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Violences gynécologiques et obstétricales : un rapport tire la sonnette d'alarme

Le Haut Conseil à l'Égalité remet, ce vendredi 29 juin, à Marlène Schiappa un rapport pour faire le point sur le phénomène des violences gynécologiques et obstétricales, qui touche de nombreuses femmes en France.

Le Haut Conseil à l'Égalité remet un rapport sur les violences gynécologiques et obstétricales à Marlène Schiappa, le vendredi 29 juin 2018.
Le Haut Conseil à l'Égalité remet un rapport sur les violences gynécologiques et obstétricales à Marlène Schiappa, le vendredi 29 juin 2018. Crédit : iStock / Getty Images Plus
Emeline Ferry
Journaliste

La notion de "violences gynécologiques et obstétricales" est entrée dans le débat public il y a près d'un an, quand des femmes se sont mises à raconter ce qu'elles avaient vécu pendant leur accouchement ou leurs consultations chez leur gynécologue. Ces nombreux témoignages, parfois glaçants, ont poussé Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'égalité femmes-hommes, à demander un rapport au Haut Conseil à l'Égalité.

Ce vendredi 29 juin, l'instance consultative indépendante rend publique cette étude intitulée "Les actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical", et la remettra dans l'après-midi à Marlène Schiappa. L'ampleur de ces violences "atteste du fait qu'il ne s'agit pas de faits isolés et appelle une prise de conscience et une action publique ambitieuse pour les combattre", écrivent les rapporteures de l'enquête.

Dans ce rapport, le Haut Conseil à l'Égalité dresse un état des lieux du phénomène des violences pendant le suivi gynécologique ou pendant l'accouchement. Il définit plusieurs types d'actes sexistes qui prennent des formes diverses, des plus anodines en apparence aux plus graves

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De l'insulte jusqu'à l'acte non-consenti

Des propos porteurs de jugements sur la sexualité, la tenue, le poids, la volonté ou non d'avoir un enfant et les injures sexistes : voici ce qui constituent des violences psychologiques.

Les actes pratiqués sans le consentement de la patiente sont également considérés comme des violences. C'est le cas par exemple des épisiotomies ou des césariennes à vif, pratiquée sur des femmes alors qu'elles avaient exprimé leur refus.

Les rapporteures insistent également sur les actes (ou refus d'actes) qui ne sont pas justifiés médicalement. Elles ajoutent le harcèlement, les agressions sexuelles et les viols.

Pour expliquer cette problématique, émergente en France mais déjà réfléchie depuis 20 ans en Amérique latine, les membres du Haut Conseil à l'Égalité soulignent le fait que le suivi gynécologique tient une place importante dans la vie des femmes. On estime à 50 le nombre de consultations de ce type au cours de la vie d'une patiente (en l'absence de pathologie). 

26 recommandations pour mettre fin à ces violences

Le HCE a rédigé 26 recommandations à l'attention du gouvernement. L'objectif : éradiquer ces violences dirigées contre les femmes. Les auteures de l'étude déplorent en effet une formation des professions médicales trop centrée sur la technique, "au détriment de la relation humaine et du respect du consentement".

Elles demandent également aux soignantes et soignants d'être vigilants quant au caractère intime de ces consultations (nudité de la patiente, position jambes écartées...), les invitent à adopter une attitude bienveillant et respectueuse et propose enfin de réfléchir à de nouvelles pratiques (examen à l'anglaise par exemple, où la patiente est allongée sur la côté).

Reconnaissant le manque d'informations des patientes sur leurs droits, le Haut Conseil à l'Égalité recommande aux autorités publiques de lancer une grande enquête sur les pratiques et de rendre les résultats publics, maternité par maternité

Il préconise aussi de prévoir des mesures disciplinaires spécifiques pour ce type de violences et de mieux former les magistrats pour les traiter.

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