1 min de lecture Tom Boonen

Paris-Roubaix : Turgot entre dans la cour des grands

Allongé dans l'herbe, Sébastien Turgot, l'équipier de Thomas Voeckler dans l'équipe Europcar, ne réalise pas encore : il vient de décrocher la 2ème place de Paris-Roubaix, pour un millième de seconde, gagnant au passage ses galons de spécialiste des classiques. Quelques secondes plus tard, assis, son vélo jeté à côté de lui, le Limougeaud de 27 ans est toujours furieux. Il est encore persuadé d'avoir été passé sur la ligne par Alessandro Ballan, le leader de l'équipe BMC, et sous le coup de la colère il fait référence sans fioriture à la mère de l'Italien... Puis un membre de son équipe le rassure : il est 2ème de la course, loin derrière le roi Boonen, pas 2ème du sprint. Un sourire traverse alors son regard : "Je suis défoncé", lâche t-il...

Studio RTL
Nicolas Georgereau et Hervé Weugue

"Tu peux y aller, les mecs sont limite"

Sébastien Turgot est le premier Français à monter sur le podium de la classique nordiste depuis Frédéric Guesdon en 1997. Il raconte, encore maculé de la poussière des pavés, cette emballée finale et ces trois rayons cassés en prenant la roue de l'Espagnol Juan Antonio Flecha. "Ça frottait sur les patins, mais j'ai tout donné pour aller jusqu'à la ligne. J'ai fait un peu de piste, ça m'a aidé. Deuxième de Paris-Roubaix, c'est génial".
  
En s'essuyant le visage, il revient sur la course. Dès le départ, il se sentait bien : "Je n'avais aucune pression. Et quand les kilomètres défilent et que tu vois que les jambes sont là..."
  
Les secteurs pavés défilent, Sébastien Turgot est toujours aux avant-postes. Il discute avec Sylvain Chavanel, le spécialiste français des classiques, coéquipier de Tom Boonen : "Il m'a dit, si tu veux, commence à attaquer, tu peux y aller, les mecs sont limite". 
  
"Les flandriennes sont des courses pour moi"
  
Mais ces efforts vont se payer. "J'ai tenté de loin, même de trop loin (NDLR : à environ 60 km de l'arrivée), j'ai grillé des cartouches. J'ai eu un coup de moins bien, mais sur la fin c'est revenu, j'étais motivé à 100 %, et dans l'oreillette on me criait que je pouvais jouer le podium", explique celui dont la meilleure "perf" jusque-là était une 3e place lors du Paris-Tours 2008.
  
"Avec Terpstra (NDLR: un équipier de Boonen), on est revenu, et là, sur le vélodrome, j'ai tout donné dans le dernier virage, même si j'avais des crampes, et comme j'ai fait un peu de piste ça m'a un peu aidé pour le sprint final", explique-t-il, sans se satisfaire de ce résultat: "Maintenant, j'ai encore une place à franchir, maintenant il faut compter sur moi."

"Aujourd'hui, je réalise que les flandriennes sont des courses pour moi, maintenant, il faut travailler pour gagner, et les flandriennes, ce n'est pas que Paris-Roubaix", insiste Turgot, 26ème au Tour des Flandres, déjà gagné par Boonen, une semaine plus tôt : "J'étais super bien, mais j'ai cassé une roue, les circonstances de course ont fait que je n'ai pas pu faire une super place."

"Mais dans les classiques, il faut avoir de la réussite aussi, un peu de chance", relativise aussitôt Turgot: "La saison passée, par exemple, j'ai eu zéro réussite, et c'est pour ça qu'aujourd'hui c'est une récompense pour moi,  et c'est super pour Jean-René (NDLR: Bernaudeau, le manager général d'Europcar). C'est une revanche pour l'équipe."

(avec AFP)

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