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Tennis : exilés fiscaux en Suisse, Benneteau et Simon se défendent

Les tennismen français méritent-ils la reconnaissance de la nation ? La remise de l’Ordre National du mérite par le gouvernement Ayrault à Richard Gasquet, Jo-Wilfried Tsonga et Julien Benneteau, médaillés olympiques l'été dernier à Londres, a provoqué une polémique. Avec un question ? Peut-on décorer des citoyens français qui décident de partir s'installer à l'étranger (et en Suisse) pour échapper au régime fiscal français ? Montrés du doigt, Julien Benneteau et Gilles Simon (lui aussi installé chez les Helvètes), se défendent vendredi dans l'Equipe.

Julien Benneteau en janvier 2013
Julien Benneteau en janvier 2013 Crédit : AFP/G.Wood

Benneteau : "On ne devrait pas nous laisser faire ça"

"Nous ne sommes pas des Depardieu, des chanteurs ou des patrons du CAC 40". Julien Benneteau, interrogé par l'Equipe de jeudi, tente de se défendre face à la polémique. Comme Tsonga et Gasquet (et aussi Llodra, ancien exilé fiscal revenu en France), Benneteau a été fait chevalier de l'ordre national du mérite, ainsi que la quasi-totalité des médaillés olympiques tricolores (le perchiste Renaud Lavillenie n'a pas été décoré, son casier n'étant pas vierge, comme...Nikola Karabatic).

Problème, Benneteau et ses trois acolytes ne paient pas leurs impôts en France. Résidents suisses, ils échappent à un système fiscal français bien plus contraignant pour les gros revenus. Et en pleine affaire Gérard Depardieu, la décoration des "trois mousquetaires" a remis la lumière sur cette habitude prise par les tennismens français depuis les années 80. "Je mentirais si je disais que je suis 100% à l'aise sur ce sujet, reconnait d'ailleurs Julien Benneteau. Quelque part, on ne devrait pas nous laisser faire ça, mais les gens nous jugent sans avoir tous les éléments pour le faire"

"Pas de Sécu ni de retraite"

Et donc ? "On est des sportifs individuels et notre carrière ne dépasse pas 10 ans, se défend le Bressan, presque 5 millions d'euros de gains en carrière plus divers contrats de sponsoring. Si on se blesse six mois, on gagne zéro, l"assurance couvre à peine les frais. On n'a pas un contrat de quatre ans dans un club qui nous garantit quoi qu'il arrive un salaire"

Benneteau explique ensuite les spécificités des revenus dans le tennis. "Moi, 80% de ce que je gagne, je le gagne hors de France et hormis au Qatar et à Dubaï, on paie à la source 25 à 30% d’impôts sur tout ce qu'on gagne à l'étranger. Ensuite, on est soumis à l'impôt français sur nos gains en tournoi en France et en Coupe Davis et sur nos contrats de sponsoring et d'images. Et les gens ne savent pas mais une saison complète nous coûte de 100.000 à 150.000 euros. Et on ne bénéficie ni de la retraite, ni de la Sécu, ce qui est normal"

Simon : "Chacun a son seuil de tolérance, moi c'est 50%"

Voilà pour le topo. Mais quand même, il reste beaucoup de sous derrière non ? "Aller en Suisse répond chez nous à un sentiment d'inquiétude", explique Gilles Simon, lui aussi exilé en Suisse.J'aimerais bien voir ce que feraient les gens qui nous jugent si ils avaient le choix. Moi, en 2006, après ma première année pro, j'ai payé 75% d'impôt en France. Oui 75%. La tranche de 45% et le reste en Ursaff, retraite et autres cotisations" Pour Simon, c'était trop. "Chacun a son seuil de tolérance, moi c'est 50%. A 75% c'est confiscatoire", estime Simon, qui a visiblement suivi de très près la décision du Conseil constitutionnel, qui a retoqué le projet de taxe à 75% de François Hollande.

Dans la lignée des Forget et Noah, les premiers exilés fiscaux récemment entendu au Sénat lors d'une commission d'enquête sur l'évasion fiscale, Gilles Simon a choisi la Suisse. Et, plus que Benneteau, il l'assume. "Moi, j'assume et je suis à l'aise parce que j'ai toutes les données techniques en main. Je n'aurais aucun problème à débattre avec ça, en allant au fond des choses, sinon, ça ne sert à rien".

Une proposition courageuse de Simon alors qu'on attend toujours les réactions de Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga même si ce dernier a simplement répondu à un tweet accusateur de Pierre Salviac, avec un gazouilli sybillin : "Je ne suis pas parfait mais, avant de pointer les autres du doigt, vérifie bien que tes mains sont propres".  Pour les mettre dans des poches pleines ?

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2013-01-11 11:38:00
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