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François Blaquart suspendu : il réagit sur RTL

Mis en cause par les révélations de Mediapart, le DTN du football français, François Blaquart, suspendu samedi par le ministère des Sports après les révélations de Mediapart sur l'affaire des quotas ethniques dans le football français, réagit sur RTL. Si il s'avoue "meurtri" et "anéanti moralement", trouvant la décision "injuste", il attend "les résultats de l'enquête avec beaucoup d'impatience et de sérénité". Au micro RTL de Christian Ollivier, François Blaquart, 56 ans, ne nie pas avoir l'impression de servir de "fusible" et fustige ceux qui ont révélé le contenu des réunions à Mediapart. "C'est toute la DTN qui a été piégée" affirme celui qui, dans un dialogue publié par le site Medipart aurait déclaré: "On peut s'organiser, en non-dit, sur une espèce de quota. Mais il ne faut pas que ce soit dit".

François Blaquart, suspendu de ses fonctions de DTN, réagit sur RTL
François Blaquart, suspendu de ses fonctions de DTN, réagit sur RTL Crédit : AFP/B.Langlois
micro générique
La rédaction de RTL et Christian Ollivier

L'idée d'instaurer des quotas "abandonnée" selon Blaquart

L'idée d'instaurer un quota de joueurs binationaux dans les structures de formation fédérale a été "abandonnée", a dit à l'AFP François Blaquart, Directeur technique national (DTN) de la Fédération française de football (FFF) suspendu de ses fonctions samedi pour avoir prôné cette idée fin 2010 selon des propos révélés par Mediapart.

"Nous avons abandonné cette idée de pourcentage, mais nous avons demandé d'être vigilants sur la motivation des joueurs", a avancé M. Blaquart, dont des propos tenus lors d'une réunion à la FFF, publiés par le site Mediapart, ont entraîné sa suspension.

"On a 45% de joueurs dans les sélections qui ont la possibilité de nous quitter, on pense que c'est beaucoup, a-t-il expliqué. On veut essayer de le réduire. C'est un problème dans la gestion de l'effectif. Quand on voit sur une génération entre 10 et 30% de joueurs de 18 à 21 ans nous quitter, c'est un problème".

"On a envisagé de limiter cette situation pour ne pas nous mettre en danger, mais à partir du moment où ce n'est pas une bonne solution, on l'a éliminée, a-t-il ajouté. On va travailler sur l'accompagnement relationnel pour évaluer la motivation des joueurs à jouer pour l'équipe de France et les accompagner éventuellement pour faire leur choix".

"Tous les mots rapportés (par Mediapart) restent vrais, a-t-il précisé. Certains mots peuvent choquer, il y a eu des maladresses, mais c'était dans une discussion interne et passionnée. A partir de là, il n'y a rien de nocif".
  
François Blaquart, le directeur technique national de la Fédération française de football (FFF), a été suspendu samedi de ses fonctions, annonce le ministère des Sports.

Blaquart se trouve au coeur de l'affaire des quotas ethniques qu'aurait envisagés la FFF, selon des informations diffusées par le site Mediapart.

"Chantal Jouanno, ministre des Sports, et Fernand Duchaussoy, président de la Fédération française du football (FFF), ont décidé d'un commun accord que soient suspendues avec effet immédiat, les fonctions de directeur technique national de M. François Blaquart", annonce le ministère dans un communiqué.

Cette décision a été prise dans l'attente des conclusions de deux enquêtes en cours, attendues sous huit jours, précise le ministère. L'une, diligentée par la FFF, est dirigée par Patrick Braouezec, président de la Fondation du football; l'autre est menée par l'Inspection générale de la jeunesse et des sports (IGJS).

La FFF précise dans ce même communiqué "qu'aucune de ses instances dirigeantes élue n'a validé, ni même envisagé une politique de quotas au recrutement de ses centres de formation".

Duchaussoy : "Cela m'humilie personnellement"

C'est "le seul personnage qui dépend à la fois du ministère et de la Fédération", a déclaré à l'AFP le président de la Fédération française de football, Fernand Duchaussoy. "Il y a un seul personnage qui dépend à la fois du ministère (des Sports) et de la Fédération, c'est le DTN, a-t-il expliqué. C'est une initiative commune, j'ai eu Mme Jouanno (ministre des Sports) au téléphone ce (samedi) matin. Donc, dans un premier temps, nous avons pris cette décision. Après, la commission (chargée d'enquêter) rendra ses conclusions."

A propos de cette suspension, M. Duchaussoy a précisé que M. Blaquart était "toujours à la DTN, c'est sa fonction qui est mise en suspens en attendant les clarifications".

"On nous accuse, nous dirigeants du football français, d'être racistes, c'est extrêmement grave, a-t-il déclaré. Cela m'humilie personnellement. Si les propos rapportés ont été tenus, c'est grave à la fois pour ceux qui les ont tenus et pour nous. Si on a pris cette décision, c'est qu'on n'a pas bien pris ces propos, mais il faut voir aussi dans quel contexte ils auraient été tenus".

M. Duchaussoy n'a pas souhaité commenter les propos de Laurent Blanc lui-même, renvoyant aux conclusions de la commission d'enquête "sous huitaine".

Concernant les joueurs binationaux formés en France et qui choisissent finalement une sélection étrangère, le président de la FFF a dit: "Par certains côtés, cela glorifie le football français, c'est une façon de promouvoir la formation française dans d'autres pays. C'est une réflexion globale qu'il faut avoir".

Dans le verbatim d'une réunion tenue le 8 novembre 2010, le site Mediapart révèle que François Blaquart s'est dit favorable à "une espèce de quota" sur les joueurs binationaux entrant dans les structures fédérales de formation. "On peut baliser, en non-dit, sur une espèce de quota, aurait-il avancé. Mais il ne faut pas que ce soit dit".

Il avait démenti vendredi
Lors d'une conférence de presse vendredi, il avait démenti la mise en place de quotas discriminatoires à la Fédération française de football (FFF)
L Lors d'une conférence de presse vendredi, il avait démenti la mise en place de quotas discriminatoires à la Fédération française de football (FFF). "Bien sûr que je démens, avait-il déclaré. Venez voir toutes nos actions. C'est une évidence. Ni centre de formation, ni Pôle espoirs (n'ont reçu de telle consigne de quotas)".

"Notre seul problème, c'est celui des doubles nationalités (formés en France et qui jouent ensuite pour d'autres sélections à l'étranger), a-t-il ajouté. Ca intègre des joueurs de toutes les origines. Rien à voir avec la couleur de peau. Il y a aussi des gens originaires des pays de l'Est ou des Latins qui se trouvent dans les mêmes conditions".

"Quant à la couleur de peau, nous n'avons qu'à rappeler le lien extrêmement fort avec les départements d'Outre-mer", avait-il conclu.

François Blaquart, 56 ans, occupait le poste de DTN depuis octobre 2010, poste dont il avait, dans un premier temps, assuré l'intérim après le départ de Gérard Houllier, devenu manager du club anglais d'Aston Villa. Il avait été confirmé dans ses nouvelles fonctions en février.

Ancien joueur amateur, Blaquart a été entraîneur national à partir de 1999. Il a notamment été l'adjoint de Jacques Santini, sélectionneur des Bleus de 2002 à 2004, avant de prendre la tête de la sélection des moins de 16 ans.

Mombaerts est "surpris" pour Blaquart

Le sélectionneur de l'équipe de France espoirs, Erick Mombaerts, lui aussi mis en cause dans l'enquête de Mediapart, a dénoncé, sur le site internet de l'Equipe, l'amalgame fait par Mediapart : "Des amalgames ont été vite faits. Laurent Blanc le dit : le problème posé est celui des bi-nationaux. Que 26 joueurs sur 30 qui passent par l'INF rejoignent une sélection étrangère, ça ne vous choque pas ? Ce n'est pas normal qu'on se pose le problème ? On a mis en place des structures nationales qui servent aux autres. Quelle que soit leur origine, une majorité de Français, en sachant ça, doit se dire qu'on est fou. Moi en tout cas, je trouve ça normal qu'on ait posé le débat. C'est notre boulot, et c'est dommage de devoir se justifier, surtout que cette discussion en est restée au stade de la discussion. Il n'y a eu aucune conséquence."

Un Eric Mombaerts qui a aussi fait part, toujours sur l'équipe.fr, de sa "surprise" quant à la suspension de François Blaquart, le Directeur Technique National. "Je ne m'y attendais pas, on est le week-end. C'est une vraie atteinte à la liberté de parole, a estimé le sélectionneur de l'équipe de France Espoirs. Quand il y a débat, les gens peuvent s'exprimer sans que l'on soit forcément d'accord. Une fois de plus, et c'est ça qui est très désagréable, dès que vous abordez ce type de discussion, ça prête à interprétation."

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