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JO Rio 2016 : dopage, la guerre froide est déclarée

Le 17 juin, la Fédération internationale pourrait décider d'exclure la délégation d'athlétisme russe, empêtrée dans les affaires de dopage, des futurs Jeux Olympiques.

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JO Rio 2016 : dopage, la guerre froide est déclarée Crédit Média : Rtl.fr | Date :
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Rémi Sulmont et Loïc Farge

Ce serait une première. Jamais, jusqu'à présent, un pays n’a été interdit de JO pour dopage. Bannir les sportifs de la Fédération d’athlétisme russe serait un coup de tonnerre historique. La décision sera prise à Vienne par la Fédération internationale d’athlétisme qui, cette fois, est sommée d’agir tellement le dossier est accablant. Le New York Times - vous noterez que les preuves sont fournies par les Américains - a publié un nouveau témoignage le mois dernier, pour remettre un coup de pression avant le vote.

L’ancien patron du laboratoire russe antidopage, exilé aux États-Unis (on se croirait dans un roman d’espionnage), expliquait que, la nuit à Sotchi, les services secrets de Moscou échangeaient les fioles d’urines des sportifs russes. La Fédération internationale d'athlétisme, elle-même accusée d’avoir caché des milliers de tests sanguins positifs et d'avoir fait chanter des athlètes dopés du monde entier, se trouve contrainte de prendre des sanctions exemplaires.

Repêcher les Russe "propres" ?

La centaine de sportifs de la Fédération d’athlétisme de Russie sera-t-elle exclue des JO de Rio ? Ça c’est la solution la plus radicale, pour laquelle votera à Vienne le président de la Fédération française d’athlétisme. "L’image de notre sport est salie, les sponsors s’en vont, il faut frapper très fort", dit Bernard Amsalem. Mais une autre option se dessine (dont on parle beaucoup, précise Jean-Michel Rascol, qui suit cela de très près au service des Sports de RTL) : sanctionner la Russie mais "repêcher" les athlètes au-dessus de tous soupçons de dopage. Lesquels exactement ? C’est compliqué.

Comme les athlètes réfugiés, les Russes "propres" participeraient sous la bannière du CIO. C’est l’hymne olympique et non russe qui serait joué s’ils montent sur le podium. Les médailles seraient pour eux et pas pour la Russie. Avec cette option, Moscou éviterait le camouflet total. Mais Washington remporterait une manche décisive contre la Russie de Poutine.

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Tout cela a des relents de guerre froide. À l'Est : le président Poutine qui avance ses divisions armées en Crimée, qui place ses pions dans les instances sportives internationales, qui décroche Sotchi, le Mondial de 2018 et qui exige des médailles de ses athlètes. À l'Ouest, les Américains qui n’ont pas compris assez vite que derrière les pectoraux exhibés au grand air de Poutine, il y avait une vraie stratégie.

"Diplomatie des muscles"

"Les États-Unis ont pris conscience trop tardivement de leur impuissance dans les instances sportives internationales", souligne Patrick Clastres, l’un des meilleurs historiens de l’olympisme, professeur à l’Université de Lausanne. "Les Américains veulent marquer des points absolument. Pour frapper l'opinion publique mondiale, rien de tel que le sport, son éthique, et de dénoncer la tricherie des Russes en quelque sorte. Car le dopage existe également aux États-Unis à grande échelle, il est le produit de laboratoires qui se sont spécialisés", explique-t-il.

"Ce que les États-Unis dénoncent ici, c'est un dopage qui aurait été orchestré par l'État qui s'infiltrerait dans le quotidien des individus, qui les fabriquerait quasiment dès la naissance. C'est cet État monstrueux que les États-Unis veulent combattre au nom des libertés individuelles", note Patrick Clastres.

La défense des libertés individuelles par l’Amérique contre l’État tout puissant russe qui orchestrerait le dopage : il y a effectivement une logique d’affrontement idéologique qui rappelle la guerre froide. Pour faire plus moderne, Patrick Clastres appelle cela la "diplomatie des muscles". Le bras de fer va durer des années.

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