1. Accueil
  2. Sport
  3. Football
  4. Stade de France : il n'y a pas que la pelouse qui pose problème
4 min de lecture

Stade de France : il n'y a pas que la pelouse qui pose problème

DÉCRYPTAGE - La pelouse du stade de France, qui s'est tout récemment trouvée au cœur des débats, est loin d'être le seul souci d'une enceinte dont l'aspect mythique n'est plus qu'un lointain souvenir.

Le Stade de France lors de la Coupe du monde 1998
Le Stade de France lors de la Coupe du monde 1998
Crédit : AFP/J.Guez
Julien Quelen
Julien Quelen

Le Stade de France, mythique depuis la victoire de l'équipe de France lors de la Coupe du monde 1998, est une enceinte sans cesse décriée depuis des années. Ambiance moribonde, gouffre financier, stade mal optimisé... L'écrin de Saint-Denis cristallise bon nombre de critiques depuis sa création. 

Vendredi 17 octobre, lors du match de Ligue 1 entre le RC Lens, expatrié en raison des travaux à Bollaert, et le PSG, "visiteurs" pour l'occasion, les plaques de pelouses arrachées sous les crampons des joueurs ne vous auront pas échappé. Même si le spectacle n'a pas été gâché en raison de l'état du gazon, les joueurs et le staff avaient pourtant été prévenus. Voici, entre autres, l'une des raisons pour lesquelles le Stade du sacre mondial des Bleus pose problème. 

Pourquoi n'y-a-t-il pas une pelouse correcte ?

Un spectateur lambda qui désire voir un spectacle sportif au Stade de France ne peut le faire qu'une quinzaine de fois par an, au maximum. Entre les matches de l'équipe de France de football, ceux des Bleus du rugby, les finales de Coupe de France de de Coupe de la Ligue puis quelques rencontres isolées, l'enceinte de Seine Saint-Denis est loin d'être la plus prisée. Alors comment se fait-il que la pelouse ne soit pas en bon état quand les matches qui s'y déroulent ne sont que ponctuels ? 

La région parisienne n'est pas propice à la tenue d'une pelouse sans accroc si les moyens nécessaires à son entretien ne sont pas mis en place. Parmi les stades de la région Île-de-France, seule celle du Parc des Princes, qui ne l'est que depuis l'arrivée des investisseurs qataris, est digne d'un spectacle footballistique de très haut niveau. 

À lire aussi

Seulement, les propriétaires du Stade de France n'ont absolument pas les moyens dont bénéficie le PSG pour embaucher Jonathan Calderwood, connu comme l'un des tous meilleurs jardiniers de Premier League, là où les pelouses sont toutes des billards. De plus, les autres événements qui y sont organisés, comme la venue de Beyoncé et Jay Z ou les concerts géants d'artistes mondiaux dégradent une pelouse qui n'est que trop rarement changée. 

La sous exploitation coûte excessivement cher

Si les moyens financiers sont insuffisants au point de ne pas pouvoir proposer une pelouse correcte, c'est que le Stade de France est un gouffre financier qu'a même arrêté de combler l'État. Sans club résident, l'indemnité versée au Consortium Stade de France s'élève à près de 15 millions d'euros par an, une charge que ne peuvent plus assumer les pouvoirs publics. De facto, l'État a suspendu le remboursement des coûts de construction jusqu'en 2017, accentuant encore un peu plus le déclin de la structure. 

Et puisque le Consortium Stade de France doit aller chercher les sous quelque part, les fédérations en payent le prix. Résultat, puisque la Fédération Française de Rugby perçoit des bénéfices inférieurs au coût de location du Stade pour les visites de l'équipe de France, la décision du déménagement est actée. Dès 2017, les Bleus disposeront de leur propre enceinte, répondant ainsi à la nécessité économique de devenir propriétaire de leur stade. 

Personne ne peut assumer le géant

Dans le paysage des stades tricolores, le Stade de France est un édifice unique. Avec plus de 80.000 places, il est de loin la plus grande enceinte sportive du pays. Construit pour la Coupe du monde 98, ce stade représente une offre démesurée par rapport à la demande locale, si bien qu'aucun club d'élite n'est capable de l'assumer. 

Même le PSG, qui aurait été le candidat tout désigné pour le poste s'il avait envisagé de quitter le Parc des Princes, ne peut se targuer avec certitude de le remplir à chaque réception. Dans la région, aucun autre club ne figure en Ligue 1, ni même en Ligue 2. Le Red Star et le Paris FC, tous les deux pensionnaires de National, ne sont assurément pas en mesure d'enfiler le costume et ne le seront certainement jamais. Alors, en attendant l'Euro 2016...

Un public en travaux

En attendant l'événement qui doit lui redonner l'énergie de son premier souffle, le Stade entreprend des travaux particuliers. S'il est bien fini depuis plus de 15 ans, son public lui est toujours en train de se construire une identité. Loin des ambiances chaudes que peuvent renfermer certains stades de Ligue 1 (le Vélodrome, Geoffroy Guichard, Bollaert...), le Stade de France souffre d'une réputation qu'il n'a pas usurpé. Les "supporters" y sont bien silencieux et la morosité de l'ambiance est exacerbée par l'immensité du lieu.

Les quelques années de crise traversée par l'équipe de France n'ont évidemment rien arrangé au silence des tribunes. Mais depuis le match de la qualification pour le Mondial 2014 face à l'Ukraine, quelque chose semble s'être mis en marche. La Fédération a lancé un "club des supporters" qui a offert un scène inédite lors du dernier France-Portugal avec deux virages communicants. Ce club, qui selon les estimations devrait rassembler 10.000 membres à un an du coup d'envoi de l'Euro 2016, est bien le seul motif d'espoir pour un stade habitué au cumul des déboires. 

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/