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Jean-Luc Mélenchon : le foot, "c'est l'opium du peuple"

Jean-Luc Mélenchon était l'invité de RTL lundi matin. Le président du parti de Gauche répondait aux questions de Jean-Michel Aphatie, notamment à propos de sa participation à la manifestation pro-palestinienne de samedi à Paris. Par ailleurs, le président du parti de Gauche a trouvé que l'hôtel des Bleus en Afrique du Sud revenait "un peu cher". "C'est l'opium du peuple, cette histoire", a-t-il estimé à quelques jours de l'ouverture de la Coupe du Monde de football. Ça m'a toujours choqué de voir des RMIstes applaudir des millionnaires".

Jean-Michel Aphatie

Bonjour Jean Luc Mélenchon

Bonjour Jean Michel Apathie

La crise provoquée par Israël lors de son intervention militaire lundi dernier demeure au cœur de l'actualité. Vous étiez présent samedi à une manifestation pro-palestinienne qui s'est tenue à Paris, pourquoi ?

Oui, et bien parce que je pense qu'il faut faire la démonstration que les Français de toutes origines et de toutes convictions se tiennent dans cette affaire, du côté du droit international. Et puis je dirais de la population de Gaza, c'est elle qui est en cause dans cette affaire, c'est elle que la flottille humanitaire voulait aller secourir, et il y a là une situation qui est très choquante. C'est donc normal qu'on le montre, et que l'on dise de quel côté on se tient. Ces malheureux sont un million 500.000 dans une prison à ciel ouvert, qui est condamnée je crois par l'univers entier, et il faut que le gouvernement d'Israël le comprenne, et lève siège.

Bernard Henri Levy publie une longue tribune ce matin dans Libération. Il qualifie l'opération militaire d'Israël de "stupide", mais il dénonce aussi, je le cite "le flot d'hypocrisie, la mauvaise foi, et de désinformation qui s'abat sur Israël chaque fois que ce pays commet une faute".

C'est, bon voilà, c'est son point de vue. Je pense qu'Israël est un état comme un autre, il mérite critique quand c'est le moment d'être critiqué, et là, il est critiquable. Parce que arraisonner des vaisseaux dans des eaux internationales n'importe quel autre pays le ferait, que ce serait un concert universel de protestations. Donc, c'est ce qui se passe. Mener une opération de guerre, parce que c'est ça une intervention nocturne, avec des soldats qui descendent sur des ponts, et qui tirent dans le tas, bon, les soldats sont très mal adaptés à faire du maintien de l'ordre. C'est un métier particulier. Je pense que là, Israël a mordu le trait. Quand je dis Israël, je ne voudrais pas que procéder moi même à une globalisation que le reste du temps, je condamne. La plupart du temps, je dis "le gouvernement d'Israël", parce que j'ai l'espoir que ceci vienne à changer et que demain une autre direction politique dans ce pays, permette que les choses aillent autrement que dans la brutalité dans laquelle elle s'installe.

Vous même, vous avez quitté samedi Jean Luc Melenchon, le défilé prématurément quand notamment, l'UOIF (l'Union des organisations islamistes de France) s'est joint au carré dans lequel vous vous situez. Est ce qu'il y a un risque d'antisémitisme de gauche ?

Non..D'abord on commence par l'incident en question. Nous avions un accord d'après lequel il y aurait un endroit de la manifestation dans lequel les partis de gauche seraient là, les partis. Bon, nous le parti de gauche, nous sommes un parti laïque, intransigeant. Nous pensons que les religieux n'ont rien à faire dans les manifestations politiques, mais on ne va interdire aux gens de manifester. Seulement, on demande à ne pas être mélangés. Nous ne voulons pas être mélangés à des religieux, mais ça vaut pour l'UOIF, comme ça vaudrait pour des catholiques, des protestants, ou qui l'on voudrait.

Et donc, vous avez quitté la manifestation.

Oui, parce que nous avions un accord sur ce point, il n'est pas tenu. Et il est absolument impossible de nous contraindre à faire des choses que nous n'avons pas envie de faire, nous ne voulons pas manifester mélangé à des religieux. Il me semble qu'une condition pour que le conflit puisse être réglé, c'est qu'on les déconfessionnalise lorsqu'il l'est. Donc, je ne vais pas moi même à Paris contribuer à faire le contraire de ce à quoi je crois.

Je repose la question : existe-t-il à gauche, à l'extrême gauche, un risque d'antisémitisme ?

Pourquoi l'extrême gauche ! L'antisémitisme est une maladie honteuse largement répandue dans toute la société. Par conséquent j'imagine qu'il doit y avoir aussi des antisémites qui par ailleurs sont de gauche. Personnellement je trouve c'est une contradiction totale de termes. Comment peut on être de gauche, universaliste, humaniste, et raciste en même temps. Donc, honnêtement, j'estime que l'antisémitisme équivaut à un brevet de sortie de la gauche.

Ce n'est pas cela que vous avez voulu fuir samedi ?

Non parce que je ne préjuge pas du tout du fait que, je ne crois pas, je ne veux pas croire qu'il y ait eu des antisémites. C'est pas le sujet. Mon sujet, c'est la distinction radicale entre la politique et le religieux. Je n'ai aucune polémique les musulmans, et je respecte la foi en général, qu'elle soit catholique, musulmane ou autre. Mais je ne veux pas que l'on manifeste des partis politiques mélangés à des organisations religieuses. Voilà, je suis contre ce mélange là. Si on essaye de me l'imposer de force, hélas je suis obligé de me retirer.

Si on parle de la politique intérieure, Jean Luc Mélenchon, politique intérieure dont vous êtes l'un des acteurs, on constate que la gauche est toujours très divisée, des polémiques entre les Verts ce week-end. Vous même, avec les communistes ça n'a pas l'air d'aller fort.

Oui, tout ça, il faut en garder l'objet. En général ce n'est pas pour le plaisir de se disputer. Quand on discute, c'est parce qu'il y a des sujets. Et puis ce n'est pas se disputer. C'est une vie politique, voilà on discute. Il y a des moments où on entend des éclats de voix, et puis d'autres moments où on se rassemble parce que c'est le moment de l'action...

Vous êtes loin du rassemblement quand même, là aujourd'hui, non ?

Oh ça va faire son chemin. Mais d'abord, il faut mettre de l'ordre dans tout ça. Nous sommes l'opposition. Donc par conséquent c'est toujours plus difficile pour l'opposition de se regrouper, elle a plusieurs chemins possibles. Vous avez bien vu, il y a eu une longue discussion : fallait il s'allier avec le Modem ou pas.. Discussion qui n'est pas terminée. Par exemple, chez les Verts c'est ça le fond de scène. Le reste ce sont des apparences, des conflits de personnes, ne prennent cette dimensions que parce qu'il y a un fond de scène. Et ce fond de scène, c'est que les uns sont partisans d'occuper sous couvert d'écologie l'espace du centre, et que les autres disent : l'écologie a partie liée à la gauche et ils veulent l'affirmer. Donc, naturellement moi je pousse ceux là, de ce côté là. Je leur dis c'est le moment de regarder plutôt vers nous, le Front de Gauche que de regarder vers le Modem.

C'est ce que vous direz à Cécile Duflot quand vous la verrez.

Oui.

Vous la voyez demain ?

Oui, on les voit demain. Ca va être la première fois qu'on se rencontre. Donc, ça va être un moment important pour nous, au cours duquel, nous on leur dira ça. On leur dira "écoutez, si vous pensez qu'il faut changer le centre de gravité de la gauche, alors regardez plutôt vers nous que vers le Modem ou vers le Parti Socialiste.

Sondage CSA pour la chaîne parlementaire, Dominique Strauss Khan est le grand favori des primaires pour l'ensemble des sondés comme pour les sympathisants de gauche. Plus d'un 1/3 des voix pour lui, entre 10 et 20% pour Martine Aubry et Ségolène Royal. Dominique Strauss Khan, c'est une bonne alternative à Nicolas Sarkozy à gauche.

Je vous soupçonne de connaître la réponse en me posant la question.

Non, je n'ai aucune idée de la réponse.

Ça m'étonnerait de vous. Je pense que ce ne serait pas un bon choix que feraient les socialistes s'ils venaient à désigner Dominique Strauss Kahn. Pour la raison qu'en 2012, nous serons au cœur, et certainement dans un moment particulièrement sombre de la vie politique internationale, car comme tout le sait, la crise n'en n'est qu'à ses débuts. Et que la gauche présente comme, le parti majoritaire de la gauche, présente comme candidat en espérant qu'on se rassemble autour de lui au deuxième tour, l'homme qui aura appliqué les recettes du F.M.I. et qui n'en n'appliquera pas d'autres à la France, c'est tout à fait impensable.

Dominique Strauss Kahn est de gauche ou pas ?  Je vous le demande à vous, selon vous.

Demandez le lui. Je pense que oui. Il est membre du parti socialiste, et voilà. Donc, moi je ne discute pas ça, je ne discute pas la qualité de ses intentions, ce n'est pas ça le sujet.

C'est pas la bonne gauche ?

Mais c'est sa politique qui ne va pas. Quand il impose, comme directeur du F.M.I., des remèdes auxquels il croit, je pense qu'on ne peut pas mettre en cause sa sincérité, moi je suis en désaccord total avec la saignée qu'il est en train d'opérer. J'ajoute que obliger, tous les pays, les uns derrière les autres, dans toute la zone euro - qui est la première zone productive, et d'échanges du monde - à des politiques d'austérité, il sera personnellement responsable, avec un ou deux personnages à l'échelle internationale de la contraction de l'économie qui va se produire et donc de la catastrophe.

589 euros la nuit pour l'hôtel des Bleus. Rama Yade trouve ça "indécent".. et vous ?

Bon, je pense que ça fait un peu cher quand même. Mais je vais dire franchement, c'est l'opium du peuple cette histoire. Moi, je ne suis pas très footeux, alors j'ai une chose à vous dire, ça m'a toujours choqué de voir des Rmistes applaudir des millionnaires.

Le mot de fin de Jean Luc Mélenchon sur RTL...

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