup à travers le monde et j'ai l'impression de donner une image positive de mon pays, de faire mon devoir."

Trouve t-il normal d'être décoré par l'Etat français quand on stigmatise l'attitude de Gérard Depardieu, parti en Belgique, puis en Russie, pour échapper au fisc français et anticiper la mise en place d'une taxation record voulue par François Hollande (75%, même si le Conseil constitutionnel à récemment retoqué le projet, jugé "confiscatoire") ?

"Dernièrement, j'ai été listé pour recevoir la Légion d'honneur et beaucoup de gens ont trouvé cela scandaleux. Moi, quand je me regarde dans la glace, je n'ai pas forcément besoin d'une médaille pour savoir si ce que je fais est bien ou pas. On me la décerne pour avoir remporté une médaille olympique. Mon oeuvre, ce n'est pas forcément cette médaille olympique. Mon mérite, c'est aussi de bien représenter mon pays ou de sauver des enfants via mon association", a-t-il plaidé, en référence à "Attrap' la balle", un projet qui permet de venir en aide aux enfants défavorisés en France mais aussi au Congo, le pays de son père.

"Il y a la peur du manque"

Mais est-il vraiment à plaindre au point de fuir le régime fiscal français ? "Je ne veux pas dire combien il m'en reste une fois tous les impôts ponctionnés. Je n'ai pas à me plaindre mais je l'ai gagné à la sueur de mon front. Je ne vais pas refuser ce qu'on me donne. Je ne viens pas d'un milieu très riche. Mes parents étaient professeurs. Il y a la peur du manque."

Le manque donc et aussi la peur de l'avenir d'un Tsonga  qui se définit comme étant son propre chef d'entreprise. "Si demain je me blesse, je n'ai plus rien. Je ne suis pas salarié d'un club, comme un footballeur ou un basketteur. Je cotise pour la Sécurité sociale et la retraite, pour lesquelles je n'aurai pas droit. Quand je vais chez le dentiste pour une carie, je paie 500 euros."
 
Espérons pour lui que les dents iront bien  pour son entrée en lice à l'Open d'Australie face à un certain Michaël Llodra, paradoxalement l'un des rares joueurs tricolores à être domicilié en France. Après, quand même, un petit crochet par la Suisse il y a quelques années.

Bartoli : "Les carrières sont courtes"

Résidente suisse comme Jo-Wilfried Tsonga et bon nombre de joueurs français, Marion Bartoli a elle aussi livré son sentiment sur son statut d'exilée fiscale, jugeant "normal que les gens se posent des questions". "Je sais que je suis privilégiée, je ne me plaindrai jamais. Mais il y a des réalités. Je paie des impôts en France mais je ne peux pas donner tout. En 2011, j'ai payé 100.000 euros d'impôts pour vingt-et-un jours de travail (à Roland-Garros et Strasbourg). Je trouve que c'est assez important."

Soulignant son statut de "travailleuse indépendante", elle rappelle que "les carrières sont courtes" et qu'il faut pouvoir "se mettre à l'abri". "Quand je vais arrêter ma carrière, il n'y aura plus personne qui viendra me faire un chèque à la fin du mois."





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