4 min de lecture Coupe du monde de rugby

Coupe du monde de rugby 2015 : pourquoi l'Australie peut rêver du sacre mondial

DÉCRYPTAGE - En dominant l'Argentine en demi-finale, les Wallabies se sont offert une finale de rêve face aux All Blacks lors de ce Mondial 2015.

Adam Ashley-Cooper, auteur d'un triplé face à l'Argentine lors de la demi-finale de Coupe du monde
Adam Ashley-Cooper, auteur d'un triplé face à l'Argentine lors de la demi-finale de Coupe du monde Crédit : ADRIAN DENNIS / AFP
ClaireGaveau
Claire Gaveau
Journaliste RTL

Si cette Coupe du monde 2015 a réservé certaines surprises, la finale est presque une évidence avec deux poids lourds du rugby mondial. Si elle est inédite à ce stade la compétition, All Blacks et Wallabies font office de référence sur la scène internationale. La Nouvelle-Zélande, tenante du titre, et l'Australie, vainqueur du dernier Four Nations en août dernier, tenteront de devenir la première nation à soulever pour la troisième fois le trophée Web Ellis lors de cette 155e confrontation entre les deux équipes

Et si les coéquipiers de Dan Carter peuvent être des favoris naturels, les Australiens devraient avoir leur mot à dire dans cette finale alléchante, qui aura pour cadre le temple de Twickenham. Seule équipe à avoir dominé les All Blacks en quatre ans, le XV d'Australie apparaît comme un prétendant sérieux à la victoire finale, notamment après les succès remarqués face à l'Angleterre et le Pays de Galles dans la poule de la mort, ou encore face à l'Argentine en demi-finale. 

David Pocock, symbole d'une défense de fer

Si les Wallabies surprennent souvent par une attaque impressionnante, les coéquipiers de Matt Giteau se distinguent par une véritable défense de fer lors de ce mondial : 42 ballons grattés, 85% de placages réussis, 5 essais concédés pour seulement 85 points encaissés en six matches. Les hommes de Michael Cheika ont fait de leur défense un exemple à suivre dans cette compétition. Les joueurs ne se consomment pas dans les rucks, les avants sont impliqués autour des regroupements et les poids "légers" de l'effectif - à l'instar de Matt Giteau et Bernard Foley - sont protégés au maximum par leurs coéquipiers.

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Le 3e ligne David Pocock, pièce maîtresse du pack australien
Le 3e ligne David Pocock, pièce maîtresse du pack australien Crédit : BEN STANSALL / AFP

Mais cette défense très offensive (on parle de "rush defense" lorsqu'une équipe monte très rapidement pour couper les extérieurs, ndlr) est possible grâce à la présence de certains poids lourds dans l'effectif. En premier lieu ? David Pocock, véritable poison dans la zone de combat. Le troisième ligne centre australien est tout simplement le meilleur "gratteur" dans les regroupements au sol avec 14 ballons récupérés, loin devant le Fidjien Leone Nakarawa (9 ballons), le Français Thierry Dusautoir (9 ballons) ou encore le Néo-Zélandais Kieran Read (8 ballons). Un joueur devenu une pièce maîtresse de l'effectif australien, bien relayé par Scott Fardy en deuxième ligne (5 ballons). 

Une mêlée retrouvée

Outre cette défense extrêmement réfléchie, travaillée et huilée, l'Australie a mené un véritable travail de fond sur sa mêlée. Jugée friable avant la Coupe du monde, les huit avants se sont montré à leur avantage sur ce mondial, tenant tête à l'Angleterre et rivalisant avec l'Argentine malgré deux mêlées perdues sur leur introduction. Si tout n'est pas encore parfait, la progression australienne est indéniable dans ce secteur, véritable pierre angulaire du rugby moderne.

Cette renaissance est le résultat du travail d'un homme : Mario Ledesma
. L'ancien talonneur des Pumas, véritable expert en mêlée, a intégré les rangs australiens deux mois avant la Coupe du monde pour perfectionner ce secteur de jeu perçu comme le talon d'Achille des Wallabies. "Il fait toujours son boulot au maximum, il se donne à 120% en permanence pour qu’on soit performant sur les mauls ou en mêlée. Mario connait parfaitement le jeu d’avants, il en maîtrise la technique et la philosophie", avait déclaré Michael Cheika avant la demi-finale face à l'Argentine, un pays qu'il a représenté à 84 reprises et pour qui il a joué quatre coupes du monde. Et s'il a joué un mauvais coup à ces anciens coéquipiers en équipe nationale, "Super Mario" entend bien recommencer face à la Nouvelle-Zélande.

L'Argentin Mario Ledesma, entraîneur des avants de l'Australie en octobre 2015
L'Argentin Mario Ledesma, entraîneur des avants de l'Australie en octobre 2015 Crédit : GABRIEL BOUYS / AFP

Bernard Foley, l'arme fatale

Mais il en faudra plus aux coéquipiers du capitaine Stephen Moore pour soulever une troisième fois le trophée Web Ellis, après les victoires en 1991 et 1999. À commencer par un buteur de classe mondiale. Étincelant en phase de poule contre l'Angleterre et le Pays de Galles, Bernard Foley a baissé la garde contre l'Écosse malgré la pénalité de la gagne à l'ultime minute. De plus en plus régulier face aux perches, le demi d'ouverture australien est avant tout un véritable créateur au profil très offensif, qui aime porter la balle et franchir les lignes.

Un profil très complémentaire avec ses lignes arrières et notamment Matt Giteau, sur qui il peut régulièrement s'appuyer pour le jeu au pied d'occupation. Non sélectionnable il y a encore quelques mois, le centre du RC Toulon est redevenu un incontournable du XV de départ de Michael Cheika grâce à son expérience, sa rapidité, sa polyvalence et son efficacité. Au côté de Tevita Kuridrani, Matt Giteau enchaîne les performances remarquées en affichant une sérénité certaine et en délivrant certains caviars pour ses deux ailiers, Adam Ashley-Cooper et Drew Mitchell, qui ont inscrit 40% des essais des Wallabies depuis le début de la compétition. De quoi rêver un peu plus à un troisième sacre mondial face à la Nouvelle-Zélande. 

L'Australien Bernard Foley face au Pays de Galles
L'Australien Bernard Foley face au Pays de Galles Crédit : ADRIAN DENNIS / AFP
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2015-10-30 16:30:00
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