2 min de lecture Marcelo Bielsa

Marcelo Bielsa, l'entraîneur au sang chaud

PORTRAIT - L'entraîneur du club de football de Lille a été suspendu mercredi 22 novembre.

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Marcelo Bielsa, l'entraîneur au sang chaud
Crédit Média : Isabelle Choquet Crédit Image : DENIS CHARLET / AFP

Il est surnommé "El Loco". Le fou. On n'est pas "Loco" sans motif. Et pour le coup le dossier est solide. Le péché originel, c'est avec son club les Newell's Old Boys de Rosario, sa ville. Il joue chez les NOB, puis il les entraîne. En 1992, après une défaite, des dizaines de supporters énervés débarquent devant la maison de Bielsa. Il les reçoit. Une grenade à la main, le doigt sur la goupille. "Si vous ne partez pas je vous fait exploser".

Ses colères sont légendaires, il a à moitié étranglé un chef de chantier parce que les travaux dans le stade de l'Atletic Bilbao n'avançaient pas assez vite. Bielsa a le sang chaud, c'est peut-être pour ça qu'il est toujours assis sur une glacière au bord du terrain. Bielsa, c'est aussi des chiffres qui donnent le tournis.

Lorsqu'il est sélectionneur de l'équipe d'Argentine pour la coupe du Monde de 2002, il se fait livrer un container de cassettes vidéo. Pour mieux étudier l'adversaire. Vous savez combien de cassettes il y avait dans le container ? 7.000. 7.000 cassettes de matchs à avaler et à analyser.

Un perfectionniste obsessionnel

À ses débuts, Bielsa entraînait une équipe universitaire de Buenos Aires, il impose des séances de 600 abdos par jour à ses joueurs qui sont donc des étudiants. Le perfectionniste obsessionnel a quitté le club. D'ailleurs, il démissionne beaucoup, Marcelo Bielsa. Il quitte un club espagnol au bout de 6 matchs en 1998. Il démissionne de l'OM en 95 après y avoir passé 15 mois. L'été suivant, il signe à la Lazio de Rome. Et démissionne deux jours plus tard.

Et pourtant, il aime bien être enfermé à huis-clos. Il a emmené ses joueurs des Newell's Old Boys se concentrer dans une base militaire. Un seul téléphone fixe en cas d'extrême urgence. Bielsa dit à sa femme enceinte d'appeler sa famille en cas de problème, mais pas lui. Et avertit ses joueurs : "Si vous avez besoin du téléphone pour une situation plus extrême que celle là, alors vous pourrez l'utiliser."

Bien plus tard, lorsqu'il démissionne de la sélection argentine, en 2004, il est épuisé. Et part dans un couvent. Seul. Sans téléphone, ni télévision. Juste des livres. "Ça a duré 3 mois, j'ai commencé à me parler tout seul", a-t-il expliqué ensuite. Je crois que je devenais vraiment fou". Loco, donc. 

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