6 min de lecture Bien-être

Quand votre carnet se transforme en coach en développement personnel

TÉMOIGNAGES - Vous avez besoin de (mieux) vous organiser en ce début d'année ? Découvrez les témoignages de ces femmes qui organisent leur quotidien grâce à des carnets aux méthodes presque magiques.

Bullet journal, to do list, M3... Le bonheur au bout du papier
Crédit Image : Unsplash/Thought Catalog

L'autre jour, alors que je traversais en pleine période de Noël les rayons garnis d'ouvrages d'un grand magasin dédié à la culture, je suis tombée sur cette nouvelle étagère coincée entre les récits consacrés à Johnny Hallyday et ceux racontant l'histoire du cinéma français.

Dessus étaient disposés une dizaine d'exemplaires, tous frappés de ce même mot : "bullet". Carnet, agenda, guide, kit, journal, cahier... Peu importe la forme ou le nom, tous avaient cette même vocation : m'attirer tout droit vers le merveilleux monde du Bullet Journal (Bujo ou "journal à puces", en VF), cet outil inventé en 2013 par Ryder Carroll, un graphiste new-yorkais. Son objectif est simple : vous aider à organiser votre quotidien sans perdre de vue vos objectifs à long terme (1).

Sur cette étagère, je constate qu'on est bien loin de la simplicité du concept de départ : un carnet que vous achetez vierge et que vous organisez vous même à l'aide de "listes" et entrées journalières. Avec le succès qu'il connaît depuis plusieurs années, le Bullet Journal ne pouvait pas échapper au capitalisme et aux maisons d'édition flairant le bon filon.

Si je n'ai pas cédé aux sirènes du "Bujo" (pour les intimes), c'est parce que j'ai préféré investir dans un agenda plus classique. Comment vous décrire la joie de voir inscrit sur sa couverture, en lettres majuscules, un "deux mille dix-huit" gorgé de promesses ? Organisation, rendez-vous professionnels, retrouvailles entre amies... Grâce à lui, 2018 me paraît alors comme la plus belle et productive des années à venir.

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Ce retour au papier comme support d'organisation n'est pas un phénomène nouveau. Mais avec l'avènement des réseaux sociaux et des blogs, il s'est créé sur le web de véritables communautés autour de ces carnets et hashtags qui aident les internautes à s'organiser, se déconnecter et se transformer en des êtres humains... plus heureux.

Un outil de développement personnel

"J'ai commencé le bujo en septembre 2016. Je traversais une période de dépression qui s'est transformée en une période de prise de décision d'un point de vue réorientation", raconte à Girls Michèle, 21 ans, étudiante à Liège (Belgique) en écriture multimédia. "Ce que je cherchais avec ce concept, c'est qu'il me suive malgré mon côté très volatile", ajoute celle qui doit une partie de sa réussite dans sa quête d'orientation comme de sa gestion du stress et de la procrastination à son Bullet Journal... au style minimaliste.

Car vous êtes peut-être déjà tombée sur un contenu parlant du Bullet Journal sur YouTube et Instagram - où près d'1,4 millions de photos ont déjà été postées à l'heure où j'écris ces lignes. Si, comme moi, vous avez le talent en dessin d'un enfant de trois ans (niveau bonhomme en bâton, maison carrée et soleil en coin de page), vous allez vite vous découvrir un énorme complexe d'infériorité.

Les Bullet Journal sur Instagram comme ceux de vos Youtubeuses préférées sont beaucoup trop beaux/recherchés/originaux et colorés. De quoi en décourager plus d'une et de ne jamais s'y mettre... par peur de ne pas faire suffisamment bien pour mériter sa place dans cette communauté, très active sur les blogs, groupes Facebook et réseaux sociaux ?

"Avec le Bullet Journal, on écrit ce qu'on veut de la façon qu'on veut", rappelle Madeleine, 29 ans. Cette psychologue basée à Lyon ne fait pas partie de celles qui multiplient les dessins et rosaces dans son carnet. Elle a préféré opter pour un style minimaliste qui lui va bien. "Je ne fais pas de grands dessins dans ce cahier, mais au moins je m'organise à ma convenance", précise-t-elle.  

Cet "effet de mode" faisait peur à Anne-Laure, 31 ans. Cette cadre RH à Lille s'est lancée dans la rédaction d'un Bujo en juillet 2017. "Cette méthode m'a beaucoup aidée à me rendre compte de ce que je faisais en une journée, à avoir un regard plus positif sur mon quotidien", explique celle qui voit dans le Bullet Journal un outil de développement personnel.

"Ton futur dépend de ce que tu entreprends aujourdhui !"
Crédit Image : Unsplash/Estée Janssens

"Je fais tous les jours une ligne de gratitude, par exemple. Je note les progrès de mon bébé. J'ai écrit une phrase qui m'incite à la bienveillance envers moi-même. Tous ces exemples m'aident au quotidien à être plus présente pour les miens, puisque les tâches sont consignées visiblement quelque part."

Muriel (ce prénom a été modifié), 39 ans, exerce une profession libérale et précise être mère de "trois enfants". La dimension développement personnel n'est également pas absente de son usage du Bullet Journal, comme beaucoup d'adeptes du Bujo : "Lister tout ce qu'il y avait à faire m'a permis de définir des priorités, de savoir que rien ne serait oublié et de m'attaquer successivement à chaque tâche. J'ai mis trois mois pour être à jour de tout, mais j'ai réussi", explique-t-elle. 

S'unir pour mieux se motiver

Créer soi-même son propre carnet, celui qui correspond parfaitement à ses besoins est la principale caractéristique du Bullet Journal. Alors que des maisons d'éditions proposent maintenant des versions "prêtes à l'emploi", d'autres carnets et méthodes voient le jour à l'instar du M3 Journal publié l'année dernière par Damien Cozette, entrepreneur français passionné de développement personnel. 

Sa création ? Un carnet "clé en main" et un livre qui résume et explique en une centaine de pages plusieurs théories sur la productivité et la réussite. Son objectif : vous guider, pas à pas et ce durant au moins trois mois, vers la réalisation de vos objectifs (lancer un blog, créer votre boîte, courir un marathon...).

Si le M3 Journal peut se pratiquer seule, au même titre que le Bullet Journal, "l'intérêt c'est de le faire à plusieurs et de se retrouver entre personnes qui poursuivent les mêmes types d'objectifs", explique à Girls Damien Cozette. La communauté est un point essentiel de sa méthode, assure l'entrepreneur : "Les gens ont intérêt à s'unir pour se motiver".

Samira, agent immobilier de 30 ans, vient tout juste de se lancer dans l'aventure M3 Journal. Le point positif de cette méthode selon elle, c'est justement "l’entraide" entre adeptes via le groupe Facebook dédié à la communauté ou les groupes qui s’unissent dans la vraie vie "afin d’améliorer son train de vie et atteindre plus facilement son objectif."

Si le journal n'offre pas autant d'espace de créativité que le Bullet Journal, il ne cesse d'évoluer au fil des retours de ses utilisateurs et utilisatrices. Sa troisième édition devrait sortir courant 2018. 

Écrire est un soutien important pour moi.

Oraline, 30 ans
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Oraline, 30 ans, a choisi le M3 Journal pour son "côté stratégique". Cette réalisatrice et scénariste basée à Saint-Étienne est également depuis 4 ans une adepte de l’exercice d'écriture dit des "pages du matin", issu du livre Libérez votre créativité de Julia Cameron.

"Tous les matins j'écris trois pages dans un carnet", explique-t-elle. Trois pages qu'elle remplit de ses pensées au fur et à mesure qu'elles viennent "sans [se] censurer", précise Oraline.

"Ça permet de se vider l'esprit, d'exprimer nos sentiments sans risques, de faire émerger des envies, d'analyser ce qui revient souvent dans nos écrits", détaille encore la réalisatrice et scénariste. Et d'affirmer : "Écrire est un soutien important pour moi. Ça me permet de m'exprimer, de clarifier ma pensée, de créer."

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Le contact avec le papier comme déconnexion du numérique

Dans un univers de plus en plus numérique, toutes les femmes adeptes de ces techniques d'organisation confient aimer ce retour à l'écriture, au contact du papier. Car malgré les communautés qui grandissent de jour en jour sur le web, le Bullet Journal, le M3 Journal ou le simple agenda permettent à leurs propriétaire de manier stylos, crayons à papier ou de couleurs en toute déconnexion décomplexée. 

"J’adore le papier. J’aime le toucher du papier. Bien que je sois une inconditionnelle du numérique, mes manuscrits sont sur du papier avant la mise en forme pour publication définitive", raconte Marie-Evenette, 53 ans. Cette habitante de Rumilly en Haute-Savoie ajoute alors que "cette exaltation, cette impatience quand on sait qu’on va entamer un nouveau carnet, c’est juste indescriptible."

Michèle assure de son côté que, depuis qu'elle utilise son Bullet Journal au quotidien, elle est mieux organisée mais aussi, et peut-être surtout, vit "dans le moment présent". Ses journées deviennent "de grands moments d'aventures" au même titre que Madeline : "Je me sens plus productive et plus consciente de ma journée", confie-t-elle.

Y-a-t-il en effet quelque chose de plus jouissif que de rayer une tâche enfin accomplie de sa to do list...  qu'elle soit consignée dans un Bullet Journal, un M3 Journal, un agenda, un post-it ou dans le coin d'une enveloppe en papier. 

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Carnet Bullet Journal Leuchtturm 1917 (20,95 euros)
Crédit Image : Leuchtturm 1917
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