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PSG : 6 questions après la claque infligée au Bayern

DÉCRYPTAGE - Au-delà du message envoyé au reste des candidats au titre, Paris a peut-être réglé plusieurs problèmes en corrigeant le champion d'Allemagne.

Les Parisiens célèbrent la victoire avec leur public, mercredi 27 septembre 2017
Crédit Image : FRANCK FIFE / AFP

"L'Europe est prévenue" en une de L'Équipe, "Paris taille patron" pour Le Parisien. Attendu au tournant après une semaine d'agitation en coulisses autour de la querelle entre Neymar et Edinson Cavani pour tirer un penalty face à Lyon, entouré de deux matches décevants dans le contenu contre Lyon et Montpellier, le PSG a répondu présent face au Bayern Munich (3-0).

Trois buts marqués face au quintuple champion d'Allemagne en titre, aucun encaissé contre un géant du continent depuis des lustres, qui n'avait jamais vécu un tel camouflet dans son histoire en phase de poules. Cette campagne 2017-2018 de Ligue des champions démarre sur les chapeaux de roues après le 5-0 inaugural infligé au Celtic Glasgow sur sa pelouse quinze jours plus tôt.

Leader de son groupe avec trois points d'avance sur les Allemands et les Écossais, Paris doit maintenant se rendre en Belgique affronter Anderlecht (18 octobre), bon dernier, avant de recevoir le Royal Sporting Club (31 octobre), le Celtic (22 novembre) et de se rendre en Bavière (5 décembre). D'ici là, l'équipe d'Unai Emery livrera plusieurs réponses aux questions qui s'offrent à elle.

1. Un pallier de plus a-t-il été franchi ?

De retour en Ligue des champions en septembre 2012 après sept ans d'absence, le PSG version Qatar s'est tout de suite invité au bal des quart de finalistes, et ce durant trois saisons de suite. Si le Barça lui a barré la route à deux reprises durant cet intervalle, Paris a aussi signé un succès de prestige en poule face au club catalan en 2014 (3-2).

En phase de groupe toujours, le club parisien n'a pas eu grand chose à envier au Real Madrid un an plus tard, sans le battre toutefois. Au regard de ces performances, la saison dernière avait marqué un net recul avec une 2e place derrière Arsenal à cause d'un vilain match nul concédé à domicile contre les Bulgares de Ludogorets mêlé à l'incapacité de faire plier les Gunners.

Dans la foulée, la démonstration du 8e de finale aller contre le Barça était balayée par la "remontada". Un mal pour un bien ? Quelque 400 millions d'euros dépensés plus tard, Paris s'est bâti une attaque de feu, capable de faire la différence sur chaque contre ou presque, avec en plus l'apport de l'expérimenté Dani Alves. Le Bayern broyé, reste à voir ce que cela donnera(it) face à la Juve d'Allegri, au Chelsea de Conte, au Real de Zidane.

2. La saison est-elle vraiment lancée ?

Huit victoires lors des huit premiers matches, dont une contre Monaco lors du Trophée des champions (2-1) et des cartons contre Toulouse (6-2), à Metz (1-5) et Glasgow, mais parfois un sentiment d'inachevé, d'automatismes à trouver, de Neymar dépendance. Et puis ce match nul (0-0) à Montpellier, certes sur une pelouse en état calamiteux, en conclusion du "penaltygate". 

Face au Bayern, Paris est probablement entré un peu plus dans le vif du sujet de son exercice. Oui, il est capable d'élever son niveau dans les grands rendez-vous européens. Oui, le trio Neymar-Cavani-Mbappé peut s'entendre à merveille (voir ci-dessous). Autre satisfaction pour Emery : en abandonnant le ballon à l'adversaire, il semble plus facile de le contrer. Un enseignement à méditer pour les futures oppositions face à des équipes regroupées.

3. Neymar-Cavani-Mbappé, une triplette inarrêtable ?

À chaque prise de balle de l'un de ses trois attaquants, le Parc des Princes a retenu son souffle. Avec un peu plus de justesse technique, de la part de Neymar et Cavani, le Bayern aurait pu repartir de Paris avec une défaite plus lourde encore dans les bagages. Au regard de leur prestation, chaque entraîneur, de Christian Gourcuff à Zinédine Zidane, doit un peu plus se demander comment il fera pour résister à la "MCN" s'il croise sa route.

Sur les côtés, Neymar et Mbappé créent d'incroyables différences balles au pied ou par leurs appels. Dans l'axe, Cavani reste toujours aussi impressionnant lorsqu'il joue en une touche de balle, comme sur ce deuxième but sur une offrande de Mbappé, également passeur pour le Brésilien pour le but du 3-0. Ces trois-là ne seront pas tout le temps alignés ensemble. Mais leur quatrième association laisse rêveurs les supporteurs.

4. La hache de guerre est-elle enterrée ?

De Neymar ou Cavani, qui a été désigné par Emery pour frapper le prochain penalty obtenu par le PSG ? La réponse n'est toujours pas connue. Mais sur le terrain, l'Uruguayen et le Brésilien ont fait le nécessaire pour dissiper le malaise. L'ambiance entre les deux hommes a semblé se réchauffer au fil des minutes, les accolades se multipliant sur la fin de match. Neymar a même laissé Cavani tirer un coup-franc (80e).

5. Mbappé nouveau chouchou du Parc ?

Du haut de ses 18 ans, Kylian Mbappé ressort comme le grand bonhomme de cette soirée au presque parfait. Titularisé pour la 8e fois sur la grande scène européenne, il n'a pas marqué mais offert deux buts à ses partenaires d'attaque, faisant étalage d'une palette toujours plus complète, entre accélérations, temporisations, remises ou roulette dévastatrice.

Mécontent d'être sorti en premier par Emery - "Je ne suis jamais content quand je sors", a-t-il expliqué à la fin du match -, le natif de Seine-Saint-Denis a dû savourer la standing ovation qui l'a accompagné. Près de 45.000 personnes debout dans "son" jardin, ce Parc des Princes qu'il rêvait de conquérir petit. Après seulement deux rencontres, c'est déjà fait.

6. Areola-Trapp, fin du débat ?

Depuis l'arrivée des Qataris, le poste de gardien n'a jamais vraiment été réglé. Kevin Trapp est venu concurrencer Salvatore Sirigu, avant d'être lui même poussé sur le banc par Alphonse Areola... puis de retrouver la place de numéro 1 la saison dernière. Cette soirée de septembre 2017 siffle peut-être la fin de l'alternance.

S'il n'a jamais clairement établi de hiérarchie, Emery ne s'appuie que sur l'international français de 24 ans depuis le début de la saison. Une erreur contre Metz ne l'a pas sorti de l'équipe. En confiance, il détourne ou arrête six tirs cadrés face au Bayern. 

Malgré son mètre 95, ses sorties aériennes laissent parfois à désirer. Mais sur sa ligne, il a été impeccable de bout en bout, écourant des Bavarois déjà muselé par la charnière Marquinhos-Thiago Silva. L'avenir semble lui appartenir.

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