2 min de lecture Société

Marlène Schiappa : faut-il censurer l'art au nom de l'égalité ?

La secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa était l'invitée de Léa Salamé dans l'émission "Stupéfiant !" sur France 2 lundi 22 janvier. L'occasion de parler art, censure et lutte pour l'égalité.

Marlène Schiappa, la secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes
Marlène Schiappa, la secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes Crédit : BERTRAND GUAY / AFP
Arièle Bonte
Arièle Bonte
Journaliste

Faut-il censurer Blow Up du réalisateur Michelangelo Antonini parce que c'est une œuvre sexiste ? Faut-il encore changer la fin de Carmen, opéra de Georges Bizet, parce que voir une femme tuée par son ancien amant sur scène rappelle trop les violences conjugales ? Faut-il enfin interdire aux enfants de lire La Belle au bois dormant parce que le prince offre un baiser (non consenti) à la princesse endormie ? 

Ce sont les questions posées par Léa Salamé à Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes, lors de son émission Stupéfiant ! consacrée à la censure et diffusée lundi 22 janvier sur France 2

Pour la secrétaire d'État, également "romancière et parolière", rappelle-t-elle, "on ne peut pas regarder les œuvres d'art du passé à l'aune de l'actualité et de ce qui est la norme sociale du XXIème siècle", explique Marlène Schiappa avant d'ajouter : "Je suis attachée à laisser les œuvres telles qu'elles sont. La morale n'a pas sa place dans l'art. On doit pouvoir tout mettre en scène comme dans Baise-moi de Virginie Despentes", qui fait le récit d'un viol. "Il faut pouvoir laisser les œuvres à disposition", martèle la secrétaire d'État en citant notamment Lolita ou Les Fleurs du mal.

On ne peut pas transformer en héros des gens accusés d'agressions sexuelles

Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes
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Concernant enfin la glorification des artistes accusés d'agressions sexuelles, telles que Roman Polanski ou Woody Allen, Marlène Schiappa juge "qu'on ne peut pas transformer en héros des gens accusés d'agressions sexuelles et de la même manière je pense qu'il ne faut pas transformer en coupable des gens qui auraient créé des œuvres d'art même si elles sont polémiques". 

L'invitée de Léa Salamé fait ici référence à Orelsan, auteur d'une chanson intitulé "Sale Pute". "Il faut garder la mesure des choses. Orelsan est un rappeur qui n'a jamais agressé personne, qui n'a jamais été condamné. Il ne faut pas faire comme si lui-même était un agresseur".

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La secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa était l'invitée de Léa Salamé dans l'émission "Stupéfiant !" sur France 2 lundi 22 janvier. L'occasion de parler art, censure et lutte pour l'égalité.
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2018-01-23 13:59:00
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