1 min de lecture Carlo Ancelotti

L1 - PSG : la machine qui tournait à l'envers

"Nous sommes au tiers du championnat. 13 matches et 13 victoires pour le PSG emmené par ses recrues phares, Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva. Avec 39 points, le club de la capitale caracole en tête de la L1, avec 14 unités d'avance sur Lyon, qui certes, compte un match en moins." Voilà l'un des nombreux discours que beaucoup commençaient à préparer fin juillet-début août, pensant la machine déjà bien configurée. Sauf qu'après son humiliation face à Rennes réduit à neuf, le PSG pointe à la 3ème place. Inquiétant avant de retourner cette semaine en Ligue des Champions, compétition qui "l'obligera" très prochainement à se mesurer aux ténors européens.

Elle est où la domination écrasante du PSG ?

Voilà 18 mois qu'on nous promet un Paris à l'avenir radieux dans une Ligue 1 dévastée par l'ennui. Le championnat serait écrasé par le manque de suspense, mitraillé par le rythme diabolique du PSG version "Ibra", au budget avoisinant désormais les 300 millions d'euros. Et bien non. Nous sommes au tiers du championnat et la machine à gagner n'a que pris que 6 petites victoires en route. La machine tourne plutôt à l'envers quand ce n'est pas Zlatan Ibrahimovic lui-même qui la règle. 

Parce que Carlo Ancelotti n'a semble-t-il pas encore trouvé la notice qui devait faire de son équipe le champion de France en mai 2012, ou désormais en mars 2013. Si évidemment, le PSG peut encore largement être champion à la fin de l'année, Valenciennes ou Saint-Etienne peuvent également en rêver, puisque Montpellier a brillamment montré la voie la saison passée. Rémi Garde, l'entraîneur de Lyon, veut aller au-delà des rêves et espère revoir son équipe championne de France. L'afficher sobrement est peut-être le meilleur moyen d'y parvenir. 

La donne a changé

Si Lyon s'affiche, c'est évidemment qu'au sein même des clubs, l'armada de Leonardo n'impressionne pas. Dans les colonnes de L'Equipe du 19 novembre où on demande à Hubert Fournier, coach de Reims, de comparer Lyon et Paris qu'il a affronté tous deux à l'extérieur, il est clair : "C'est sans commune mesure. Lyon est une équipe beaucoup mieux organisée et disciplinée que le PSG, avec des armes offensives qui lui permettent de marquer à tout moment".

On pensait Michel Seydoux jaloux, voire mauvais joueur quand il déclarait qu'il ne voyait au PSG "qu'un bon coach avec des talents vieillissants, incapables de faire des efforts les uns pour les autres", ajoutant que lui était "impressionné par les équipes qui jouent ensemble". Hormis le fait que le principal concerné dans la rubrique "talents vieillissants" n'est autre que Zlatan et que personne ne touche à Zlatan désormais (comptons le nombre de points qu'il a apporté à lui seul), le président lillois avait vu tout juste.

Les immenses talents individuels peuvent certes frapper à n'importe quel moment, n'importe quel endroit, n'importe quelle position, il manque effectivement de l'huile pour faire tourner la machine sans grincer. Et ce n'est pas Lucas Moura (20 ans) qui l'apportera dans ses valises en janvier. Ce moteur a plutôt besoin d'une huile collective et solidaire qui a besoin de fermenter pour être réellement efficace. Et si ses individualités peuvent arracher des victoires, elles peuvent aussi compter sur leurs caractères. En témoigne la rentrée aux vestiaires complètement puérile de Jérémy Ménez, qui après avoir demandé le changement pour blessure, s'impose à tirer un coup-franc, le met au-dessus, et retourne au chaud à toute allure sans dire un mot à personne. C'est aussi sur cette guerre des égos que le PSG doit faire attention.

L'expérience de Motta a manqué

Nene, un moment mis sur la touche par le Paris SG, Lavezzi et Motta, longtemps blessés, peuvent logiquement espérer incarner le changement appelé de ses propres voeux par leur entraîneur Carlo Ancelotti après le revers contre Rennes. "Quelque chose va changer et l'attitude des joueurs va changer", a ainsi tonné, "énervé", le technicien italien après la défaite infamante à 11 contre 9 contre les Bretons (1-2). Mais "Carletto" n'a pas voulu détailler davantage sa reprise en mains.

Sans l'exonérer de ses propres responsabilités dans l'échec actuel de son équipe, les retours durables de ces trois joueurs pourraient cependant améliorer le rendement global du collectif, et même accroître la concurrence pour tirer le meilleur de leurs coéquipiers. Arrivé de l'Inter l'hiver dernier, Thiago Motta, touché malheureusement de façon récurrente au dos, n'a pu disputer que quatre petits matches depuis cet été. Par son calme, sa sûreté technique et son expérience, le milieu de 30 ans, le seul avec Silva à être considéré comme un égal par "Ibra", selon une source proche du club, est pourtant censé être le leader du milieu de terrain.

En son absence, Matuidi et Verratti ont bien tiré leur épingle du jeu, mais ils semblent exténués, et le retour d'un poids lourd ne peut que les soulager. D'autant qu'à l'heure où ressurgit le débat sur le niveau de jeu de l'équipe, Motta, au meilleur de sa forme, a la qualité intrinsèque pour l'améliorer et la légitimité pour recadrer des partenaires défaillants. Un mal actuel qui semble d'ailleurs ronger à petit feu certains partenaires dont les prestations ou l'attitude ne sont pas toujours bonnes.

Nenê pour sortir Ménez du confort, Lavezzi a fait du bien

Car la "guerre des ego", aux avants-postes, a commencé à fissurer le vestiaire et n'aide pas à fluidifier le jeu offensif du PSG, incapable de gagner en L1 en l'absence d'"Ibra" (qui a purgé ses deux matches de suspension). En densifiant ce secteur, Nene, buteur samedi pour la première fois cette saison en L1, et Lavezzi peuvent remettre tout ce petit monde sur de bons rails. En leur absence, Ancelotti s'est appuyé le plus souvent sur Pastore et Ménez.  Fragilisé par des soucis familiaux et la défiance grandissante d'un Ancelotti dont il ne comprend pas les consignes, l'Argentin n'est plus que l'ombre de lui-même.

Quand au Français, réputé autant pour sa facilité technique que par son indolence ou son comportement ombrageux, ce n'était peut-être pas la meilleure chose à faire que de l'installer dans une zone de confort propice au relâchement. La résurrection de son "meilleur ennemi", Nene, peut agir comme un bon coup de pied aux fesses. Arborant son masque après son enfoncement de la pommette il y a un mois, Nene a montré qu'il avait retrouvé le goût du combat et digéré de n'avoir été titularisé que cinq fois.

Avec son tempérament fort, le Brésilien, dont les jérémiades avaient fini par lasser Ancelotti et Leonardo, peut parfois être insupportable. Mais le chouchou du Parc, meilleur buteur de L1 l'an passé, est aussi un fantastique joueur de caractère, capable de faire la différence pour peu qu'il se plie un minimum aux règles communes.

Il en va de même avec Lavezzi, dont l'arrivée à Paris et son acclimatation ont été longtemps perturbées par un carton rouge suivi de deux matches de suspension ferme (et un avec sursis), des blessures musculaires à répétition et une réputation sulfureuse sur fond de sorties nocturnes et de faits divers remontant à son passé à Naples. Réapparu à son avantage depuis trois matches, l'Argentin tatoué n'a pas encore marqué, mais il a déjà montré qu'il était un guerrier aimant travailler pour son équipe. Dans les circonstances actuelles, c'est une qualité dont tous ses partenaires ne peuvent se prévaloir.

Ménez forfait à Kiev, retour de Motta
 
Jérémy Ménez sera d'ailleurs forfait pour la 5ème journée de la Ligue des champions à Kiev mercredi contre le Dynamo
,blessé à la cuisse gauche samedi contre Rennes (1-2). Le PSG pourra néanmoins compter sur le retour au milieu de Thiago Motta. Outre les retours d'Ibrahimovic, Sakho et Van der Wiel, suspendus contre Rennes, Carlo Ancelotti réintègre aussi le jeune international italien Marco Verratti, absent de dernière minute face à Rennes pour un souci musculaire. L'international français Christophe Jallet, en revanche, est toujours blessé. 

Vincent Desiderio

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