1 min de lecture Mourad Boudjellal

Mourad Boudjellal sur RTL : "C'est une punition d'école, c'est stupide"

Suspendu 130 jours par la commission de discipline de la Ligue nationale de rugby (LNR) pour avoir tenu des propos grossiers contre l'arbitrage (il avait déclaré le 8 janvier avoir été victime d'une "sodomie arbitrale"), Mourad Boudjellal, le président du Racing club toulonnais, était sur RTL jeudi soir pour commenter cette décision. "Je vais demander un aménagement de la peine (...) Ce qui me dérange c'est que je n'ai pas le droit d'aller dans les vestiaires ni dans la salle de presse, de parler à mes joueurs avant le match (...) Je ne suis pas sûr qu'en droit français ça tienne. Et d'ajouter : "C'est une punition d'école, c'est stupide".

Le président de Toulon, Mourad Boudjellal, a hérité jeudi d'une très lourde sanction, privé de terrain et de vestiaire pendant 130 jours par la Commission de discipline de la Ligue nationale de rugby, pour ses déclarations sur l'arbitrage, et le fossé se creuse entre les institutions et le bouillant dirigeant.

Mourad Boudjellal, qui a comparu mercredi à Paris, a été suspendu jusqu'au 3 juin inclus pour "atteinte à l'image du rugby, à l'éthique et à la déontologie sportive". Il a dix jours pour interjeter appel de cette décision devant la Commission fédérale. Invité de RTL jeudi soir, il a vivement réagi à cette sanction.

"En droit français, je ne pense pas qu'on puisse m'interdire de parler à mes salariés"


"J'ai demandé un aménagement de peine. Ce qui me dérange, c'est que je n'ai pas le droit de voir mes joueurs, ni de leur parler avant et après le match. Je trouve ça totalement abusif. En droit français, je ne pense pas qu'on puisse m'interdire de parler à mes salariés. Si demain, un règlement de la ligue dit qu'un buteur doit être abattu si il rate une pénalité, je ne suis pas sur que cela tienne devant le droit français..."

"Si il y a atteinte à l'image du rugby, c'est un blâme, une radiation, une sanction financière. C'est une punition d'école, c'est stupide. Si il me donnait 5 points avec sursis, je me taisais jusqu'à la fin de la saison"

"Je suis pas un animateur du rugby. Ce n'est pas mon bifteck qui en dépendait. Demain, je peux nommer un président de pacotille à la tête du RCT et ma sanction n'existe plus".

"On punit la réaction avant de punir l'action"

"Là où je m'interroge, c'est pourquoi on ne veut pas faire avancer les choses ? Est-ce qu'on a réglé ce problème d'arbitrage en me mettant en tribune ? Non. On a demandé à l'arbitre de s'excuser de faire une si grossière faute ? On punit la réaction avant d'avoir puni l'action."

"Je ne suis pas choqué par le mot sodomie. Je suis plus choqué par les images de guerre à la télé que les images de cul, voir un père qui porte le corps de son fils abattu. Je suis peut-être pas normal mais c'est comme ça. Il y a une boutique à Los Angeles qui dit 'don't panic, just sex'. La sodomie, c'est une métaphore. Il faut couper la télé ? Interdire Charlie Hebdo ? Groland ? Les Nuls ? On ne peut pas faire ça, ça s'appelle de la censure. On ne peut pas faire ça dans le rugby. On veut un état de règles ? On décide ce qui est pas de bon gout ? Ce n'est pas possible."

Ses propos sur le racisme dans le rugby : "La France de Dupont-Lajoie"

"J'aimerais bien que le rugby réagisse sur les propos qu'on a tenu sur moi. Certains pensent que l'on parle d'eux, qui pensent avoir un copyright sur le rugby. J'ai vécu 24 ans dans l'édition, j'ai eu des tas de commentaires mais dans le rugby, j'ai lu des choses que je n’avais plus lu depuis longtemps. J'ai été de 'sale arabe', de 'sale bougnoule'. J'ai vu un raciste oublié. On m'a dit d'aller bruler des voiture parce que c'était dans mes gênes. C'est la France de Dupont-Lajoie. On peut me dire que je suis imbu de ma personne, qu'on aime pas mon projet pour le rugby, ça me dérange pas, mais en aucun cas, on a le droit de dire que ma façon de faire est liée à mes gênes."

"Ce sport qui se défend d'être de valeurs mais il est comme tout le monde, il représente aussi une France 'beauf" qui existe dans ce sport alors qu'il se donne toujours un coté sacro-saint. Ce public raciste est entretenu par les règlements. Le rugby est le seul sport où on compte le nombre d'étrangers dans une équipe. On a pas mesuré le poids et le sens du mot quota et l'historique. C'est ce que je reproche."

"En toute idée nouvelle, ils voient une remise en question de leur condition"

"Le problème du rugby aujourd'hui, c'est qu'il y a des gens qui ont le pouvoir. Ce pouvoir qui représente leur condition. Perdre le pouvoir voudrait dire  abandonner sa condition. Cette légitimité leur ai donné avec le temps. C'est absolument impossible. Toute discussion est impossible. En toute idée nouvelle, ils voient une remise en question de leur condition. Ils ne voient pas une évolution. Leur problème, c'est d'avoir leur place dans le rugby de demain. Ils feront toujours en sorte que le rugby évolue pour qu'ils gardent leurs places."











Lire la suite
Mourad Boudjellal Rugby Top 14
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants