2 min de lecture Religions

Des religieuses dénoncent leur asservissement au Vatican

Des religieuses reléguées au rang de domestiques. Trois sœurs s'élèvent anonymement contre le travail ingrat que ces femmes effectuent, quasi gratuitement, au service des hommes d'Eglise.

Des religieuses devant Saint Pierre de Rome le 25 juillet 2017
Crédit Image : AFP

L'Eglise catholique est-elle sexiste ? Si elles ne répondent pas à cette épineuse question, des religieuses du Vatican ont décidé de s'exprimer, sous couvert d'anonymat, sur l'exploitation économique dont elles sont victimes. La nouvelle édition du magazine mensuel "Femmes Eglise Monde", distribué vendredi 2 mars avec le quotidien du Vatican, l'Osservatore Romano, publie en effet le témoignage des soeurs Marie, Paule et Cécile.

"Certaines soeurs, employées au service d'hommes d'Eglise, se lèvent à l'aube pour préparer le petit déjeuner et vont dormir une fois que le dîner a été servi, la maison mise en ordre, le linge lavé et repassé...", décrit sœur Marie, arrivée à Rome en provenance de l'Afrique noire depuis vingt ans.

Or, contrairement au "monde laïc", il n'y a ni rémunération ni horaire précis et les religieuses dénoncent ainsi un travail parfois gratuit ou pour un salaire très modeste. Soeur Marie déplore par ailleurs que les femmes soient en charge de la quasi totalité des tâches domestiques

"De véritables abus de pouvoir"

Des histoires personnelles complexes poussent souvent ces religieuses à se taire. Leur mère supérieure a par exemple pu payer les soins d'une mère malade ou les études d'un frère, poussant les religieuses à se sentir ensuite "redevables, ligotées". 

La tradition catholique ne les pousse pas non plus à s'exprimer sur ce sujet. "Nous sommes des héritières d'une longue histoire, celle de saint Vincent de Paul, et de toutes les personnes qui ont fondé des congrégations pour les pauvres dans un esprit de service et de don", analyse de son côté sœur Cécile, une enseignante sans contrat. 

La rémunération n'est donc pas "dans l'ordre naturel des choses" et cette conviction donne lieu "à de véritables abus de pouvoir", analyse sœur Cécile. Et une autre religieuse de prendre l'exemple d'une de ses consœurs, docteur en théologie, et envoyée sans explication "nettoyer des plats". Une situation qui suscite chez certaines "une rébellion intérieure très forte" et "beaucoup de blessures" révèle sœur Marie.

Un pape plus ouvert ?

Le pape François semble toutefois plus ouvert que certains de ses prédécesseurs sur la question des femmes dans l'Eglise. En mai 2016, il avait déclaré "quand on vous demande une chose qui révèle davantage de la servitude que du service, ayez le courage de dire non" tout en ajoutant qu'il ne fallait pas non plus "sombrer dans le féminisme".

Si le pape François a nommé davantage de femmes que ses prédécesseurs à des postes d'autorité du Vatican, il reste opposé à l'ordination des femmes malgré une sévère crise des vocations. 

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