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Football Leaks : qui sont les joueurs visés par l'enquête française ?

ÉCLAIRAGE - Les révélations qui ont mis en lumière l'ampleur des pratiques d'évasion fiscale parmi les stars du football ont conduit la justice française à ouvrir une enquête, a annoncé le parquet national financier mardi 20 décembre.

Angel Di Maria et Javier Pastore sous les couleurs du PSG en août 2016
Angel Di Maria et Javier Pastore sous les couleurs du PSG en août 2016
Crédit : CHRISTOPHE SAIDI/SIPA
Gregory Fortune & AFP

Un travail d'analyse long et complexe attend les enquêteurs. Les révélations des "Football Leaks", qui ont mis en lumière l'ampleur des pratiques d'évasion fiscale parmi les stars du football, notamment en France, ont conduit la justice française à ouvrir une enquête préliminaire pour "blanchiment de fraudes fiscales aggravées". Le dossier est entre les mains du parquet national financier (PNF) depuis le 12 décembre.

Les systèmes d'évasion fiscale dévoilés dans cette vaste enquête européenne, à laquelle a participé le site d'information français Mediapart, portent sur des "faits susceptibles de concerner des résidents fiscaux français", a justifié le PNF, sans apporter plus de détails. Les enquêteurs vont "s'intéresser aux noms des diverses personnalités qui apparaissent dans les articles mais vont également travailler sur un champ plus large", précise une source judiciaire.

Les investigations, confiées à l'Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales, se dérouleront "en étroite collaboration avec l'administration fiscale" et le cas échéant avec d'autres pays dans le cadre de l'entraide pénale, a précisé cette source. Sans considération de sa nationalité, un résident fiscal français est redevable de l'impôt en France s'il y exerce son activité professionnelle, s'il y perçoit des revenus ou s'il passe au moins la moitié de l'année sur le territoire.

Attention tout de même à ne pas confondre l'optimisation fiscale, différente de l'évasion fiscale et de la fraude fiscale. Si la situation exacte de certains footballeurs cités par le consortium de journalistes demeurent floue, tous ne sont pas forcément légalement en tort. Contrairement aux deux autres pratiques, l'optimisation fiscale, si elle pose des questions morales, demeure quelque chose de légale pour gérer les affaires.

Le Panama pour Lucho Gonzalez, Jersey pour Paul Pogba ?

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Produite à partir des fuites obtenues par l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, la série d'enquêtes publiées sur trois semaines par un consortium de douze médias européens a dévoilé plusieurs noms. Parmi eux, la star portugaise Cristiano Ronaldo, mais aussi des vedettes évoluant ou ayant évolué en France. Le 12 décembre, Mediapart a ainsi affirmé que l'équipementier Adidas avait rémunéré pendant trois années consécutives l'Argentin Lucho Gonzalez (Olympique de Marseille) directement au Panama, un paradis fiscal, pour un total de 150.000 euros. 

Le 9 décembre, c'est l'international français Paul Pogba qui s'est retrouvé dans le viseur. Le site d'information assure qu'une partie de ses revenus sont déposés dans le paradis fiscal des îles anglo-normandes à l'instigation de son agent Mino Raiola. Concrètement, l'agent italo-néerlandais transfère depuis cet été les revenus issus des droits d'image de Paul Pogba à une "coquille offshore" immatriculée à Jersey, île à fiscalité avantageuse. Une société détenue par un prête-nom, le cabinet local Whitmill Nominees, une pratique courante.

Angel Di Maria, Javier Pastore, FC Nantes

La veille, il était révélé qu'une partie des revenus des Argentins du PSG Angel Di Maria et Javier Pastore, transitait par des paradis fiscaux grâce à un système mis en place par un groupe d'agents argentins. Les revenus des deux joueurs liés à leurs droits d'image sont ainsi versés à des sociétés écrans aux Pays-Bas qui les reversent ensuite à des sociétés basées dans des paradis fiscaux. "Grâce à ce système, les clubs et les sponsors n'ont pas à verser l'argent directement dans des paradis fiscaux. Ils peuvent plaider l'ignorance en payant aux Pays-Bas, où beaucoup de sponsors ont d'ailleurs eux-mêmes leur siège, comme Nike et Adidas", expliquait Mediapart. 


Le FC Nantes est lui aussi soupçonné. Le président Waldemar Kita, qui a racheté le club en 2007 à Serge Dassault, aurait domicilié la société détentrice des actions du club dans une "boîte aux lettres" en Belgique, à Saint-Gilles, a récemment rapporté le site internet du quotidien belge L'Echo. "À la même adresse, on trouve des dizaines d’autres sociétés qui n’ont rien à voir avec le football. Mais aussi le siège d’un conseiller fiscal belge, qui se vante sur son site internet de son 'respect le plus strict de la confidentialité'", est-il expliqué.

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