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PSG : Di Maria, Stambouli ou le syndrome d'un recrutement de remplaçants

DÉCRYPTAGE - Pourtant libéré des contraintes du fair-play financier, le PSG ne semble pas parvenir à intéresser les très grands noms auxquels il veut prétendre.

Nasser Al-Khelaifi et Laurent Blanc en conférence de presse le 27 juillet 2013
Nasser Al-Khelaifi et Laurent Blanc en conférence de presse le 27 juillet 2013 Crédit : AFP/F.Fife
Julien Quelen
Julien Quelen
Journaliste RTL

Après l'arrivée de Kevin Trapp, le gardien allemand que peu de gens connaissaient avant qu'il soit relié au recrutement parisien, le PSG s'affaire sur deux dossiers qui ont un seul point commun : celui d'être symptomatiques d'une capacité de recrutement limitée. Angel Di Maria, qui devrait être la tête d'affiche de l'été pour le club de la capitale, n'est pas au sommet de son art tandis que Benjamin Stambouli, qui pourrait arriver en fin de semaine, a de nombreuses fois endossé la chasuble de remplaçant du remplaçant à Tottenham, cinquième de la dernière édition de la Premier League. 

Avec ces trois transferts, le triple champion de France en titre dépenserait la bagatelle d'environ 80 millions d'euros, soit une somme qui prouve bel et bien la disparition des entraves financières que lui imposaient les sanctions du fair-play financier. S'il doit présenter des comptes à l'équilibre à l'UEFA la saison prochaine, le club de Nasser Al-Khelaïfi semble avoir un autre problème pour attirer les joueurs de renom. 

Angel Di Maria, l'arbre qui cacherait la forêt

Même s'il peut désormais ressortir son carnet de chèques bien fourni, le PSG est confronté à une autre réalité. En effet, les dernières démarches entreprises pour recruter les très grands joueurs du moment ont toutes capoté, à l'image de Cristiano Ronaldo, Paul Pogba ou Eden Hazard, sur qui il est certain que le club de la capitale a ou a eu des vues. Quelles sont donc les raisons de ces "échecs" ? Les montants des transferts ou des émoluments réclamés par ces stars n'étant pas un problème structurel, c'est le plus souvent le niveau du challenge sportif qui semble être en cause. Les promesses de trois tops huit européens consécutifs en Ligue des champions ne suffisent pas encore à masquer le niveau global de la Ligue 1 et sa faible exposition médiatique à travers le monde. 

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Résultat, les grands noms du football ne considèrent pas encore Paris comme une destination prioritaire. Le recrutement à venir du club en est la meilleure preuve. Angel Di Maria, qui avait choisi Manchester United l'an passé, serait désormais disposé à rejoindre les rangs parisiens, qui lui proposent, outre un salaire mirobolant, une porte de sortie des plus honorables pour se relancer après une saison désastreuse dans le nord de l'Angleterre. Avec l'arrivée de l'Argentin, le PSG ferait inévitablement parler de lui mais signerait également la venue d'une star en méforme depuis le quart de finale de Coupe du monde disputé avec l'Argentine l'été dernier. 

Si le recrutement de Benjamin Stambouli n'aurait assurément pas les mêmes répercussions, la symbolique reste similaire. Pour une dizaine de millions d'euros, le club de la capitale ferait venir un remplaçant qui n'a goûté au haut niveau de manière régulière qu'à Montpellier, loin des standards et des rêves de grandeur entretenus par les Parisiens. 

Laurent Blanc est-il une garantie suffisante ?

Lorsqu'un joueur s'engage dans un nouveau club, le poncif bien connu sur le discours séduisant du technicien en place refait inévitablement surface. À Paris, il n'a pourtant pas souvent été prononcé dans la bouche des joueurs qui se contentaient d'énumérer les points positifs du challenge sportif sans un mot pour son vecteur assis sur le banc de touche. Tout comme le PSG, Laurent Blanc est un jeune entraîneur dont le palmarès s'étoffe et qui n'a donc pas la renommée de Pep Guardiola, José Mourinho ou Carlo Ancelotti, que les stars suivent aveuglément. Tout comme Paris, Laurent Blanc doit, pour convaincre, construire sa légitimité sur des fondations qui ne peuvent s'ancrer qu'avec le temps. Mais Paris n'a qu'une idée en tête : l'accélérer sans cesse. 

Aujourd'hui encore, alors que son départ a déjà fêté son deuxième anniversaire, Leonardo reste le seul point commun de la venue des grandes stars de l'effectif parisien et des pépites au potentiel mondialement reconnu. Zlatan Ibrahimovic, Thiago Silva, Edinson Cavani, Thiago Motta, Marco Verratti, Javier Pastore, Marquinhos, Lucas... Tous ont été pêchés par l'hameçon de l'Italo-Brésilien qui avait le réseau nécessaire à la séduction ou à la trouvaille. À l'heure actuelle, même si Laurent Blanc satisfait ses dirigeants au niveau sportif, son aura n'est pas encore assez développée pour attirer naturellement les regards. Olivier Létang, qui occupe désormais le rôle de directeur sportif, a un carnet d'adresses qui ne suffit pas et le seul passeport parisien ne donne guère le droit à toutes les entrées. 

Alors que le club s'apprête à accueillir Benjamin Stambouli en remplacement de Yohan Cabaye, la situation est une nouvelle illustration d'un mercato aux prétentions dégonflées. Aujourd'hui, toutes les recrues estampillés de la nouvelle cellule de recrutement - Yohan Cabaye et Lucas Digne en tête de gondole - ont connu le même destin, à savoir une place de choix sur le banc des remplaçants. Un qualificatif qui sied bien aux intentions estivales du PSG, qui dans cette configuration n'a pas d'autre choix que de continuer à gravir les échelons de la hiérarchie européenne pour inverser la tendance. 

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2015-07-16 09:00:00
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