5 min de lecture Paris Saint-Germain

PSG : Laurent Blanc, où est passé le stratège ?

DÉCRYPTAGE - Laurent Blanc peine à trouver la solution lorsque l'opposition pose problème au Paris Saint-Germain. Le jeune technicien n'aura pas le droit à l'erreur en Ligue des champions.

Laurent Blanc le 13 septembre 2014
Laurent Blanc le 13 septembre 2014 Crédit : AFP/J.S.Evrard
Julien Quelen
Julien Quelen
Journaliste RTL

Christian Gourcuff était samedi dans les tribunes du Stade de la Route de Lorient pour y voir "un bon match de foot". Après une première mi-temps insipide, le nouveau sélectionneur de l'Algérie s'est régalé de la deuxième où, malgré les limites d'un PSG qui peine à séduire en ce début de saison, les mouvements bretons auront certainement su le réveiller. 

Au-delà de la qualité du match, l'ancien technicien merlu a également pu se conforter dans l'idée qu'il se fait du travail de Laurent Blanc à Paris. Du moins, l'incapacité récurrente du Cévenol à ne pas trouver les solutions tactiques pour débloquer une situation incitent à penser qu'il n'avait pas totalement tort, au moment d'une brève polémique au mois de mars dernier. 

Un entraîneur qui ne maîtrise pas le terrain n'est, selon moi, pas un entraîneur

Christian Gourcuff au sujet de Laurent Blanc
Partager la citation

S'il avait martelé que le coach du PSG était quelqu'un qu'il "appréciait beaucoup", Christian Gourcuff s'était tout de même montré hostile avec celui pour qui le travail ne s'apparente "qu'à de la communication". Et de reprendre : "José Mourinho a de l'influence sur le plan tactique. Arsène Wenger aussi. Un entraîneur qui ne maîtrise pas le terrain n'est, selon moi, pas un entraîneur", avait ainsi déclaré le Breton dans les colonnes d'Ouest France

Des principes qui séduisent

Pourtant, depuis son arrivée au Paris Saint-Germain, Laurent Blanc a convaincu le Parc des Princes et ses supporters que Nasser Al-Khelaïfi n'avait pas fait un choix au rabais pour remplacer le regretté Carlo Ancelotti. Avec les principes de jeu qu'on lui connait - possession du ballon, mouvements autour du porteur et pressing haut - la qualité de jeu du club de la capitale est même apparue, pendant un temps, supérieure à celle que le technicien du Real Madrid avait su insufflé aux coéquipiers de Zlatan Ibrahimovic

À lire aussi
Jean-Michel Aulas le 30 août 2018 à Monaco sondage
Ligue 1 : Aulas a tort de contester l'arrêt de la saison selon 72% des Français

En championnat, où le PSG a globalement écrasé tous ses adversaires la saison passée, jamais les choix de Laurent Blanc n'ont souffert de contestation. Peu importe l'opposition, le milieu à trois Motta-Verratti-Matuidi donnait entière satisfaction et la supériorité technique du champion de France faisait le reste quand, par moments, certaines écuries françaises osaient faire acte de résistance. 

Mais aujourd'hui, les roustes infligées de temps à autres comme la semaine passée face à Saint-Étienne ne comblent plus entièrement un public - et une direction - de plus en plus exigeants. Peu importe que les joutes nationales se soldent par un score peu attrayant, pourvu que Paris se fasse un nom au-delà des frontières. Et puisque la Ligue des champions démarre mercredi prochain avec un match à Amsterdam, voici l'occasion de se rappeler que ce n'est pas encore tout à fait le cas. 

Des limites dans le coaching

Depuis son arrivée, Laurent Blanc s'est obstiné à jouer dans un système totalement efficace en Ligue 1, mais moins quand le niveau s'élève. L'an passé, trois exemples viennent en tête pour imager son incapacité à changer de cap en cours de match pour proposer un combat tactique différent à l'adversaire. Dans la double confrontation face à Monaco, qui n'était plus alors une "équipe de Ligue 1" au sens figuré, jamais Blanc n'a su trouver la clé pour déverrouiller les portes dressées par Claudio Ranieri.  

En Ligue des champions, le match retour face à Chelsea reste l'illustration la plus parlante. Dominateurs à l'aller, les joueurs du PSG se sont littéralement fait manger par un collectif discipliné qui pendant 90 minutes les a empêché de jouer de la seule manière qu'ils connaissaient. Privés de ballon et sans solution offensive, les Parisiens n'avaient pas su répondre aux "agressions" de Chelsea et du pressing exigé par Mourinho. 

Mené 1-0 et sous haute tension, Laurent Blanc avait alors décidé d'un changement tactique désespéré, avec l'entrée en jeu de Marquinhos en lieu et place de Lucas, qui semblait pourtant être l'un des seuls à apporter la vitesse dont Paris n'avait jamais fait preuve. Aveu de faiblesse ou mauvais choix assumé, c'est trois minutes après la rentrée du jeune défenseur brésilien que Demba Ba, à la réception d'un ballon dévié dans la surface, brisa la rêve parisien. 

Blanc doit retrouver audace et imagination

Il faut aller chercher loin, très loin même déjà, pour se remémorer un coaching gagnant de Laurent Blanc. Le 3 août 2013, alors que le Cévenol fête son premier match officiel sur le banc parisien, Bordeaux pensait tenir le premier exploit de sa saison en dérobant le Trophée des champions au nez et et à la barbe de son ancien entraîneur. 

Peut-être était-ce sans compter sur son audace ? Malgré l'armée de stars alignée sur le terrain au coup d'envoi, c'est bien grâce au triple changement du Cévenol (Verratti pour Motta, Coman pour Lavezzi et Ongenda pour Pastore) que le PSG a retrouvé de l'allant. C'est même le dernier cité, pour son premier match officiel avec les A, qui s'était chargé d'égaliser et le club de la capitale, grâce à son impact, ses débordements, sa vitesse et son insouciance, était aller décrocher le premier trophée de sa nouvelle ère

Depuis, l'aplomb dont avait fait preuve Laurent Blanc à l'été 2013 s'est terni, à l'image du match de samedi face à Rennes (1-1). Médiocre pendant 90 minutes - comme très souvent depuis le début de saison - Edinson Cavani jouit sans cesse du loisir de terminer les rencontres alors qu'un Bahebeck, excellent en préparation, n'a passé que 35 minutes sur le terrain depuis le coup d'envoi de la saison. Depuis bien des mois, aucune solution n'émane du banc en cours de match lorsque l'équipe en face pose des problèmes aux Parisiens. 

Qu'importe ces deux points laissés en Bretagne un après-midi de septembre quand le mercredi suivant, s'annonce le retour de la grande dame européenne. Car c'est bien là que Blanc devra faire preuve de plus d'imagination. L'an passé, son contrat a été prolongé d'un an, comme attendu, puisqu'il avait fait aussi bien que son prédécesseur. Cette fois, on imagine mal la même extension si d'aventure il ne faisait pas mieux. 

Concours pronostics
La rédaction vous recommande
Lire la suite
Paris Saint-Germain Laurent Blanc Ligue 1 Conforama
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants