1 min de lecture Le fait politique

JO : le difficile équilibre de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, va s'envoler pour Pékin aujourd'hui. Il a fait savoir qu'il ne rencontrerait pas le Dalaï-lama de passage en France mais que sa femme assistera à une cérémonie avec le religieux tibétain. L'Élysée, visiblement, est à la recherche d'un équilibre. La chronique de Thomas Legrand.

Nicolas Sarkozy, va s'envoler pour Pékin aujourd'hui, il a fait savoir qu'il ne rencontrerait pas le Dalaï-lama de passage en France mais que sa femme assistera à une cérémonie avec le religieux tibétain. L'Élysée, visiblement, est à la recherche d'un équilibre.

Oui, En réalité Nicolas Sarkozy tente de se dépêtrer d'une situation inconfortable. Pour l'instant l'équilibriste a du mal à garder les deux pieds sur le fil; la principale cause de cette acrobatie scabreuse vient de la position de la France après les émeutes et les massacres au Tibet. Nicolas Sarkozy avait alors décidé de lier sa venue à la cérémonie d'ouverture des jeux à une reprise du dialogue entre Pékin et les Tibétains. Cette condition était volontairement assez floue pour que le Président français puisse choisir en définitive venir ou pas. On peut toujours trouver que le dialogue reprend si deux émissaires se rencontrent quelque part et justifier ainsi sa venue au jeux, on peut aussi trouver que le dialogue ne va pas assez loin et justifier le contraire; cette position rusée s'est avérée, en fait, illisible et ambiguë pour tout le monde. Nos principaux partenaires européens on décidé, eux, de n'envoyer que leur ministre des sports à Pékin mais n'ont pas lié l'absence de leur chef de gouvernement aux événements tibétains.

Donc aujourd'hui le Président tente de renouer avec Pékin tout en envoyant un signe aux défenseurs des droits l'homme avec la rencontre entre le Dalaï-lama et Carla Bruni-Sarkozy

Après les menaces humiliantes de l'ambassadeur de Chine en France, fort opportunément, le Dalaï-Lama a eu le bon goût de ne pas solliciter d'entretien avec le Président, ouf.  Mais là encore on a l'impression que la diplomatie française a un peu trop bien intégré le précepte du Cardinal de Retz selon lequel "on ne sort de l'ambiguïté qu'à son détriment" ; est-ce que le président veut dire "je ne vous reçois pas parce que je ne veux pas d'ennui avec la Chine mais je suis de tout cœur avec vous puisque je vous envoie quelqu'un de ma famille"? Ou est-ce un autre message, lequel ? On n'ose pas imaginer que la chanteuse première dame soit en mission diplomatique. Quel est le statut de Carla Sarkozy dans cette affaire? Pourquoi ce n'est pas le premier ministre, le ministre des affaires étrangères ou celui des cultes qui rencontre le leader bouddhiste? sans doute Jean-Pierre Raffarin nous précisera tout ça dans quelques minutes; il a eu la nuit pour y réfléchir.

Finalement qu'est-ce qui a motivé le Président de la République à accepter l'invitation à Pékin?

Là encore, le président était dans une situation compliquée. Nos voisins qui on décidé de ne pas y aller et ils peuvent dire à leurs opinions qu'ils sont fermes avec Pékin et en même temps ils sont bien contents de pouvoir dire aux Chinois qu'ils y sont par l'intermédiaire de Nicolas Sarkozy qui fait office de Président de l'Europe depuis un mois. La responsabilité du président était donc très importante et sa décision a été prise avec nos partenaires européens mais c'est lui et lui seul qui en subit les conséquences. Le fait que ce soit un voyage express, à peine 8 heures sur place, ajoute au coté mal assumé de ce déplacement.

Alors quand Robert Ménard s'insurge sur RTL et accuse le Président de s'aplatir devant Pékin il exagère?

Un peu mais il a sa logique. Robert Ménard, le président de Reporters sans frontières avait rencontré  Nicolas Sarkozy avant l'élection. À chaque fois le candidat lui avait promis que la politique étrangère de la France changerait. Robert Ménard l'a rappelé il y a quelques semaines sur RTL: il avait même voté pour Nicolas Sarkozy fort de ses promesses. D'ailleurs les discours du candidat proclamaient que la question des droits de l'homme serait au cœur de sa politique étrangère. Si la décision de faire le voyage ou pas avait été prise à l'aune des promesses du candidat, le Président ne serait pas à Pékin aujourd'hui.

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