2 min de lecture Droits des femmes

#PayeTaPlainte, des femmes témoignent du mauvais accueil des forces de l'ordre

Le Groupe F et le Tumblr Paye Ta Plainte ont récolté les témoignages de 500 femmes ayant déposé plainte pour violences sexuelles au cours des cinq dernières années. Le résultat indique que la France a encore du travail à accomplir dans l'accueil de ces victimes.

Toujours plus de plaintes sont déposées pour violences sexuelles
Toujours plus de plaintes sont déposées pour violences sexuelles Crédit : iStock / Getty Images Plus
Arièle Bonte
Arièle Bonte
Journaliste

Comment les femmes victimes de violences sexuelles sont-elles accueillies par les forces de l'ordre françaises ? C'est la question à laquelle le Tumblr Paye Ta Police et Le Groupe F, le mouvement féministe lancé par Caroline de Haas à la fin du mois de mars, ont tenté de répondre avec un appel à témoignages diffusé sur les réseaux sociaux. Après dix jours de diffusions, 500 femmes ont raconté leur expérience d'accueil en gendarmerie ou au commissariat. 

"Dans 91% des cas, les témoignages reçus racontent une mauvaise prise en charge. Parfois catastrophique", note la synthèse de cet appel à témoignages, publiée dans son intégralité sur le site du Groupe F

Parmi la "mauvaise prise en charge", le Groupe F détaille certains comportements tels que le "refus ou découragement de plainte" (ce qui est interdit par la loi), la "remise en question de l'importance des faits" ou encore une "culpabilisation de la victime" pour une majorité des cas. 

Une minorité de femmes a dû faire face à des cas de "solidarité avec l'agresseur", des "moqueries ou du sexisme" et même, des "propos discriminants". 

Minimiser les faits

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"Je me rends [au commissariat], raconte mon histoire au gendarme et il me dit : Vous êtes sûre de vouloir porter plainte ? Vous n'avez pas peur des représailles ?", confie une femme pour des faits remontant à 2017.

Une autre rapporte les propos d'un policier, alors qu'elle souhaite déposer une main courante pour tentative d'agression sexuelle en 2016 : "Enfin bon, c'est pas grave, c'est pas non plus un viol. Le prenez pas mal mademoiselle." 

Parmi les données recueillies par Le Groupe F, cette "minimisation des faits est particulièrement marquée pour les violences conjugales", peut-on lire dans le résumé de l'enquête. 

"Les menaces intimidations voire agressions en direction de femmes ayant déposé plainte pour viol sont intolérables", a réagi sur Twitter, dans la soirée du 3 avril, Marlène Schiappa, secrétaire d'État en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes. 

"J’invite tout témoin à en référer à la police afin que la justice ne souffre aucune entrave dans sa procédure en cours", a-t-elle ajouté dans ce message qui n'annonce aucune mesure de prise en charge du problème.

Faire changer les mentalités

Dans son rapport d'enquête, Le Groupe F rappelle qu'une "femme n’est jamais responsable des violences qu’elle subit". Selon le mouvement féministe également, les pouvoirs publics refusent de reconnaître les mauvais traitements subis par les femmes victimes de violences auprès de forces de l'ordre françaises.

Le mouvement féministe mené par Caroline de Haas a alors décidé de réagir : "Nous allons faire changer les mentalités (...). Nous irons dans chaque commissariat, chaque gendarmerie et proposerons des outils pour aider à changer les pratiques". 

Après les révélations du scandale Weinstein, la police nationale a confirmé une augmentation des dépôts de plainte à hauteur de 23%

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