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Euro 2016 : "Si je joue cet Euro c'est pour le gagner", annonce Patrice Evra

INTERVIEW - Patrice Evra s'est livré à RTL à quelques semaines de l'ouverture de l'Euro 2016, pour lequel il a des ambitions avec l'équipe de France.

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Euro 2016 : "Si je joue cet Euro c'est pour le gagner", annonce Patrice Evra Crédit Image : AFP | Crédit Média : Jérôme Millagou | Durée : | Date : La page de l'émission
Jerome Millagou
Jérôme Millagou et Ryad Ouslimani

Patrice Evra n'est pas du genre à donner des interviews toutes les semaines, alors quand il accepte de se confier à RTL à quelques semaines de l'Euro 2016 en France, c'est pour raconter son histoire. Celle d'un joueur clivant qui porte encore aux yeux de certains la responsabilité du capitaine de l'équipe de France de Knysna. Pourtant aujourd'hui, "Tonton Pat" est le taulier du groupe de Didier Deschamps, celui vers lequel se tourne la nouvelle génération quand il faut les conseils d'un joueur qui a tout gagné en club et qui ambitionne de donner encore plus à la sélection. 

Capable de sortie sans filtre dans les médias afin de protéger les troupes, Patrice Evra est dans le football comme ce qu'il a dû être très tôt dans la vie, un chef de famille. Alors que la France se prépare à un Euro à domicile chargé d'attentes, Evra n'a qu'un seul objectif en vue, mener les Bleus jusqu'au 10 juillet pour une finale au Stade de France.

Le dernier d'une fratrie de 24

Patrice Evra a commencé à taper dans un ballon très tôt. Au point que son premier souvenir est des plus cocasses. "Je devais avoir 6 ans, je jouais avec un ballon à la maison et la maison n'était pas très grande j'ai frappé et j'ai cassé le carreau", a-t-il confié à RTL. Refusant de croire à cette version car jugeant l'acte impossible de la part "d'un petit bonhomme", son père décida de punir ses frères et sœurs. Dernier d'une famille de 24 enfants, Patrice Evra n'en est pas moins devenu un chef de famille.
 
Une situation pas forcément toujours évidente. "J'aurais aimé qu'on me laisse tranquille", avoue-t-il. "Mais bon après 
je suis content, j'aime tous mes frères et sœurs. Et maintenant, avec plus de maturité, je sais comment gérer les problèmes de chacun", explique-t-il. "Déjà tous mes frères et soeurs ont mon numéro de téléphone. À Manchester je me faisais chambrer on me disait 'c'est le numéro combien ? Le numéro 20 ? Le numéro 17 ?" Donc oui la facture de téléphone elle chauffe !", décrit-il en riant.

Je joue au foot parce que j'aime le foot

Patrice Evra
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Le football est vite devenu sa grande passion, un amour du jeu sans toutefois cultiver une adoration pour les stars du ballon rond. "J''ai adoré Romario mais c'était pas mon idole, j'ai jamais eu des posters tout ça", explique-t-il. "J'ai eu un seul maillot et je peux pas vous dire comment il a atterri à la maison, c'était celui de Romario justement, celui de Barcelone. Mais j'ai jamais été focalisé sur un joueur", insiste-t-il. "Je joue au foot parce que j'aime le foot, ce petit ballon là je peux pas vous dire pourquoi, je suis né comme ça. On m'a donné un ballon j'ai tapé dedans et c'est une évidence j'ai commencé à aimer le foot comme ça".

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Un amour qui l'a mené vers des clubs de légende, mais il en retient deux qui ont une place spéciale dans son parcours. "C'est difficile je vais dire entre Monaco et Manchester", explique-t-il au moment de choisir son club de coeur. "Comme je dis, à Monaco Deschamps m'a appris a gagner. À Manchester Ferguson m'a dit que gagner c'est quelque chose de normal. Voilà c'est comme ça que je vais définir ces deux clubs, ces étapes", détaille-t-il.

Sa première sélection, contre l'Ukraine en 2013

L'étape au-dessus, fatalement c'est l'équipe de France. Mais au moment de se remémorer les sensations lors de sa première sélection (août 2004 face à la Bosnie), Patrice Evra livre une réponse dont il a le secret. Cette sensation d'émerveillement, il l'a eu lors de son arrivée dans un anonyme club italien de division mineure.

"Quand je suis arrivé à Marsala je me souviens, je me suis mis devant la vitre avec le survêtement les chaussures. Tu vois j'étais là je me regardais devant la glace, c'était comme Noël, c'était l'un des plus beaux jours de ma vie", raconte-t-il. "J'avais un survêtement, je me souviens je descends à table et je vois 3 fourchettes d'un coté 3 couteaux et j'appelle maman : 'Oh là ici ils nous servent à manger maman c'est incroyable'", se rappelle Evra. "Avec l'équipe de France j'ai pas eu ça parce que en fait à Monaco, comme on avait joué le haut niveau et on avait joué en finale de la Ligue des champions, je suis arrivé comme si c'était normal". 

J'ai senti vraiment cet amour et cette responsabilité pour son pays

Patrice Evra
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Le joueur de la Juventus a donc attendu quasiment 10 ans avant de connaître la sensation du poids du maillot bleu. "En fait ma première sélection, je vais le dire sincèrement, je l'ai ressenti avant ce match contre l'Ukraine, le match retour", avoue Patrice Evra. Après avoir perdu 2-0 en Ukraine en match aller du barrage pour la qualification à la Coupe du monde 2014, les Bleus devaient renverser la vapeur sous peine de ne pas voir le Brésil. "Le match aller aussi je me disais 'oh mais les ukrainiens on va les manger ça va être facile', mais le match retour avant le match à l'entraînement il y avait beaucoup de tension, les coéquipiers qui venaient me parler dans la chambre : 'Pat demain il faut remobiliser tout le monde, et j'ai senti vraiment cet amour et cette responsabilité pour son pays", confie-t-il.

Un match en forme de déclic. "J'ai dit là on a vraiment vraiment pas le droit de se louper. Franchement quand j'étais dans ma chambre je pensais et je disais 'mais tous les milliers de français qui vont pas aller au Brésil à cause de nous'. Cette grosse responsabilité je l'ai senti sur ce match retour". Vainqueur 3-0, la France s'est qualifiée et ce match est devenu fondateur pour ce groupe. Un exploit qui marque le latéral gauche au point d'en faire son premier vrai souvenir avec les Bleus au Stade de France. "Avant le match tous les drapeaux français, les gens quand on arrive avec le bus. Là je vois tous les gens, il y avait une énergie en fait tellement positive que c'est pour ça que je dis que ça a été ça véritablement mes débuts en équipe de France. Parce que j'ai vraiment ressenti c'était quoi de jouer pour son pays"

Il croit au potentiel des Bleus pour l'Euro

Désormais pilier d'un groupe jeune mais très talentueux, Patrice Evra croit au potentiel de ses protégés, capables de redorer le blason de la sélection. "Il y a eu beaucoup de problèmes avec Knysna, avec l'Euro (2012)", rappelle-t-il. "On a réussi a redorer le blason un peu, on a les résultats on a fait quand même une belle Coupe du monde, les Français étaient fiers de reporter ce maillot. Donc non je pense que les français vont être derrière nous je suis vraiment confiant et je m'attends à des émotions comparables à l'Ukraine... Enfin au niveau de l'ambiance car j'ai pas envie encore de remonter un 2-0", assure-t-il en souriant.

Mon plus beau souvenir c'est Marsala, pas la Champions league

Patrice Evra
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Patrice Evra est en quête d'un grand moment avec les Bleus. Pourtant, ce n'est pas une grande victoire qui ressort au moment de livrer la plus grande émotion en carrière. "Je vais dire gagner la Champions league mais aussi mes débuts à Marsala. Quand j'avais 17 ans j'étais le seul joueur de couleur de tout le championnat", explique-t-il. "Il y avait des gens dans la rue qui me disaient 'on peut faire des photos ?' Parce qu'ils avaient jamais vu une personne de couleur", détaille-t-il. "Voilà c'était les débuts, je sortais du quartier, j'ai pas fait de centre de formation, j'arrive je vois tout le monde à l’hôtel avec le survêtement comme j'ai dit. Donc non je vais même mettre mon plus beau souvenir c'est Marsala, pas la Champions league".

Jamais très conventionnel et amateur du contre-pied, le pire moment de la carrière d'Evra n'est donc pas celui auquel on pourrait penser. "Les gens vont s'attendre à ce que je dise la Coupe du monde (2010)", prévient-il. "Les pires moments c'est quand j'ai perdu des finales de Champions league. Parce que aujourd’hui sans le FC Barcelone j'aurais 3 Champions league en plus, j'en aurais 4 au total. Donc non je pense que le pire moment ce sera à la fin de ma carrière. Il est pas encore arrivé le pire moment.

e suis pas un magicien, je suis pas un voyant mais je vais pas mettre de pression aussi à mes coéquipiers", dit-il. "Mais si je joue cet Euro avec cette équipe c'est pour le gagner. J'ai pas besoin de le cacher c'est la réalité. Après ce qu'on a fait au Brésil, on a un peu plus d'expérience, c'est à peu près le même groupe, il y aura peut-être des nouveaux joueurs qui vont donner cette qualité en plus. Mais voilà je crois vraiment à mes joueurs", annonce Patrice Evra.

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