4 min de lecture Cristiano Ronaldo

Cristiano Ronaldo, Ballon d'Or et enquête fiscale

REPLAY - Le fisc espagnol a ouvert une vaste enquête après le scandale Football Leaks dans lequel le Portugais est cité.

Revue de Presse - La Revue de Presse Amandine Bégot iTunes RSS
>
Cristiano Ronaldo, Ballon d'Or et enquête fiscale Crédit Image : GERARD JULIEN / AFP | Crédit Média : Adeline François | Durée : | Date : La page de l'émission
Adeline François
Adeline François
Journaliste RTL

Son trophée dans une main, les genoux légèrement pliés, il pose fièrement dans son costume sur mesure, les yeux écarquillés, la bouche grande ouverte comme s'il allait tirer la langue. Cristiano Ronaldo en une de France Football pose avec son Ballon d'Or. Une pose comme un pied de nez car la coïncidence est terrible.

Révélation du site Mediapart ce matin. Au moment même où Cristiano Ronaldo recevait son Ballon d'Or, hier soir à 20h, le service d’élite du fisc espagnol ouvrait une vaste enquête visant la superstar du Real Madrid et trente-six autres personnalités citées dans  le scandale Football Leaks. Le journal espagnol El Mundo, qui fait partie des médias qui ont révélé l'affaire avec Mediapart, a même reçu une injonction de l’administration fiscale espagnole qui lui réclame l’ensemble des documents en sa possession au sujet des trente-sept personnalités visées. "L'affaire a un peu gâché mon plaisir", dit Cristiano Ronaldo dans une interview à France Football publiée en partie par L'Équipe mardi. L'attaquant portugais ajoute qu'il n'a rien fait de mal. "Vous savez, il y a beaucoup d'innocents en prison. Mais la vérité finit toujours par éclater. Tôt ou tard".

L'affaire des kits de campagne du FN

Finira-t-elle par éclater s'agissant du FN ? C'est Le Parisien-Aujourd'hui en France qui pose la question ce matin, en consacrant sa une et une double page aux casseroles du FN. Les enquêtes judiciaires se multiplient contre le parti de Marine Le Pen, sommé de s'expliquer sur le financement de ses campagnes électorales et notamment sur un kit de campagne que les candidats aux législatives avaient été obligés d'acheter pour 16.000 euros, quelle que soit la taille de leur circonscription alors que sa valeur réelle était de 4.000 euros. Mais en fait, le plus intéressant dans cette enquête, c'est l'interview de Jean-Yves Camus, chercheur à l'Iris, qui analyse l'impact de ces affaires sur l'électorat frontiste. "C'est simple, il n'y en a pas, ces affaires n'impriment pas dans l'opinion publique, et encore moins dans l'électorat frontiste. D'abord parce qu'il n'y a pas eu de procès et donc la présomption d'innocence prévaut, mais aussi parce que les montages sont complexes, les enjeux de cette affaire sont difficiles à comprendre pour le profane. Et puis les électeurs frontistes restent sensibles à la rhétorique victimaire du parti qui n'a jamais eu le pouvoir et peut donc se dire encore victime du système." 

Cela dit, il paraît qu'en fait on est tous des tricheurs ! Et ça c'est à lire dans Les Échos ce matin. La circulation alternée mise en oeuvre à Paris la semaine dernière a mis en lumière l'ampleur des comportements de triche, et cela confirme en fait des travaux récents d'économistes qui montrent que la fraude, c'est tout simplement un comportement humain. Un célèbre économiste l'avait même théorisé il y a un demi-siècle en expliquant que les criminels faisaient un calcul rationnel entre le bénéfice escompté d'un délit ou d'un crime, la probabilité d'être pris et l'ampleur de la sanction. Ce même calcul que fait l'automobiliste avec sa plaque impaire, ou le cycliste qui grille un petit feu rouge au carrefour. Voire celui qui ne paie pas ses impôts.

Une institution gérée par des enfants

À lire aussi
Kylian Mbappé au Parc des Princes le 6 novembre 2019 sondage
Ballon d'Or 2019 : les Français votent Mbappé devant Griezmann, Messi et Ronaldo

Eux ne trichent pas. Les enfants font la loi ! Oui, au sens littéral du terme. C'est un petit événement qui va avoir lieu aujourd'hui, avec l'installation du Haut conseil de la famille, une instance de réflexion et d'orientation qui va rendre des avis et faire des recommandations sur des textes de loi. La petite révolution, c'est qu'au sein de cette instance vont siéger des enfants, 14 gamins âgés de 9 à 17 ans, et qui entrent ainsi pour la première fois au sommet des institutions de l'État, 14 gamins qui vont pouvoir donner leur avis sur des projets de loi qui les concernent. Article à lire dans La Croix, où l'on apprend que les 14 enfants ont été choisis par trois associations dont le Scoutisme français ! "François Hollande honore ainsi, écrit La Croix, une promesse de campagne qui visait à mettre la jeunesse au cœur du quinquennat." Une promesse qui est aussi en une du Figaro : "L'emploi des jeunes, le grand échec de Hollande". Où l'on apprend que sur les 500.000 contrats de génération promis en 2012, seuls 71.000 ont été signés. Ce serait de la triche de croire que la promesse est tenue juste parce qu'on donne la parole à 14 enfants.

On termine avec deux visites au musée. D'abord une visite au musée des Arts décoratifs à Paris, où se tient actuellement une rétrospective consacrée au Bauhaus, le courant architectural allemand. "Une magistrale exposition qui retrace l’aventure et l’héritage de l’école allemande", peut-on lire dans Le Monde. On y voit des œuvres de Paul Klee et de Vassily Kandinsky. Sauf qu'il y a un hic relevé notamment par le site de Marianne. Parmi les grandes réalisations artistiques mentionnées dans l'expo figure aussi un planisphère d'Auschwitz ! Pour seule légende explicative, le visiteur peut lire : "Auschwitz, 1940 : Fritz Ertl participe à la conception du camp de concentration". "Un sujet aussi polémique que la reconversion au nazisme de certains des plus illustres disciples du Bauhaus aurait peut-être mérité un espace dédié", estime Marianne. Un texte explicatif est en préparation pour remédier à cet "oubli" nauséabond.

Du nez pour détecter les maladies

Alors au musée des Arts déco, on préférera cette semaine une visite au grand musée du parfum qui va ouvrir cette semaine à Paris, visite guidée dans Les Échos. Sachez que vous serez accueillis dans ce musée par l'odeur du kyphi, le tout premier parfum de l'humanité. La Croix de son côté en profite pour s'intéresser à l'étonnant pouvoir du nez. Article passionnant qui nous rappelle notamment que pendant des siècles, les maladies étaient diagnostiquées à leurs odeurs, et on trichait en se mettant du parfum pour faire croire qu'on était en bonne santé. "Le médecin doit être l'homme aux narines bien mouchées", disait d'ailleurs Hippocrate. Des siècles plus tard, le laboratoire de l'Inra s'apprête à mettre au point un nez bioélectronique qui pourrait permettre de suivre des patients atteints de cancers ou de diabète en analysant l'odeur de leur haleine ou de leur transpiration. Une question nous taraude vu le débat du jour : quand le médecin dira "je vous sens pas très en forme", ce sera remboursé comment par la sécu ?

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Cristiano Ronaldo Fraude fiscale Ballon d'Or
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants