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Coupe du monde de rugby 2015 : pourquoi l'hémisphère nord est passé à côté de sa compétition

DÉCRYPTAGE - Pour la première fois de l'histoire de la Coupe du monde de rugby, aucune équipe européenne ne sera en demi-finales.

Le flop de l'année pour RTL : le XV de France a lourdement chuté contre la Nouvelle Zélande en quarts de finale de la Coupe du monde de rugby, le 17 octobre 2015
Le flop de l'année pour RTL : le XV de France a lourdement chuté contre la Nouvelle Zélande en quarts de finale de la Coupe du monde de rugby, le 17 octobre 2015
Julien Absalon
Julien Absalon

Les quarts de finale de la Coupe du monde de rugby ont été fatals aux dernières équipes européennes en lice. Symbole de ce constat, la France, finaliste de la dernière édition, a subi une humiliation en mondovision face à la Nouvelle-Zélande, samedi 18 octobre. Bien moins ridicules, le Pays de Gallesl'Écosse et l'Irlande ont été respectivement éjectés par l'Afrique du Sud, l'Argentine et l'Australie. Organisatrice de l'événement, l'Angleterre n'est quant à elle même pas sortie des poules. Par conséquent, il n'y aura donc aucune nation de l'hémisphère nord en demi-finales, samedi 24 et dimanche 25 octobre à Twickenham. Une première dans l'histoire de la compétition.

Pour qu'une telle situation se produise, il a fallu que le tableau y mette du sien. Car c'est seulement la deuxième fois en huit éditions que tous les quarts opposaient une équipe du Nord à une équipe du Sud. Le cas précédent était survenu en 1999. Une "année basse" pour le rugby européen justement, puisque seule la France avait atteint le dernier carré. Dans tous les autres Mondiaux (1987, 1991, 1995, 2003, 2007), l'Europe avait au moins deux représentants. Tout porte donc à croire que l'hémisphère nord, vainqueur une seule fois d'une Coupe du monde (l'Angleterre sacrée en 2003), soit plongé dans un certain déclin.

Un rugby du Sud plus technique

Malgré tout, plusieurs acteurs du rugby tendent à minimiser. "C'est une vraie frustration. Mais je crois que le fossé entre le Nord et le Sud n'est pas un gouffre", a estimé le sélectionneur irlandais Joe Schmidt après son élimination (43-20). "Qu'il y ait autant d'équipes de l'hémisphère Sud en demi-finales ne veut pas dire que celles du Nord ne sont pas bonnes", estime de son côté le manager argentin, Daniel Hourcade.

Il n'empêche que d'autres observateurs, comme l'ancien sélectionneur français Jean-Claude Skrela, sont nettement plus sévères et font le constat d'un rugby européen qui ne se donne pas les moyens de rendre ses sélections performantes. "Les Argentins, par exemple, ont une identité, une stratégie, des projets de jeu, des joueurs sous contrat. C'est pareil en Nouvelle-Zélande, en Australie, en Afrique du Sud. En Angleterre et en France, les joueurs sont d'abord attachés à leurs clubs", expliquait-il à l'AFP.

Moins forts, les championnats du Nord font appel aux joueurs étrangers

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Sauf que les championnats européens ne semblent pas au meilleur de leur forme. "En Top 14, on voit un jeu parfois très restrictif car il y a des qualifications, des maintiens à jouer", ajoute Jean-Claude Skrela. Steve Hansen, l'actuel coach des All Blacks, considère même que le jeu européen se tourne bien trop vers la puissance physique. "Peut-être que construire un jeu très combatif limite leur capacité à jouer au rugby au point où, quand ils veulent jouer au ballon, cela devient difficile", expliquait-il dans des propos relayés par EurosportUn avis partagé par Christophe Dominici, ancien international et consultant de RTL, qui trouve que "le recrutement de la jeune génération est basée sur le physique et le gabarit" et qu'il n'y a donc "plus aucune technique individuelle" dans les rangs français.

L'ancien ailier avait également pointé du doigt l'arrivée dans le rugby français de nombreux "joueurs étrangers qui n'ont pas le profil de nos équipes nationales". Un phénomène qui s'observe également en Angleterre. "Il y a tellement d'étrangers qui prennent la place des acteurs locaux. Il suffit de regarder le modèle du football (Premier League, ndlr), où l'Angleterre ne gagne rien depuis des années", analyse le sélectionneur de la Nouvelle-Zélande, dont l'équipe est constituée à 100% de joueurs nationaux. De l'aveu de Clive Woodward, coach de l'Angleterre championne du monde en 2003, il semble donc que "les quatre prochaines années seront centrées sur l'hémisphère sud".

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