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Arbitrage vidéo : les couacs et scandales à l'étranger que la France pourrait vivre

DÉCRYPTAGE - La Ligue de football professionnel a décidé d'introduire l'arbitrage vidéo en Ligue 1 dès la saison 2018-2019. Un système déjà utilisé en Italie et en Allemagne, créant des polémiques et des scandales.

Un caméraman au stade Félix Bollaert de Lens
Un caméraman au stade Félix Bollaert de Lens Crédit : DENIS CHARLET / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
Journaliste RTL

C'est une révolution pour les uns et la fin d'une certaine idée du football pour les autres. L'assistance vidéo à l'arbitrage débarquera en France lors de la saison 2018-2019 de la Ligue 1 Conforama, et c'est un bouleversement total du sport le plus populaire du monde. En bien ou en mal, le football de demain sera changé, ne serait-ce que dans son déroulement. 

Ainsi, en Allemagne et en Italie, la Video Assistant Referee (VAR) a été adoptée dès cette saison et elle n'y fait pas que des heureux. Polémiques, scandales et même soupçons de trucage sont venus entacher ce début d'aventure de la vidéo, là où la Goal Line Technology est plutôt une belle réussite

"De cette façon, la VAR ne me plaît pas. Je pense qu'il faut délivrer les arbitres de ce monstre, le foot n’est pas du water-polo". Cette sortie est signée Gianluigi Buffon, respectable légende de la Juventus. En cause ici, un temps très long afin de prendre une décision. Les temps additionnels s'allongent et, surtout, le rythme du match est haché. 

Les règles d'utilisation déjà outrepassées

En Italie, c'est l'arbitre central qui, s'il a un doute, va sur le côté consulter l'écran de contrôle avec tous les ralentis et angles de caméras à sa disposition. Un temps pris qui n'est pas consacré au jeu et qui consiste surtout en une déresponsabilisation de l'arbitre, qui a tendance à plus utiliser la vidéo pour se couvrir. Ce qui n'a pas empêché les "VARgogna" en une de la presse locale (jeu de mot avec "vergogna", qui veut dire la honte en italien)

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Le cas d'un penalty annulé à cause d'un hors-jeu intervenu juste avant a posé problème et, pour cause, l'arbitre n'avait pas le droit. Il avait pris le temps d'utiliser le replay pour vérifier s'il y avait bien faute dans la surface, il ne pouvait donc pas utiliser ce temps pour vérifier s'il y avait hors-jeu auparavant. Quelques semaines après sa mise en service, la structure de la VAR volait en éclat. 

La règle de restriction du champ d'analyse de la situation était faite pour éviter ce genre de problèmes. En Allemagne, ce n'est pas mieux. L'assistance vidéo est une décharge de responsabilité car l'arbitre est dans un bâtiment dédié à Cologne (pour tous les matchs). Et c'est lui qui alerte son homologue sur le terrain lorsqu'il y a litige. Et c'est lui aussi qui prend la décision finale. L'aide à l'arbitre est parfois une mise sous tutelle. 

Les arbitres décrédibilisés ?

"La VAR conduit à ce que des arbitres hautement qualifiés et mondialement reconnus ne prennent plus seuls leurs décisions", a même écrit la presse allemande. "Et pire encore, leur autorité est massivement minée par la VAR dans sa forme actuelle", analyse les médias locaux. Et là encore, il y a eu une polémique lors d'un match de Mönchengladbach.

L'arbitre de terrain a consulté l'assistant vidéo, avant de regarder lui-même un écran de contrôle afin de juger d'un penalty. Mais il a fini par siffler un hors-jeu intervenu quelques secondes auparavant. "Revenir à une action 15 secondes en arrière, c'est contestable. Ils avaient fixé une ligne claire, maintenant ils s'en éloignent. Je n'ai plus envie de parler de ça", avait alors pesté le coach du Borussia. 

La France échappera-t-elle aux dérives ?

Autre scandale, bien plus grave. Le patron du centre de Cologne chargé de contrôler la vidéo a été démis de ses fonctions. Hellmut Krug a été soupçonné d'être intervenu lors de deux décisions vidéo afin de favoriser Schalke 04, qui serait son équipe de cœur. Un trucage de match qui a obligé la fédération allemande à intervenir. 

En France, l'assistant vidéo sera dans un car dédié à côté du stade a priori. Et les cas d'intervention seront limités à 4 : un but marqué, un carton rouge, un hors-jeu et doute sur l'identité d'un joueur ayant reçu un carton. 

Comme partout ailleurs, et en dehors de la position d'être favorable ou non à la vidéo, le processus est en rodage et connaîtra des ratés. Il faudra donc accepter les erreurs et les couacs. À l'image de ce qui existe déjà avec l'arbitrage humain, en somme.

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