1 min de lecture Harcèlement

Pourquoi la campagne contre le harcèlement dans les transports ne convainc pas

Plusieurs activistes pour les droits des femmes se sont exprimées sur les réseaux sociaux au sujet de la campagne contre le harcèlement dans les transports en commun lancé par Valérie Pécresse, lundi 5 mars.

"Ne minimisons jamais le harcèlement sexuel" est le message de la région île-de-France à découvrir dans tous les transports en commun
Crédit Image : Région Île-de-France

Des animaux qui agressent des femmes dans les transports en commun, c'est l'identité visuelle qu'a choisie la région Île-de-France pour lutter contre le harcèlement et les agressions sexuelles dans les transports en commun.

Lancée par Valérie Pécresse sur les réseaux de la RATP et de la SNCF lundi 5 mars, cette campagne n'a pas convaincu de nombreuses militantes pour les droits des femmes.

"Mon ressenti : dommage de montrer des 'animaux sauvages', où la notion de 'bestialité des agressions sexuelles' sous-entend que les agresseurs ne peuvent pas se contrôler. J’estime qu’il faut soit montrer les agresseurs = hommes, soit être plus subtil et suggérer autrement", a par exemple écrit Fatima El Ouasdi, présidente de l'association Politiqu'elles sur son compte Twitter. Un avis qui résonne avec de nombreux autres glanés ici et là sur les comptes des activistes féministes présentes sur la Toile. 

"Ne minimisons jamais le harcèlement sexuel" est le message de la région île-de-France à découvrir dans tous les transports en commun
Crédit Image : Région Île-de-France

Une affiche de films d'horreur

"Le problème de la métaphore animalière pour représenter le harcèlement  c'est qu'aucun homme ne va se reconnaître", explique de son côté Sophie Gourion avant d'ajouter qu'elle trouve que "les animaux mis en scène (loup, ours, requin) sont trop nobles par rapport à ce qu'ils sont censé symboliser", à savoir des actes punis par la loi. 

Une autre personne, passée par une formation de cinéma, y voit "une affiche de film d'horreur" : "Cette pub contre le harcèlement perpétue l'idée du harceleur monstre, donc qui n'est pas comme nous. Alors que c'est faux, le harceleur est lamda", écrit-elle avant d'ajouter que dans les films d'horreur justement, on reprend les peurs "souvent dues à des faits sociaux" en utilisant "des allégories".

Si l'ensemble de ces activistes saluent la démarche d'une campagne, il reste selon elles du travail à faire pour mieux représenter les violences faites aux femmes. 

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