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Coupe du monde 2014 : l'Espagne peut déjà en profiter pour changer

DÉCRYPTAGE - Au lendemain de la lourde défaite de l'Espagne face aux Pays-Bas, le sélectionneur a le choix entre maintenir l'équipe ou opérer des changements nécessaires.

Vicente del Bosque, le sélectionneur de l'Espagne
Vicente del Bosque, le sélectionneur de l'Espagne Crédit : DIMITAR DILKOFF / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

Double championne d'Europe et championne du monde en titre, l'équipe d'Espagne a remporté les trois dernières phases finales auxquelles elle a participé. Une carte de visite exceptionnelle qui explique le séisme footballistique survenu après la correction infligée par les Pays-Bas (5-1) lors du premier match du groupe C. 

Dépassés, bousculés et dominés, les joueurs de la Roja ont sombré à l'image d'un Iker Casillas fautif sur plusieurs buts adverses. L'Espagne a donc montré les prémices d'une fin de cycle, et même si on se gardera bien de donner un avis définitif, on peut supposer que Vicente del Bosque a là l'occasion de tenter, en pleine compétition, un changement de génération. 

San Iker symbole de la chute d'un mythe

Iker Casillas, humilié par le slalom d'Arjen Robben, a été le symbole mondial d'une équipe de champions qui a perdu pied. Entre sorties ratées et fébrilité au pied, le gardien du Real et capitaine de la sélection a passé une sale soirée, mais ce n'était là qu'un résumé de 18 mois passés dans la peau d'un remplaçant en club. 

En effet, depuis janvier 2013, San Iker a été mis sur le banc de touche par José Mourinho, alors entraîneur du Real Madrid. Si cette décision avait en partie été expliquée par la tension existante entre le coach portugais et ses cadres de vestiaires, elle a néanmoins été maintenue par Carlo Ancelotti cette saison, le gardien ne disputant "que" la Coupe du Roi et la Ligue des champions. En championnat, Diego Lopez était titulaire. 

Del Bosquet n'a pas osé changer

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En sélection, Vicente del Bosque n'a pas souhaité se passer de son capitaine, garant de la paix du vestiaire et de l'équilibre fragile entre Madridistes du Real et Cules du Barça. Comme Roger Lemaire en 2002 et Jacques Santini en 2004 pour les Bleus, Del Bosquet n'a pas changé de génération, souhaitant maintenir jusqu'au bout l'une des meilleures équipes de l'histoire. Pourtant, la saison compliquée de certains cadres aurait dû l'y inciter. Au lendemain de la cinglante défaite de vendredi soir, le sélectionneur de la Roja va-t-il oser tout changer pendant cette Coupe du monde ? 

Car malgré tout, il y a dans les 23 assez de talents pour redonner du souffle à cette Espagne. Ainsi, dans les buts, David de Gea est à 24 ans le portier de Manchester United depuis 2 ans. Dans l'axe de la défense, si Sergio Ramos a fait une superbe saison avec les Merengues, Del Bosque n'a pas choisi de l'associer au Munichois Javi Martinez, alors que cette paire avait bien fonctionné en matches de préparation, et a préféré aligner Gerard Pique, auteur d'une saison sans relief.  

Il y a déjà les joueurs pour changer

Mais le point névralgique de cette équipe est le milieu de terrain, bâti autour de la vista de Xavi, le génie du Barça mais désormais hors rythme et en fin de carrière. Si Xabi Alonso et Busquets peuvent encore être performants, la baguette aurait pu être confiée à Iniesta, véritable chef d'orchestre et génie créatif, sous-utilisé sur le côté gauche. Cesc Fabregas, de son côté, est sacrifié au profit de la promesse faite à Diego Costa de l'emmener au Mondial. Faux numéro 9, meneur de jeu derrière l'attaquant ou dans le cœur du jeu, le futur joueur de Chelsea ne joue que les utilités au gré des besoins... comme dans le Barça 2014, en fin de cycle aussi. Vendredi, il était remplaçant.
 
Vendredi, la "Seleccion" a été dépassée dans la verticalité et la percussion, et comme pour le Barça et le Bayern cette saison, le jeu de passe et de possession a été supplanté par un football plus direct. Si l'Espagne veut rivaliser, elle en a les moyens. Juan Mata, David Silva ou encore Pedro peuvent être des ailiers à même de faire la différence pour servir l'attaquant. Mais dans ce cas comme dans bien d'autres dans l'histoire du football, la critique est bien plus aisée que l'art.  

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2014-06-14 18:17:59
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