1. Accueil
  2. Sport
  3. Football
  4. PSG : pourquoi Unai Emery a raison d'écarter Hatem Ben Arfa
5 min de lecture

PSG : pourquoi Unai Emery a raison d'écarter Hatem Ben Arfa

L'entraîneur basque du Paris Saint-Germain ne compte pas sur Hatem Ben Arfa en raison d'un manque d'implication à l'entraînement.

Unai Emery et Hatem Ben Arfa, au Parc des Princes lors de PSG-ASSE le 9 septembre 2016
Unai Emery et Hatem Ben Arfa, au Parc des Princes lors de PSG-ASSE le 9 septembre 2016
Crédit : FRANCK FIFE / AFP
Julien Absalon
Julien Absalon

Psychodrame autour du Paris Saint-Germain. Pour la quatrième fois en l'espace de dix jours, après les rencontres contre Arsenal, Caen et Dijon, Unai Emery a choisi de ne pas retenir Hatem Ben Arfa dans le groupe de joueurs convoqués pour affronter Toulouse le 23 septembre. Le verdict est tombé à la veille de la rencontre, en fin de journée, à l'issue d'un entraînement qui n'a visiblement toujours pas convaincu l'entraîneur basque.

Le club, qui a déjà dû affronter une petite tornade médiatique après un début de saison quelque peu poussif symbolisé par une série de trois matches sans victoire, doit désormais faire face à un ramdam autour de la recrue phare du mercato estival parisien. L'entourage du joueur semble d'ailleurs n'avoir pas tardé à exercer une certaine pression sur l'entraîneur basque et les dirigeants du club pour tenter de mettre fin à cette mise à l'écart. Son agent aurait d'ores et déjà fait savoir qu'un enlisement de la situation dans un futur proche pourrait irrémédiablement conduire à une demande de bon de sortie dès cet hiver. Selon les proches de l'international français, Unai Emery serait le principal responsable et n'adopterait pas les bonnes méthodes. Tout laisse pourtant penser que le coach parisien a raison de procéder à une telle décision.

La méthode Emery testée et approuvée

Si Unai Emery n'a toujours pas explicité les raisons qui le poussent à se passer du numéro 21, il semble qu'il ne goûte que très peu à l'investissement mis par ce dernier lors des séances d'entraînement. Après le carton du PSG face à Caen (0-6), vendredi 16 septembre lors de la troisième journée de Ligue 1, l'arrière belge Thomas Meunier avait déclaré aux médias que son coéquipier "est un joueur de match" mais que l'on "voit un peu moins à l’entraînement". Des propos qui viennent corroborer ce que l'ex-coach du FC Séville avait déclaré début septembre que Ben Arfa devait "travailler plus", surtout qu'il semblait être revenu de ses vacances hors état de forme. Pour ne rien arranger, Canal+ a diffusé une vidéo tournée lors d'un entraînement montrant le joueur de 29 ans réaliser une série de pompes en faisant le service minimum.

Seulement, ne pas livrer tous ses efforts à l'entraînement semble être le meilleur moyen pour un joueur de perdre la confiance d'Unai Emery. "Je crois que l’on joue exactement comme l’on s’entraîne. Si tu t’entraînes en étant dynamique et concentré, alors tu le seras aussi le dimanche. Et les joueurs, sans l’intervention de l’entraîneur, ne le sont pas toujours d’eux-mêmes", disait-il en avril dernier dans une interview accordée à Tuttosport et relayée par CulturePSG.

À écouter aussi

Et il semble que cette vision du coaching ait jusque là porté ses fruits. Dans son ancien club à Valence, Unai Emery avait d'abord mis sur la touche le milieu de terrain Ever Banega à son arrivée, avant d'en faire une pièce maîtresse de son jeu dans la même équipe puis en Andalousie, où les deux se sont retrouvés pour remporter ensemble deux Ligue Europa en 2015 et 2016. "Banega, il m’a donné beaucoup de boulot. Je lui ai fait comprendre qu’il fallait qu’il change son style de vie s’il voulait faire une grande carrière. En Argentine, c’était une star, mais quand il est arrivé en Espagne, je l’ai tout de suite redescendu sur terre. Il a fallu que je sois constamment à ses côtés pour qu’il gagne en tension. Aujourd’hui, c’est un joueur exigeant et responsable. C’est quelque chose que je n’aurais pas dit de lui à son arrivée", racontait l'entraîneur dans les colonnes de So Foot.

Professionnalisme obligatoire au plus haut niveau

Avec cette manière de faire, Unai Emery semble tout simplement suivre le management d'un grand club. Dans les équipes continentales dignes de ce nom, le concept de la concurrence commence d'abord lors des entraînements avant même les matches. À quelques rares exceptions, les meilleurs joueurs et cadres d'équipes fiables reposent sur des éléments au professionnalisme irréprochable à l'entraînement. Cela vaut à la fois pour Cristiano Ronaldo, dont le travail est reconnu de tous, mais aussi pour un Zlatan Ibrahimovic au caractère bien trempé et qui donne parfois l'impression d'un certain dilettantisme lors des matches. "C'est vrai qu'Ibra impressionne par son professionnalisme. Ça se remarque à son emprise sur les petits matches à l'entraînement, sa volonté absolue de gagner tout de suite. À la fin des séances, il lui arrivait de faire des séries de frappes au but, seul avec Nicolas Douchez", raconte l'ancien défenseur parisien Sylvain Armand dans le livre Ibra grandeur nature.

Si même un Ibrahimovic fait tout à l'entraînement pour assurer sa place de titulaire, difficile d'imaginer aujourd'hui un Ben Arfa avoir le droit de fouler le pré sans faire les efforts nécessaires. Car au-delà même de la gestion d'un cas personnel, c'est tout un rapport de confiance vis-à-vis de son groupe que Unai Emery doit assurer. Lui qui anime les conférences de presse avec deux bouteilles d'eau pour expliquer l'importance de la concurrence n'a ainsi pas d'autre choix que de sanctionner les joueurs qui ne mettent pas toutes leurs chances de leur côté pour s'imposer. "Pour moi, le plus important c'est l'équipe", estimait avant d'affronter Caen l'entraîneur soutenu par son président Nasser Al-Khelaïfi : "Il n'y a pas de problème. C'est le coach qui décide. Il pense pour l'équipe".

Ben Arfa n'a pas montré grand-chose

Auprès du reste de l'effectif, Unai Emery peut ainsi apparaître comme quelqu'un de juste, capable de faire jouer des jeunes talentueux et impliqués qui peuvent ensuite lui rendre la pareille à l'instar de Jean-Kévin Augustin, auteur du sixième but contre Caen. Les dés n'étant pas pipés dès le départ, la motivation du groupe est donc préservée. En instance de départ vers la Juventus en début de saison, Blaise Matuidi a passé quelques rencontres sur le banc le temps de mettre au clair son avenir et de retrouver un niveau physique digne de ce nom. Alors qu'il aurait pu légitimement douter, le milieu de terrain des Bleus a depuis retrouvé une place de titulaire dans une équipe au onze qui tourne régulièrement.

Quant à la vérité du terrain, malgré les difficultés de l'équipe à apprivoiser la nouvelle philosophie de jeu, elle montre que Hatem Ben Arfa est pour le moment loin d'être indispensable. Contre Saint-Étienne (1-1), il n'a rien montré de significatif pouvant jouer en sa faveur. Techniquement, son jeu montrait beaucoup de déchet dans les derniers mètres. Physiquement, il semblait loin d'être affûté. Tactiquement, Lucas semblait plus appliqué et plus collectif. Sur ce dernier point, Unai Emery a pourtant déjà prévenu lors d'un point presse : "Il doit plus combiner avec ses partenaires, car à Nice, il jouait beaucoup individuellement". Au final, rien ne semble perdu pour Hatem Ben Arfa. Mais attention à ne pas se montrer trop impatient.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/