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Raymond Domenech sur RTL : "Je me suis réinstallé dans la vie"

Dix huit mois après le triste épilogue, lors du Mondial en Afrique du Sud, de son aventure à la tête de l'équipe de France de football, Raymond Domenech sort en opartie de son silence en acceptant l'invitation de RTL et de Christophe Hondelatte lundi dans RTL Soir.

Raymond Domenech s'est confié au micro de Christophe Hondelatte lundi soir sur RTL
Raymond Domenech s'est confié au micro de Christophe Hondelatte lundi soir sur RTL Crédit : RTL

Pourquoi un tel silence depuis la Coupe du Monde 2010 ?

"C'est le moment de rentrer dans la vie, ce que je fais depuis quelques temps. Le métier de sélectionneur est quelque chose de particulier. J'ai vécu six ans extraordinaires, à la fois merveilleux et frustrant".

"Je me suis réinstallé dans la vie, je m'occupe des gamins le mercredi. J'ai des projets. Ce métier là fait que l'on vit forcement un peu différemment. Il fallait laisser retomber un petit peu. Je vis du foot, avec le foot. C'est une passion. Je continue à suivre l'équipe de France, à être un supporter. C'est un vrai bonheur. Il n'y a pas beaucoup de gens qui regardent beaucoup plus de matchs que moi à la télé"

Reviendra t-il un jour sur les évènements de Knysna ?

"Pour le moment, rien. Ce n'est pas encore d'actualité. L'équipe de France a  une échéance, à l'Euro. Il faut laisser le temps à Laurent Blanc de préparer son équipe, de se construire. Ce n'est pas à moi de faire les bilans. L'équipe de France n'a pas de temps. Elle est intemporelle. Tous ce qui l'ont aimé doivent l'accompagner. Je suis dans ce registre là"

"Peut-être qu'un jour, j'en parlerais. Ce sera une histoire. Mais je n'ai pas envie maintenant, ce n'est pas mon registre. Il y a eu quelque chose. Les joueurs peuvent en parler. Chacun l'a vécu à sa manière. J'ai eu ma vision mais je ne veux pas rentrer dans ces débats là."

"Mais un entraineur est toujours responsable de ce qui se passe. En 2006, j'étais responsable d'une part de ce qui s’est passé. En 2010, pareil. Mais personne ne peut quantifier la part dans un succès et dans l'insuccès."

A t-il eu l'impression d'être détesté après le Mondial 2010 ? Déteste-il les journalistes ?

"Je ne me suis pas posé ce genre de questions. Je vis, je rencontre des gens. Je ne raisonne pas comme ça. Je vois le volet de la vie de tous les jours. Les gens qui s'engagent dans ce métier d'entraineur, si ils ne prennent pas un peu de hauteur, ils sont morts.Un entraineur, ça vit aux résultats, à la semaine. Un jour, on est extraordinaire, et le lendemain, on est pire que tout. On le sait. Il faut du détachement, du recul, de la sérénité. Sinon, on ne fait pas ce métier"

"Je prends le métro, je vais au supermarché. Je vis normalement. Je n'ai que des gens qui me serrent la main, qui veulent faire des photos, qui me soutiennent".

"Je ne déteste pas les journalistes. C'est une légende. La preuve (NDLR : sa femme, Estelle Denis, est journaliste). Ça serait compliqué. J’exerçais un métier où on ne peut pas être ami avec un journaliste. Je sais que c'est un métier compliqué. On n'a pas les mêmes points de vues. Moi j'accepte certaines choses mais pas que l'on mette en doute mon honnêteté, mon intégrité. Qu'on dise que le match est pas bon ou que l'on aurait du jouer autrement, je l'accepte. Il faut arrêter cette idée que je suis en opposition avec les médias".

"La communication devient uniforme. Il y a tellement de monde qui veut avoir une information... La moindre phrase prend des proportions incalculables. C'est le succès du foot qui veut ça"

Le conflit financier avec la FFF après son licenciement, son avenir sur un banc de touche

"Avec Mr Le Graët  (le président de la FFF depuis juin 2011), nous avons trouvé un arrangement. Ça a été soldé. Mr Le Graët a compris qu'une situation conflictuelle qui durait n'était pas une bonne chose. Pour moi c'était mieux, pour la fédé aussi et pour le football aussi".

"J'ai toujours la passion du football. L'entrainement, le management. J'ai été formateur d'entraineur. J'ai toujours adoré. Travailler avec un jeune qui débute pour lui éviter quelques erreurs majeures, c'est possible"

"Mon rêve, c'est le deuxième club parisien. Il y a un seul club à Paris, pour 10 à Londres, 2 à Barcelone, 2 à Madrid. Avoir une rivalité dans la même ville entre deux clubs parisiens, cela serait bien. Je pourrais même les prendre en CFA ou en DH si le projet est bon."

L'arrivée des Qataris au PSG

"Le monde footballistique ne se plaint pas. Manchester City, qui était un club moyen, est devenu un grand d'Angleterre, ça a été fait de la même manière. Petit à petit, on investit en France."

"Paris, c'est une image. Que Paris ne soit pas encore un grand club européen, c'était une anomalie dans le football. Tous les gens du football ne peuvent que se réjouir."

"On ne voit pas ça comme de l'argent. C'est se mettre à égalité avec la concurrence. Ce qui est valable en Espagne, en Italie et en Angleterre, avec les déficits et les subventions, cela nous pénalise. On n'a pas les moyens des autres. On essaie de rétablir, de manière honnête la situation avec des gens qui veulent mettre de l'argent pour se faire de la promotion. Pourquoi  protester et pourquoi serions nous toujours moralisateurs ?"

"Si on veut qu'un club français soit champion d'Europe, il faut accepter ça. Sinon, on reste entre nous, on fait notre petit championnat et tout le monde sera content. Bravo".

Une reconversion vers le cinéma, le théâtre, à la Cantona ?

"On est fait pour quelque chose, moi, c'est le foot. J'aime le théâtre, mais ce n'est pas mon métier. Je peux faire occasionnellement un truc pour me faire plaisir mais ce métier d'acteur, il ne faut pas le galvauder, c'est un vrai métier. On ne peut pas arrêter du jour au lendemain".

Et une reconversion en politique ?

"On ne m'a pas proposé mais c'est dommage parce que là, j'aurais peut-être dit oui... Je suis à tendance de gauche, dans le sens du partage, de l'équilibre. Gauche et droite,  maintenant, on ne sait plus trop ce que cela veut dire. Le candidat qui me propose de faire un gouvernement centré autour du sport parce que le sport touche l’éducation, la santé, le ministère de l'Intérieur pour les incivilités. Moi, je le mettrais en premier. Le sport est un vecteur extraordinaire de socialisation. Mettons les gens aux sports dès le plus jeune âge. Dans les écoles primaires, ce sont les institutrices qui font la gym alors qu'elles ne sont pas formées pour ça. Il faudrait intégrer des éducateurs. Le priorité, c'est le développement de notre jeunesse".

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Raymond Domenech sur RTL : "Je me suis réinstallé dans la vie"
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Dix huit mois après le triste épilogue, lors du Mondial en Afrique du Sud, de son aventure à la tête de l'équipe de France de football, Raymond Domenech sort en opartie de son silence en acceptant l'invitation de RTL et de Christophe Hondelatte lundi dans RTL Soir.
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2012-01-03 10:30:00
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