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Coupe du monde de rugby 2015 : pourquoi le XV de France peut battre la Nouvelle-Zélande

DÉCRYPTAGE - Après sa défaite face à l'Irlande, le XV de France affronte la Nouvelle-Zélande en quart de finale de la Coupe du monde. Si les All Blacks demeurent la référence rugbystique mondiale, l'exploit est malgré tout permis.

Richie McCaw, Kieran Read et Dan Carter lors du haka le 2 octobre 2015
Richie McCaw, Kieran Read et Dan Carter lors du haka le 2 octobre 2015 Crédit : GABRIEL BOUYS / AFP
Claire Gaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

Après trois tours de chauffe face à l'Italie, la Roumanie et le Canada, le XV de France n'a pas réussi sa mission de finir la phase de poule invaincu et a été largement dominé face à l'Irlande. Ce duel au sommet de la première phase a largement viré à l'avantage du XV du Trèfle qui a infligé une lourde défaite aux Bleus, les obligeant de fait à affronter la Nouvelle-Zélande en quart de finale.

Mais à l'heure où l'équipe de France a affiché un pâle visage, cette confrontation s'annonce épique face à ce qui est encore aujourd'hui une référence sur la scène internationale. Avec son capitaine emblématique Richie McCaw, sa tour de contrôle Brodie Rettalick, son homme à tout faire Kieran Read ou son chef de file Dan Carter, les All Blacks affichent une équipe imbattable. Sur le papier du moins. Les statistiques parlent d'ailleurs en leur faveur alors que les joueurs du sélectionneur Steve Hansen n'ont connu qu'une seule défaite sur leurs quatorze dernières sorties (face à l'Australie, le 8 août 2015, ndlr). Une défaite qui laisse entrevoir un possible exploit pour les hommes de Philippe Saint-André. Surtout que les Blacks n'ont pas affiché leur suprématie habituelle dans cette phase de poule malgré quatre victoires face à l'Argentine (26-16), la Namibie (58-14), la Géorgie (43-10) et le Tonga (47-9).  

Des All Blacks très maladroits

Et si les scores fleuves pourraient laisser rêveur certaines nations, le contenu proposé depuis le début de ce mondial anglais est très largement perfectible. La statistique ? 80 ballons perdus soit une moyenne de 20 par match. Un total largement supérieur à toutes les autres équipes encore engagées alors que la France a elle perdu 63 ballons au cours de ces quatre premiers matches. Si la Nouvelle-Zélande pointe à la troisième place au niveau offensif avec 174 points inscrits - derrière l'Argentine et l'Afrique du Sud - les All Blacks font donc preuve d'une maladresse chronique. Des erreurs qui pourraient profiter directement aux Bleus qui sont qui plus est à l'aise dans la zone de ruck derrière Thierry Dusautoir, troisième meilleur gratteur avec 8 ballons récupérés. 

Une mêlée encore friable

Autre secteur en demi-teinte pour les Blacks ? La mêlée fermée. Cette Coupe du monde confirme une nouvelle fois que la mêlée n'est pas le domaine de compétence premier pour les Néo-Zélandais. Face aux Argentins, aux Géorgiens et aux Tongiens, les coéquipiers de Richie McCaw ont souvent été bousculés par leurs adversaires.

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De bon augure pour la France qui s'est pour le moment appuyé sur un huit d'avants relativement solide, bien que bousculé en deuxième période face à l'Irlande. Les Bleus - Eddy Ben Arous, Guilhem Guirado et Rabah Slimani en tête - devront donc appuyer là où ça fait mal pour mettre à mal l'hégémonie Black. Surtout que le pack néo-zélandais sera privé de son expérimenté pilier gauche, Tony Woodcock. Le deuxième pilier le plus capé de l'Histoire (118 sélections), blessé, a été contraint de mettre un terme à son Mondial et à sa carrière.

Dan Carter, des performances en demi-teinte

Avant même le coup d'envoi de ce quart de finale, certains duels s'annoncent déjà brulants. Il y a bien entendu l'opposition entre Richie McCaw et Thierry Dusautoir, entre Kieran Read et Louis Picamoles ou encore entre Aaron Smith et Morgan Parra. Mais surtout celle entre Dan Carter et Frédéric Michalak qui attire de nombreux regards. Un véritable duel dans la gestion de l'équipe et le jeu proposé mais aussi face aux perches alors que chaque point devrait valoir son pesant d'or. Et dans ce secteur, le XV de France peut compter sur un Frédéric Michalak en pleine forme depuis le début de la compétition : 81% de réussite au pied (13/16).

En prenant en compte les réalisations de Scott Spedding ou Morgan Parra, les Français affichent 85,7% de réussite au pied, derrière les Gallois (91,7%). Une performance que ne peuvent vanter les Néo-Zélandais qui stagnent à 73,3% de réussite face aux perches alors que Dan Carter n'affiche pas son meilleur niveau depuis le début de la compétition. Un pourcentage qui place les All Blacks à la sixième place des quarts de finaliste derrière les nations européennes et l'Argentine mais devant l'Afrique du Sud et l'Australie. Quelques échecs au pied, associés à une indiscipline courante des Blacks (trois cartons jaunes), pourraient permettre aux Bleus de prendre les points et donc de rêver pendant 80 minutes.

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